Diverses solutions ont été proposées pour lubrifier les palettes, notamment en rubis, des échappements de mouvement de montre.
La solution consistant à graisser simplement les mécanismes existant n'est pas satisfaisante, pour diverses raisons indiquées dans la publication de la demande de brevet No CH 685 463 HORMEC. Notamment, la graisse sèche de toute façon au bout d'un certain temps et s'accumule à des endroits où elle devient inutile. Cela a été parfaitement représenté, par exemple, à la fig. 1 du brevet suisse No 321 946 HELD. De plus, l'huile ou la graisse simplement étalée sur la palette présente une surface de contact importante avec l'air, et tend à sécher et à se corrompre rapidement.
Divers dispositifs ont été proposés pour assurer une circulation du lubrifiant, de façon à le ramener régulièrement en contact avec le plan de repos, le plan d'impulsion et la dent de la roue d'ancre.
Le brevet CH No 116 857 AHRENS propose de ménager un canal capillaire perçant de part en part la palette d'ancre, dans le plan de la roue d'ancre. Le canal capillaire débouche ainsi sur le plan de repos et sur le plan de fuite de la palette. Le canal capillaire sert de réservoir au lubrifiant. Il semble, quoique cela ne soit pas expressément écrit dans le brevet en question, que, lors de la rotation de la roue d'ancre, les dents de cette dernière vont prendre de l'huile par contact près de l'orifice du canal du côté du plan de repos, pour la déposer sur le plan d'impulsion, puis, en grande partie, sur le plan de fuite, l'huile étant absorbée par le canal capillaire dès qu'elle touche le bord de ce dernier. Cependant, ce dispositif ne supprime pas la dispersion du lubrifiant sur les palettes et sur les dents de la roue d'ancre.
Une telle dispersion pourrait être évitée par un traitement de surface des palettes et des dents de la roue d'ancre, par épilamage. Or, si un tel traitement évite bien la dispersion de l'huile, il empêche également la circulation de cette huile. Des essais pratiques ont démontré que l'effet capillaire du trou est tellement grand qu'il nuit à l'effet recherché, ou même l'annule.
Dans le brevet CH No 296 393 ACCOLA et VESTA, la palette d'ancre présente une rainure pratiquée dans le plan d'impulsion. La rainure prend naissance au plan de fuite et s'étend jusqu'au plan de repos. Dans une forme d'exécution particulière, la rainure prend naissance au début du plan d'impulsion et va jusqu'au plan de repos. Un tel dispositif permet, par capillarité, de ramener le lubrifiant sur le plan d'impulsion et d'éviter son accumulation sur le plan de chute. Vu sa faible profondeur, la rainure ne peut pas faire office de réservoir capillaire et n'empêche pas la dispersion du lubrifiant au cours du temps.
Dans le brevet CH No 321 946 HELD, la palette présente une fente ouverte sur les plans de repos, d'impulsion et de fuite. De la sorte, la dent de la roue d'ancre est en contact avec l'huile déjà lorsqu'elle est arrêtée contre le plan de repos, et pendant le temps de l'impulsion. L'huile est aisément réabsorbée par la fente. Toutefois, la dent de la roue d'ancre ne fait qu'effleurer la fente sans passer sur toute sa largeur. En effet, la dent de la roue d'ancre, conventionnelle, est biseautée, de sorte que la faible dimension de la surface de contact rend impossible que l'on diminue encore cette surface de contact en faisant déborder le bout de la dent sur la fente dans une mesure appréciable.
Afin d'augmenter la quantité d'huile disponible, il est prévu d'élargir la section de la fente en direction de l'intérieur, de façon que la partie la plus étroite se trouve à l'extérieur, sur le plan d'impulsion. Une telle forme d'exécution est ingénieuse, mais elle est malheureusement impossible à réaliser au stade industriel. En effet, le perçage de la palette pour obtenir une fente d'une telle section est très malaisé.
Enfin, la demande de brevet CH No 685 463 HORMEC présente une palette sur la ou les faces latérales de laquelle sont pratiquées des gorges qui relient le plan de repos au plan de fuite. Un tel système présente l'inconvénient, déjà relevé plus haut, d'une large exposition de l'huile à l'air et d'une dispersion de l'huile à la longue.
La présente invention vise à remédier à ces inconvénients.
L'invention est définie dans les revendications.
Les dessins représentent, à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'invention.
La fig. 1 représente, en perspective cavalière, une palette d'ancre contre laquelle vient buter une dent de la roue d'ancre.
La fig. 2 est une vue latérale d'une même palette.
La fig. 3 est une autre vue latérale, prise du côté de la face de repos, d'une palette selon une forme d'exécution de l'invention.
La fig. 4 est une vue de l'extrémité, c'est-à-dire prise depuis le plan d'impulsion, d'une palette selon la même forme d'exécution.
Les fig. 5 à 8 montrent une palette selon la même forme d'exécution, pourvue de lubrifiant, et en contact avec une dent de la roue d'ancre à plusieurs stades du passage de la dent sur la palette en fonction de la rotation de la roue d'ancre.
Les fig.
9 et 10 présentent chacune, en vue latérale, une palette selon une autre forme d'exécution de l'invention.
La palette d'ancre 1 selon l'invention est creusée d'une fente capillaire ouverte sur les plans de repos 2, d'impulsion 3 et de fuite 4. La fente présente une partie plus étroite 5 qui est adjacente au plan de repos et qui s'étend au moins jusqu'au seuil 8 de la fente sur le plan de repos. Le reste de la fente est une partie plus large 9. Dans la forme d'exécution représentée aux fig. 1 à 8, la partie plus large 9 de la fente ne débouche que sur les plans d'impulsion et de fuite. La forme d'exécution représentée à la fig. 9 présente une fente dont la partie la plus large débouche sur les trois plans, alors que la fig. 10 montre une forme d'exécution dans laquelle la partie la plus étroite touche aux trois plans, la partie la plus large ne touchant que partiellement au plan d'impulsion et au plan de fuite.
La forme d'exécution préférée de l'invention est toutefois celle des fig. 1 à 8, dans laquelle la partie plus étroite 5 de la fente s'étend sensiblement entre l'angle 6 formé par le plan de repos et le plan d'impulsion, le seuil 7 de la fente sur le plan de fuite, et le seuil 8 de la fente sur le plan de repos. Par "seuil", on entend ici le segment qui joint le fond de la fente et le plan sur lequel la fente débouche. Un escalier 10 pratiqué dans une paroi de la fente forme la limite entre la partie la plus large 9 et la partie la plus étroite 5. La fig. 4 montre la forme de la fente, avec l'escalier 10 pratiqué dans une paroi. De préférence, la fente est creusée en deux fois à la meule, la première fois avec une meule fine pour faire la partie la plus étroite, et la deuxième fois avec une meule plus épaisse pour ménager la partie plus large.
Dans une forme d'exécution qui n'est pas représentée ici, il y a un escalier 10 dans chaque paroi. De préférence, la fente est suffisamment profonde pour que son seuil 8 sur le plan de repos soit à fleur ou hors d'atteinte du bout des dents de la roue d'ancre. De la sorte, pendant toute la période au cours de laquelle la dent est en contact avec le plan de repos, qui est cinq fois plus longue que la période de contact avec le plan d'impulsion, la dent pourra être en contact, par capillarité, avec l'huile 14 qui est placée dans la fente et qui y demeure par capillarité.
La fig. 5 montre comment l'huile 14 se répartit dans la fente en raison de la forme de la fente, l'huile qui remplit la partie la plus large 9 se dirige immédiatement dans la partie plus étroite 5. S'il n'y a pas assez d'huile pour remplir entièrement les deux parties de la fente, c'est la partie la plus étroite qui demeurera pleine, alors que l'huile contenue dans la partie plus large 9 de la fente tendra à s'agglutiner contre l'escalier 10 qui forme le bord de la partie plus étroite 5. On voit à la fig. 5 que la dent 13 de la roue d'ancre, qui est en contact avec la partie plus étroite de la fente qui débouche sur le plan de repos, se charge d'huile à son extrémité, par capillarité. La fig. 6 montre la dent passant sur le plan d'impulsion, et on voit que l'huile suit le bout de la dent. Le mouvement se poursuit à la fig. 7 et à la fig. 8.
Au moment où la dent quitte le plan d'impulsion, à la fig. 9, la masse d'huile, par capillarité, reprend la position première qu'elle avait à la fig. 3 et s'agglutine à nouveau contre l'entrée de la partie plus étroite 5. La partie la plus large 9 constitue donc un réservoir qui alimente automatiquement et constamment la partie plus étroite 5, de façon qu'il y a toujours de l'huile dans la partie de la fente qui donne sur le plan de repos, partie qui est le plus longtemps en contact avec la dent qu'il s'agit de lubrifier.
On voit qu'une telle configuration de la fente présente, par rapport à l'art antérieur, un avantage considérable. Même si la quantité d'huile diminue, la partie étroite de la fente sera toujours alimentée. De plus, la fabrication de la palette est simple et fait appel à des techniques éprouvées. La surface de contact de l'huile avec l'air est réduite, ce qui limite les risques d'évaporation, d'oxydation et de contamination. L'étalement de l'huile est supprimé.
Afin d'assurer mieux encore le retour de l'huile dans la fente après le passage de la dent, on pratiquera de préférence une ou plusieurs raies 11, par exemple avec un diamant, à proximité immédiate de l'angle 12 formé par le plan d'impulsion et le plan de fuite. Ces raies seront de préférence perpendiculaires au plan de la fente. Il est inutile qu'elles soient très profondes. Elles permettent de ramener dans la fente l'huile qui se serait accumulée à cet endroit sur le plan de fuite après le passage de la dent.
Dans la forme d'exécution des fig. 1 et 5 à 8, le contact est permanent entre la dent de la roue d'ancre et la fente, pendant toute la fonction de l'échappement.
Afin d'obtenir l'effet maximal de l'invention, il convient d'épilamer la roue d'ancre.
Etant donné que la surface de friction entre le plan de repos et le plan d'impulsion, d'une part, et le bout de la dent de la roue d'ancre, d'autre part, est réduite en raison de la présence de la fente, il devient inutile de biseauter la roue d'ancre, comme cela se fait habituellement pour réduire la surface de frottement.
Various solutions have been proposed for lubricating pallets, in particular in rubies, for watch movement escapements.
The solution consisting in simply greasing the existing mechanisms is not satisfactory, for various reasons indicated in the publication of patent application No. CH 685 463 HORMEC. In particular, the fat dries anyway after a certain time and accumulates in places where it becomes useless. This has been perfectly illustrated, for example, in fig. 1 of Swiss Patent No 321 946 HELD. In addition, the oil or fat simply spread on the pallet has a large contact surface with air, and tends to dry and to corrupt quickly.
Various devices have been proposed for ensuring circulation of the lubricant, so as to bring it regularly into contact with the rest plane, the impulse plane and the tooth of the anchor wheel.
Patent CH No 116 857 AHRENS proposes to provide a capillary channel piercing right through the pallet of anchor, in the plane of the anchor wheel. The capillary channel thus opens onto the rest plane and the vanishing plane of the pallet. The capillary channel acts as a reservoir for the lubricant. It seems, although it is not expressly written in the patent in question, that, during the rotation of the anchor wheel, the teeth of the latter will take up oil by contact near the orifice of the channel of the side of the plane of rest, to deposit it on the plane of impulse, then, for the most part, on the plane of flight, the oil being absorbed by the capillary channel as soon as it touches the edge of the latter. However, this device does not eliminate the dispersion of the lubricant on the paddles and on the teeth of the anchor wheel.
Such dispersion could be avoided by surface treatment of the pallets and the teeth of the anchor wheel, by epilamage. However, if such a treatment avoids the dispersion of the oil, it also prevents the circulation of this oil. Practical tests have shown that the capillary effect of the hole is so great that it harms the desired effect, or even cancels it.
In CH patent No. 296 393 ACCOLA and VESTA, the anchor pallet has a groove made in the plane of impulse. The groove begins at the plane of flight and extends to the plane of rest. In a particular embodiment, the groove begins at the start of the impulse plane and goes to the rest plane. Such a device makes it possible, by capillary action, to bring the lubricant back to the impulse plane and to avoid its accumulation on the falling plane. Due to its shallow depth, the groove cannot act as a capillary reservoir and does not prevent the dispersion of the lubricant over time.
In CH patent No. 321 946 HELD, the pallet has an open slot on the planes of rest, impulse and flight. In this way, the tooth of the anchor wheel is in contact with the oil already when it is stopped against the plane of rest, and during the time of the pulse. Oil is easily reabsorbed through the slit. However, the tooth of the anchor wheel only touches the slot without passing over its entire width. Indeed, the tooth of the conventional anchor wheel is bevelled, so that the small size of the contact surface makes it impossible for this contact surface to be further reduced by causing the tip of the tooth to extend beyond the split to a significant extent.
In order to increase the quantity of oil available, it is planned to widen the section of the slot towards the inside, so that the narrowest part is outside, on the plane of impulse. . Such an embodiment is ingenious, but it is unfortunately impossible to achieve at the industrial stage. Indeed, the drilling of the pallet to obtain a slot of such a section is very difficult.
Finally, CH patent application No. 685 463 HORMEC presents a pallet on the side face (s) of which grooves are formed which connect the plane of rest to the plane of flight. Such a system has the disadvantage, already noted above, of a large exposure of the oil to the air and of a dispersion of the oil in the long run.
The present invention aims to remedy these drawbacks.
The invention is defined in the claims.
The drawings show, by way of example, an embodiment of the invention.
Fig. 1 shows, in perspective, an anchor pallet against which abuts a tooth of the anchor wheel.
Fig. 2 is a side view of the same pallet.
Fig. 3 is another side view, taken from the side of the rest face, of a pallet according to an embodiment of the invention.
Fig. 4 is a view of the end, that is to say taken from the impulse plane, of a pallet according to the same embodiment.
Figs. 5 to 8 show a pallet according to the same embodiment, provided with lubricant, and in contact with a tooth of the anchor wheel at several stages of the passage of the tooth on the pallet according to the rotation of the wheel d 'anchor.
Figs.
9 and 10 each have, in side view, a pallet according to another embodiment of the invention.
The anchor pallet 1 according to the invention is hollowed out with a capillary slot open on the resting planes 2, of impulse 3 and of trailing plane 4. The slot has a narrower part 5 which is adjacent to the resting plane and which extends at least to the threshold 8 of the slot on the rest plane. The rest of the slot is a wider part 9. In the embodiment shown in FIGS. 1 to 8, the wider part 9 of the slot opens only on the impulse and leakage planes. The embodiment shown in fig. 9 has a slot, the widest part of which opens onto the three planes, while FIG. 10 shows an embodiment in which the narrowest part touches the three planes, the widest part touching only partially on the plane of impulse and on the plane of flight.
The preferred embodiment of the invention is however that of FIGS. 1 to 8, in which the narrower part 5 of the slot extends substantially between the angle 6 formed by the plane of rest and the impulse plane, the threshold 7 of the slot on the plane of flight, and the threshold 8 of the slot on the rest plane. By "threshold" is meant here the segment which joins the bottom of the slot and the plane on which the slot opens. A staircase 10 made in a wall of the slot forms the limit between the widest part 9 and the narrowest part 5. FIG. 4 shows the shape of the slot, with the staircase 10 formed in a wall. Preferably, the slot is hollowed out twice with a grinding wheel, the first time with a fine grinding wheel to make the narrowest part, and the second time with a thicker grinding wheel to make the wider part.
In an embodiment which is not shown here, there is a staircase 10 in each wall. Preferably, the slot is deep enough for its threshold 8 on the rest plane to be flush or out of reach of the end of the teeth of the anchor wheel. In this way, during the entire period during which the tooth is in contact with the rest plane, which is five times longer than the period of contact with the impulse plane, the tooth may be in contact, by capillary action. , with the oil 14 which is placed in the slot and which remains there by capillary action.
Fig. 5 shows how the oil 14 is distributed in the slot due to the shape of the slot, the oil which fills the widest part 9 immediately goes into the narrower part 5. If there is no enough oil to completely fill the two parts of the slit, the narrower part will remain full, while the oil contained in the wider part 9 of the slit will tend to clump against the stairs 10 which forms the edge of the narrower part 5. We see in FIG. 5 that the tooth 13 of the anchor wheel, which is in contact with the narrower part of the slot which opens onto the rest plane, becomes loaded with oil at its end, by capillarity. Fig. 6 shows the tooth passing on the impulse plane, and we see that the oil follows the tip of the tooth. The movement continues in fig. 7 and in fig. 8.
As the tooth leaves the impulse plane, in fig. 9, the mass of oil, by capillary action, returns to the first position it had in FIG. 3 and agglutinates again against the entry of the narrower part 5. The wider part 9 therefore constitutes a reservoir which automatically and constantly feeds the narrower part 5, so that there is always oil in the part of the slot which gives on the plane of rest, part which is the longest in contact with the tooth which it is a question of lubricating.
We see that such a configuration of the slot has, compared to the prior art, a considerable advantage. Even if the amount of oil decreases, the narrow part of the slot will still be fed. In addition, the manufacturing of the pallet is simple and uses proven techniques. The contact surface of oil with air is reduced, which limits the risks of evaporation, oxidation and contamination. The spreading of the oil is eliminated.
In order to ensure even better the return of the oil in the slot after the passage of the tooth, one or more lines 11 is preferably made, for example with a diamond, in the immediate vicinity of the angle 12 formed by the plane momentum and the flight plan. These lines will preferably be perpendicular to the plane of the slot. There is no need for them to be very deep. They make it possible to bring back into the slot the oil which would have accumulated there at the point of flight after the passage of the tooth.
In the embodiment of Figs. 1 and 5 to 8, the contact is permanent between the tooth of the anchor wheel and the slot, during the entire function of the escapement.
In order to obtain the maximum effect of the invention, the anchor wheel should be epilated.
Since the friction surface between the rest plane and the impulse plane, on the one hand, and the tip of the tooth of the anchor wheel, on the other hand, is reduced due to the presence of the slot, it becomes unnecessary to bevel the anchor wheel, as is usually done to reduce the friction surface.