Code de calcul pour digues à talus
Code de calcul pour digues à talus
MEMOIRE DE MASTER
En vue de l’obtention du diplôme de Master en Hydraulique
THEME :
ARKAM Mehdi
Session – 2016
Au terme de mon travail, je tiens à exprimer ma gratitude tout particulièrement à mon
encadreur, Monsieur Mustapha Kamel MIHOUBI, Professeur à l’ENSH, pour m’avoir encadré. Je lui
exprime une reconnaissance infinie pour ses conseils, et ses directives, qui m’ont guidé tout au long de
la réalisation de ce mémoire de Master.
Mes remerciements aussi aux membres du jury, Mme D. DJOUDAR, MME [Link],
Monsieur D. BENSALAH, et Monsieur I. ZAIBAK pour avoir pris le temps de lire et d’évaluer mon
travail.
Enfin, je remercie également tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à l’élaboration de
ce mémoire.
ARKAM Mehdi.
Je d die ce t avail à es che s pa e ts Nasse et Ka i a, g âce aux uels j’ai attei t la place à la uelle
je e t ouve aujou d’hui. A vous ui ’avez ta t do , MERCI …
Je ne manquerai pas de citer mon oncle, KICHOU Kamel, pour ses encouragement lors de mon
i g io at, so soutie t ’a été très important.
A mes frères qui sont et seront toujours là pour moi, votre valeur à mes yeux est sans égale.
اء ا ع ض عب ا ث اخ, غ اف ا حث ا ا حس س ق ا ا ع س ءب ب ق,بع ك
. ا ق ف اق ا ص بأ ا خا ا ا ق ا حص ع ب اصغا
Résumé
Par la suite, nous avons essayé d’établir un code de calcul de stabilité de la carapace des
digues en enrochements, en se basant sur la recherche bibliographique, puis de clôturer le
sujet en effectuant un calage entre les formules empiriques et les valeurs obtenues par le biais
des essais en canal à houle.
Nous avons fini par conclure que les valeurs expérimentales sur modèles physiques se
rapprochent des formules de Van Der Meer, modifiées par Van Gent (2004) en cas d’eau peu
profonde, et que les critères d’Hudson, en dépit de leur assurance de matière de stabilité,
mènent trop souvent à un surdimensionnement de l’ouvrage, ce qui se révèle être très couteux.
Abstract
Our study is interested particularly in dikes with riprap slope. It is a question of making an
analysis of stability of the dike’s armor, by carrying out a pronounced bibliographic research.
Thereafter, we will try to establish a code of stability of the dike’s armor, then to enclose the
subject by carrying out a comparison between the empirical formulas and the values obtained
by the means of the tests in the swell’s channel.
We will end up concluding that the experimental values on physical models approach the
formulas of Van Der Meer, modified by Van Gent (2004), in the event of shallow water
condition, and that the criteria of Hudson, in spite of their insurance of stability, too often lead
to an over sizing of the structure, which happens to be very expensive.
Tables des matières
Introduction générale ………………………………………………………………………… 1
a. Les brise-lames………………………………………………………………….... .5
b. Epis………………………………………………………………………………... 6
I.3.1. Généralités………………………………………………………………………..... 9
a. Fondation……………………………………………………………………….. ..10
b. Soubassement……………………………………………………………………. 10
c. Noyau……………………………………………………………………………. 10
d. Carapace………………………………………………………………………..... 11
e. Filtres…………………………………………………………………………….. 11
f. Butée de pied…………………………………………………………………….. 12
g. Couronnement…………………………………………………………………… 12
Conclusion…………………………………………………………………………………... 13
Conclusion …………………………………………………………………………………...61
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur
Introduction …………………………………………………………………………….……62
Conclusion ……………………………………………………………………….…………..69
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de
talus des ouvrages en mer
Introduction ………………………………………………………………….………….…....70
Conclusion ………………………………………………………………………………....79
Figure I.2. Représentation du profil d’un revêtement (Shoreline Erosion Task Force,
USACE. 2012)........................................................................................................................... 2
Figure I.3. Représentation d’une cloison (Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)….. 3
Figure I.4. Cloison à tirants ancrés. (Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)……….. 3
Figure I.5. Coupe type d’une digue à talus en faible profondeur (CERC, 1984)……………. 4
Figure I.6. Disposition des brise-lames (Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)…… 5
Figure I.8. Brise-lame de la Marina Del Rey (Espagne) destiné à la navigation (Shoreline
Erosion Task Force, USACE, 2012).......................................................................................... 7
Figure I.9. Disposition d’une jetée le long du rivage (Shoreline Erosion Task Force, USACE,
2012).......................................................................................................................................... 7
Figure I.10. Coupe type d’une digue à talus conventionnelle. (CETMEF, 2009)…………… 8
Figure I.11. Disposition d’un soubassement dans une digue à talus en eau profonde (CERC,
1984)………………………………………………………………………………………….. 9
Figure II.5. Run-up relatif sur des talus en enrochements en fonction de la perméabilité du
noyau déterminé à l’aide du paramètre de déferlement calculé par les valeurs
spectrales (TAW,2002a)………………………………………………………... 24
Figure II.11. Exemple d’un profil de talus lisse à berme (CETMEF, 2009)……………….. 31
(Owen,1980)………………………………………………………………………………... 32
Figure II.17. Paramètres dimensionnant liés à la section de l’ouvrage (CUR/CIRIA, 1984) ……... 40
Figure II.18, Dommage, Sd, sur la base d’une zone érodée (Rock Manual. CETMEF, 2009)…….. 42
Figure II.21. Classification des blocs d’enrochement artificiels selon leur poids et disposition
(CTMEF, 2009)……………………………………………………………………………... 58
Figure IV.2. Axe d’enregistrement des houles significatives au large (sous autorisation LEM,
2016). Echelle 1/500………………………………………………………………………… 71
Figure IV.3. Exemple de réalisation des essais d’étude de stabilité de talus sur modèle
physique en canal à houle (sous autorisation LEM, 2016)………………………………… 73
Figure IV.4. Variante retenue par l’essai expérimental pour la houle de
dimensionnement (sous autorisation LEM, 2016)…………………………………………... 75
Figure IV.5. Etude comparative entre les résultats expérimentaux sur modèle physique et les
résultats théoriques des différentes méthodes par le code de calcul STAB 3M…………….. 77
Liste de tableaux
Tableau II.1 Paramètres tirés du spectre de la houle source : Rock manual (CETMEF, 2009)…….. 12
Tableau II.3. Valeurs des coefficients A, B, et C pour les équations II.10 et II.11 ………………… 21
Tableau II.5. Coefficients des équations II.12 à II.14 (CETMEF, 2009) ………………………….. 23
Tableau II.7. Coefficient c0 et c1 pour la prédiction du Run-up (Van Gent, 2001) …………………. 26
Tableau II.8. Coefficient a et b de l’équation II.24 pour des talus lisses et de pente constante (Manual
of Overtopping of Seawalls. Besley, 1999) ………………………………………………………….. 30
Tableau II.10. Valeurs de γf pour les ouvrages perméables (Rapport du TAW, 2002a)…………..... 35
Tableau II.11. Concepts, formules de stabilité et leur relation avec les types d’ouvrages, (Source :
Rock Manual, CETMEF, 2009). ……………………………………………………………………... 38
Tableau II.14. Approches et formules de stabilité des digues à talus en enrochement (CETMEF,
2009) ………………………………………………………………………………………………..... 46
Tableau II.16. Domaine de validité des différents paramètres des formules II.48 et II.49………...... 52
Tableau II.17. Champ d’application des différentes formules de stabilité des carapaces en
enrochement (Rock Manual. CTMEF, 2009)…………………………………………………............ 55
Tableau IV.1. Caractéristiques des matériaux utilisés pour les essais (LEM, Juin 2014)…………… 72
Tableau IV.2. Observation du dommage sur la carapace de la digue lors des essais en canal à houle
(LEM, 2016)………………………………………………….............................................................. 74
Tableau IV.4. Résultats du pré dimensionnement fait par le code de calcul ……………………...... 76
Liste des annexes
Pour une digue à talus en mer, la carapace représente l’élément clé dans la protection
de cette dernière contre les actions de la houle, c’est le premier rempart assurant la stabilité de
l’ouvrage. Cette carapace est composée de blocs en enrochements naturels, ou bien artificiels
quand l’action de la houle requiert un poids important des enrochements difficile à trouver en
carrière.
Plusieurs chercheurs du domaine génie côtier se sont penchés au fil des années, sur le
développement des études de performance des enrochements naturels et artificiels composants
la carapace, débouchant ainsi sur des approches intéressantes pour la stabilité des carapaces
avec des moyens et coûts avantageux.
L’objectif principal de cette étude consiste en l’élaboration d’un code de calcul de
stabilité, qui rassemble un panel de théories de formulation empiriques basées sur des
hypothèses souvent différentes, mais visant le même objectif, qui est celui d’assurer une
stabilité aux digues à talus avec des dimensions optimales de la carapace. Ce code consiste en
une étude comparative au calage sur un modèle réduit. En effet, les résultats expérimentaux
en canal à houle de l’étude de la stabilité de talus et des effets de dommages causés sur la
carapace comparée aux résultats du code de calcul élaboré vont permettre de choisir les
dimensions optimales des enrochements naturels ou de définir les dimensions artificielles des
blocs de la carapace et aussi de définir le domaine de validité des formules abordées. Pour ce
faire, le mémoire est structuré comme suit :
Le premier consiste à faire une brève présentation sur les différents et rôles des
ouvrages de protection du système côtiers. Ceci nous permettra d’entamer notre sujet par
l’obtention de connaissances de base qui nous permuteront de bien nous situer plus tard sur le
problème.
Le deuxième chapitre, vise à mettre la lumière sur les différents travaux de recherches
faites sur l’étude de stabilité des digues à talus en milieu marin et océanique tenant compte les
dimensions des enrochements de la carapace des ouvrages en milieu déferlant, en eau peu
profonde. Une telle disposition de la digue, reste à notre jour complexe du fait de la variation
constante du spectre de la houle, c’est ce qui fait que les formules proposées dans ce sens sont
pour la quasi-majorité empirique, avec des domaines de validité restreints, et des conditions
paramétriques très particulières.
Le troisième chapitre est consacré à l’élaboration du code de calcul de stabilité
avec plusieurs approches, et suivant différents paramètres permettant de délivrer les
dimensions de la carapace du prototype sur la base de calcul de stabilité.
Le quatrième et dernier chapitre, s’intéresse à l’étude de l’interaction hydraulique
entre la houle et la carapace en faisant une application d’un cas réel avec le programme qu’on
a élaboré, et de faire par la suite un calage avec les résultats expérimentaux obtenus lors
d’essais en canal à houle.
Enfin, une synthèse aux résultats obtenus et une conclusion générale ponctueront ce
travail.
CHAPITRE I
Introduction
Ce chapitre a pour but d’établir une base de connaissances sur les ouvrages côtiers afin
de mieux cerner les aspects de l’étude. Il est donc nécessaire d’entamer notre recherche en
introduisant des notions sur les ouvrages servant à la protection des côtes.
Les différentes structures de protections côtières peuvent être regroupés en trois grandes
familles suivant leur rôle, ces familles sont : les structures armées, les structures de
stabilisation des plages, et les structures destinées à la navigation.
a. Revêtements de talus
Les revêtements sont des structures qui ont pour fonction principale de protéger le
littoral contre l'érosion. Ce sont des structures de soutènement généralement constituées d'un
revêtement de pierre, de béton ou d'asphalte disposés comme armures pour les talus du profile
naturel du littoral.
2
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers
Aussi, ce type de structures a l’avantage d’avoir une bonne perméabilité en plus de sa forme
qui paraît plus naturelle.
Pour l’U.S. Army Corps of Engineers, la distinction entre les revêtements et les digues à talus
se fait uniquement pour des fins de coûts et d’économies dans les projets. Toutefois,
concrètement, sur le plan technique, il n’y a pas de différence entre les deux.
Les revêtements modernes ont des blocs de béton ou des enrochements en Rip Rap, posés sur
une fine couche de matériaux plus fins.
Figure I.1. Revêtement en enrochements (Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)
Les revêtements ont pour rôle de protéger le trait de côte contre l’érosion. Ceci se fait par le
renforcement partiel ou total du profil de la plage.
Le profil en travers du revêtement est généralement moyen, avec des enrochements au-dessus
d’un talus existant, et d’une butée de pied. Le rôle de la butée de pied est primordial dans les
revêtements car elle représente le support sur lequel repose ce dernier.
Figure I.2. Représentation du profil d’un revêtement (Shoreline Erosion Task Force, USACE. 2012)
3
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers
b. Cloisons
Cloison est le terme généralement utilisé pour les structures principalement destiné à
conserver ou à empêcher le glissement de terrains, tout en ayant comme but secondaire de
protéger ces mêmes terrains contre les inondations et les actions des vagues.
Les cloisons sont construites en ayant pour but la rétention du sol, et dans la plupart des cas
comme une paroi verticale ancrée à tirants.
L'application la plus courante des cloisons est dans la construction d'installations d'amarrage
dans les ports et les marinas où l'exposition à l'action des vagues est réduite au minimum.
Certains ouvrages et documents techniques ne peuvent faire une distinction concrète entre les
cloisons et les murs verticaux.
Figure I.3. Représentation d’une cloison Figure I.4. Cloison à tirants ancrés.
c. Digues à talus
Ce sont des ouvrages constitués de matériaux rocheux, habituellement protégés par des
carapaces de blocs de plus grandes dimensions. Les digues servent généralement à mettre à
disposition des navires des eaux calmes pour l’amarrage ou le mouillage, à l’abri des houles
ou des courants.
4
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers
Figure I.5. Coupe type d’une digue à talus en faible profondeur (CERC, 1984)
Ce type de structures est conçu pour limiter l’action des vagues et la migration des
sédiments due au courants de la mer, il y a plusieurs types de structures assurant cette
fonction, on se contentera de citer les suivantes :
a. Les brise-lames
Plutôt que d’emprisonner physiquement les sédiments en créant une barrière (comme c’est le
cas pour les épis), les brise-lames fonctionnent en créant derrière eux une zone ou l’énergie de
la houle est réduite et dans laquelle les sédiments auront tendance à se déposer en formant des
plages en croissant entre eux brise-lame adjacents. Ils peuvent donc être particulièrement
utiles pour protéger les côtes soumises à une érosion due au fait que le transport longitudinal
net est plus élevé que partout ailleurs.
Les brise-lames sont habituellement d’une longueur équivalente à la distance qui les sépare du
rivage, soit 200 à 300m. Ils sont la plupart du temps construits en enrochements avec des
hauteurs de crête basses, afin de permettre des franchissements assez importants lors des
tempêtes. Les ouvrages à crête basses sont moins visibles et aide de façon plus efficace la
répartition des matériaux.
L’incertitude majeure cependant pour ce type d’ouvrage qu’il est difficile d’optimiser le
dimensionnement en cas de fluctuation importante du niveau d’eau.
5
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers
b. Epis
Ce sont des ouvrages en enrochements relativement courts qui avancent dans la mer
depuis la plage, ils assurent une fonction qui consiste à interrompre le transit littoral de
sédiments afin de construire ou de retenir des plages à un niveau plus élevé.
Ils peuvent être disposés selon plusieurs formes : les épis droits, inclinés, en T, en L, et en Y
sont les plus fréquents (CETMEF, 2009).
Epis en Y
En plus de leur rôle classique, ces épis remplissent aussi le rôle des brise-lames. Ils
peuvent également être considérés comme un type de cap artificiel. Il est possible de les
associer à un rechargement de plage afin de créer des plages de sables conséquentes.
([Link] Corps of Engineers, 2012).
6
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers
Epis en T et L
Les épis en L et T sont les précurseurs des digues. Ils peuvent servir à former des caps
artificiels. Leur utilisation est fréquente lorsque le marnage est faible (surtout en
Méditerranés) dans le but de créer des baies ou criques, habituellement constituées de sable.
([Link] Corps of Engineers, 2012).
Ces structures ont comme tâche de résister aux vagues et aux courants, de limiter le
mouvement des sédiments, et de fournir un milieu calme pour l’amarrage et le mouillage des
navires. De toutes les structures qui jouent ce rôle, deux se distinguent :
Ces brise- lames sont construits de manière à créer des eaux suffisamment calmes pour
les opérations d'amarrage et de chargement, la manutention des navires et la protection des
installations portuaires. Ils sont également construits pour améliorer les conditions de
manœuvre à l'entrée du port et pour aider à réguler la sédimentation en dirigeant des courants
et en créant des zones avec des niveaux de perturbation d'onde différentes, il servent aussi à la
protection des prises d'eau pour les centrales électriques et la protection des côtes contre les
tsunami.
7
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers
Les jetées sont des structures généralement construites sur l'un ou les deux côtés du
canal de navigation perpendiculaires à la côte et se prolongeant dans l'océan. En limitant le
courant ou le débit des marées, il est possible de réduire la réduction de profondeur dans les
canaux et diminuer les besoins de dragage. En outre, une autre fonction des jetées consiste à
arrêter le courant transversal et le diriger à travers l'entrée dans les eaux profondes où il sera
moins dangereux pour la navigation. Une fois étendu au large de la zone de coupe, les jetées
améliorent la manœuvre des navires en fournissant un abri contre les vagues des tempêtes.
Leur construction est semblable à celle des brise-lames, et leur géométrie varie tout comme
celle des épis.
8
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers
Dans cette section, on présentera les considérations générales liées à la conception des
digues à talus en mer. On s’intéressera exclusivement aux digues à talus en enrochements, qui
sont le sujet de notre recherche.
I.3.1. Généralités
La taille moyenne des enrochements des différents matériaux utilisés décroît de l’extérieur
vers l’intérieur, tout comme s’atténuent les contraintes que les éléments composant chaque
couche doivent respecter en matière de fuseau granulométrique.
Figure I.10. Coupe type d’une digue à talus conventionnelle. (CETMEF, 2009)
Grace à leurs carapaces, les digues à talus absorbent l’énergie de la houle et présentent donc
des coefficients de réflexion plus faibles. Pour cette raison elles sont généralement moins
franchissables à un même niveau de crête comparées aux digues verticales et mixtes et
privilégient aussi d’un faible risque d’affouillement.
9
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers
Une économie substantielle en matériaux onéreux composant l’ouvrage proprement dit est
ainsi réalisée. Elle trouvent néanmoins ses limites dans le fait que les matériaux du
soubassement non recouverts par la structures doivent présenter une certaine stabilité vis-à-vis
des éventuels courants et surtout des houles et ce, durant toute la vie de l’ouvrage. Un
soubassement trop haut risquerait de favoriser les érosions en pied des couches inférieures et
de déstabiliser
Figure I.11. Disposition d’un soubassement dans une digue à talus en eau profonde (CERC, 1984).
b. Fondation
La fondation fait principalement office de filtre entre les petits matériaux composant le
soubassement ou terrain naturel et ceux d’un calibre beaucoup plus gros de la digue. La
fondation contribue, d’autre part à répartir les efforts et à homogénéiser les tassements.
c. Noyau
Le noyau est le remblai intérieur du massif que constitue l’ouvrage. Il s’agit généralement
d’un matériau tout-venant de carrière. Il bénéficie d’un coût inférieur à celui des autres
matériaux constitutifs de la structure proprement dite.
10
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers
Selon le LNH (1987), les conditions qu’il convient d’imposer aux éléments du noyau sont
difficiles à préciser. Les avis des experts sont, en particulier, partagé sur le seuil admissible de
teneur en fines.
Les uns considèrent qu’une teneur excessive en fines risque d’occasionner des fuites
progressives de ces matériaux à travers les couches filtres et les carapaces sous l’effet des
écoulements internes générés en permanence par la houle. Ces départs massifs risquent de
provoquer des tassements excessifs, voir des cavités, en particulier sous le couronnement s’il
existe dans la structure.
Les autres au contraire, jugent que le fait de la mise en œuvre du noyau, propice au lessivage
du tout-venant, entraîne une perte importante de la fraction fine des éléments et, d’autre part,
sur le principe qu’un tout-venant ne devrait pas être traité et qu’il appartient aux filtres de
transition d’ajuster leur composition à celle du noyau.
d. Carapace
La carapace est un élément clé dans les digues à talus en mer, c’est là, à l’intérieur de cette
couche que s’opère la dissipation de l’énergie de la houle.
La carapace protège l’ensemble de l’ouvrage contre l’action. Mentionné dans les travaux de
[Link] (1993), Il est essentiel que les blocs qui la composent aient un poids leur
permettant de résister aux efforts engendrés par les vagues susceptibles de frapper la structure.
Ces blocs peuvent être des enrochements naturels ou des blocs artificiels en béton (le plus
souvent non armé), posés suivant les pentes variant de 1/3 à 3/4 en fonction de la nature du
bloc retenu et placés généralement en deux couches, parfois davantage dans le cas
d’enrochements naturels présentant une stabilité à peine satisfaisante.
C’est le dimensionnement du bloc de carapace vis-à-vis des houles qui a mobilisé le plus
l’intention des ingénieurs et chercheurs. Et, pour chaque étude particulière, le choix des
caractéristiques du bloc constitue une part essentielle du travail –c’est ce qu’on abordera au
deuxième chapitre–
Il faut préciser que la performance hydraulique d’un bloc ne se résume pas forcément à
l’aspect stabilité. Son comportement vis-à-vis de l’ascension (Run-up) de la vague sur le talus
peut dans certains cas constituer un critère de choix déterminant.
e. Filtres
Dans l’ouvrage de Per Brun, intitulé ‘Design and construction of mounds for breakwaters
and coastal protection’ (1985), il convient de distinguer deux types différents de filtres. Le
premier se place directement sous les blocs de carapace, ce type est appelé le filtre support. Le
poids moyen des blocs le composant représente généralement une fraction de celui du bloc de
11
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers
carapace, et le fuseau granulométrique étant le plus souvent assez resserré autour de cette
valeur.
Le rôle de cette couche est d’offrir une assise permettant d’obtenir un bon accrochage de
la carapace en présentant une taille et une distribution de cavité adaptées au type du bloc
utilisé. Il est important d’ailleurs, que le filtre support ait une bonne perméabilité, car cette
dernière influence directement sur les circulations hydrauliques de la couche supérieure et
conditionne donc la stabilité même des blocs de carapaces.
L’autre type de filtres est appelé Filtre de transition, son rôle est de retenir la migration des
matériaux fins du noyau au travers des couches supérieures. La composition de cette couche
lui permet d’être drainée par le filtre support et de drainer le noyau.
Cette disposition permet donc d’amortir progressivement les vitesses d’écoulement de l’eau à
l’intérieur de l’ouvrage. Le filtre support aura la tâche d’assurer le rôle du filtre de transition
au cas où ce dernier ne serait pas prévu.
f. Butée de pied
Les rôles exercés par ces structures sont multiples. Elles opèrent un calage intérieur de la
carapace limitant par-là les risques de glissement de cette dernière. Elles permettent d’offrir
une sécurité supplémentaire vis-à-vis des affouillements en pied d’ouvrage. Elles peuvent
jouer aussi le rôle de filtre entre les blocs inférieurs de la carapace et la couche sous-jacente.
Toujours selon PER BRUN, une disposition fréquente consiste à bâtir la butée de pied à l’aide
d’enrochements de même calibre que ceux du filtre support, lorsqu’un tel arrangement est
possible.
Il est à noter que la butée de pied peut prendre la forme d’une simple assise horizontale de blocs de
carapace. Il conviendrait dans ce cas de parler de risberme de pied.
g. Couronnement
Le Manual of the use of rock in coastal and shorelines engineering du CUR/CIRIA ( 1995)
préconise que la présence du couronnement permet de limiter les franchissements dus aux
houles. Il offre aussi une voue de roulement en arrière de l’écran protecteur en plus de la
protection qu’il offre au talus arrière contre les franchissements.
L’incovénient qu’on peut relever dans le couronnement, est qu’il peut accentuer les vitesses
d’écoulements de l’eau dans la zone voisine de la carapace, ce qui conduit à la déstabilisation
des blocs de celle-ci.
12
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers
Il est à noter qu’il faudrait attendre qu’une bonne partie des tassents du corps de l’ouvrage se
produise avant d’édifier cette structure rigide. Il faudrait néanmoins aussi, faire attention à ce
qu’une telle décision ne mette pas en danger la stabilité de la structure.
Conclusion
Les ouvrages ou structures de protection côtiers sont souvent appelés par les
ingénieurs maritimes sous plusieurs noms suivant le rôle chaque ouvrage: digues, jetés, brise-
lame, épis … etc. C’est pour ça qu’il faut bien les différencier l’une de l’autre. Il n’en
demeure pas moins que chacune de ces structures joue un rôle primordial dans la protection
côtière.
Le terme « digue » est très général, il comporte toute une variété d’ouvrages maritimes et
fluviaux. On s’intéressera dans le prochain chapitre aux travaux et recherches faits par les
chercheurs en matière de dimensionnement et stabilité des digues à talus en enrochement, en
passant par les interactions hydrauliques avec cette structure.
13
CHAPITRE II
Introduction
Ce chapitre a pour but de situer le contexte des digues à talus en milieu maritime, et
est dédié aux définitions des houles, de la faible profondeur, des phénomènes hydrauliques
que subisses les digues (Run-up, Run-down, Franchissement … etc.), ainsi que la
vulnérabilité des régions côtières.
Nous procèderons après aux diverses recherches et travaux effectués par différents chercheurs
et auteurs sur la stabilité hydraulique des digues à talus en enrochement.
II.1. Définition des concepts de l’étude
Comme toute structure côtière qui a pour rôle la protection du littoral, les digues à talus
subissent l‟actions des vagues, sous plusieurs formes, et à différentes intensités. Les
phénomènes d‟interaction entre les vagues et les structures se distinguent sous les formes
principales suivantes :
Le Run-up/ Run-down
Le franchissement
La transmission
La réflexion
H m0 4 m0 (II.1)
Une autre définition de la vague significatif incidente, c‟est la moyenne du plus grand tiers
des hauteurs vagues incidentes H1/3. Cette définition est peu utilisée dans les formules dans les
eaux peu profondes. Une autre définition de la hauteur de la vague apparaît dans les récents
articles de la revue Coastal Engineering (2013), la moyenne des cinquante plus grandes
hauteurs de vagues incidentes H50.
14
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
On parle de faible profondeur (shallow water) quand la profondeur d‟eau n‟est pas
suffisamment importante pour que la surface da la vague ne soit affectée par la topographie du
fond.
En règle générale, un champ de houle observé peut être décomposé en un certain nombre
de composantes sinusoïdales individuelles, chacune avec leur propre hauteur (H), fréquence
(f), et direction (θ). On obtient une estimation du spectre de densité de l‟énergie de la houle à
partir d‟un enregistrement des fluctuations de l‟élévation de la surface de la mer par des
transformées de Fourrier. Goda (2000) et Tucker et Pitt (2001).
Ces paramètres sont représenté dans le tableau suivant tiré du Chapitre 4 du Rock
manual (CETMEF, 2009).
15
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Tableau II.1 Paramètres tirés du spectre de la houle source : Rock manual (CETMEF, 2009)
Variance m0 m0
f min
E ( f )df
f ma x
Plusieurs périodes peuvent être définies pour un enregistrement (ou spectre) de vagues.
Conventionnellement, ces périodes sont :
- La période de pic Tp (période qui donne le pic du spectre) ;
- La période moyenne Tm (calculée à partir du spectre ou des enregistrements des
vagues) ;
- La période significative T1/3 (la moyenne des trois plus hautes vagues enregistrées).
Note : en cas d‟absence d‟informations la relation Tp=1.1 Tm-1,0 devient une règle empirique
applicable et satisfaisante.
Dans le cas d‟une eau peu profonde (qui est notre sujet d‟étude), la forme du spectre change,
le pic s‟atténue et on observe plus d‟énergie en hautes et basses fréquences. En cas de
déferlement important, le spectre peut devenir si plat que la période de pic devient difficile à
déterminer.
Il est donc recommandé d‟utiliser la période moyenne énergétique Tm-1,0 à la place de Tp.
Cette période s‟est révélée fiable dans les études de franchissements de la houle ainsi que sur
la stabilité.
Cambrure et déferlement
L‟influence de la cambrure de la houle est souvent exprimée par la cambrure nominale de
la houle, S0, calculée à partir de la hauteur de la houle locale, H(m), et de la longueur d‟onde
théorique de la houle au large, L0(m), ou de la période de la houle, T(s).
H 2 H
S0 (II.2)
L0 g T2
Le paramètre le plus utile pour décrire l‟effet de houle sur les talus, ainsi que certains de ses
effets, est le paramètre de déferlement, ξ (-), également connu sous le nom de nombre
d‟Irribaren.
tan / S0 (II.3)
16
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Dans les différents ouvrages, plusieurs versions du paramètre de déferlement sont utilisées. La
cambrure et le nombre d‟Irribaren comporteront ainsi des indices indiquant quelle période et
quelle hauteur de la houle ont été utilisés.
Le tableau suivant comporte la plupart des combinaisons et possibilités pour ces paramètres :
17
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
- Run-up et Run-down
D‟après le manuel Eurotop Overtopping Manual (Enw et Kfki, 2007), l‟action de la houle
sur un talus entraîne une oscillation de la surface de l‟eau sur une étendue verticale
généralement plus importante que la hauteur de la houle incidente.
Ces extremums atteints par les vagues sont appelées respectivement Run-up, Ru, et le Run-
down, Rd, sont définis verticalement par rapport au niveau de l‟eau au repos et exprimés en
mètres.
C‟est bien évidemment le Run-up qui a mobilisé le plus les chercheurs. Il peut être utilisé
pour déterminer le niveau de la crête d‟un ouvrage, la limite supérieur de la protection ou
d‟autres éléments structurels de l‟ouvrage. Il peut servir aussi d‟indicateur au franchissement
ou la transmission de la houle.
- Franchissement de la houle
- Transmission de la houle
Les digues dont la crête est relativement basse peuvent être franchies avec suffisamment
de sévérité pour que cela donne naissance à une houle derrière l‟ouvrage. Si la digue est
construite avec des matériaux relativement perméables, de longues périodes de houle peuvent
entraîner la transmission de l‟énergie de la houle à travers l‟ouvrage.
Quantifier la transmission de la houle, selon Rock Manual (CETMEF, 2009), est importante
lors de la conception des digues à crête abaissée, destinées à protéger les plages ou le littoral,
et lors de la conception de digues portuaires, pour lesquelles la transmission de la houle
pourrait causer des mouvements de navires.
18
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
La transmission est exprimé par le coefficient de transmission, C t (-), défini comme étant le
rapport entre la hauteur de la houle transmise, Ht, et la hauteur de la houle incidente, Hi :
Ht
Ct (II.5)
Hi
- Réflexion de la houle
La réflexion de la houle est importante sur les côtes, à l‟entrée et à l‟intérieur des ports.
L‟interaction entre la houle incidente et la houle réfléchie entraîne souvent un état de mer
confus devant l‟ouvrage et des vagues occasionnellement cambrées et instables pouvant
compliquer les manœuvres de navigation.
Hr
Cr (II.6)
Hi
Houle de projet
Run-up de la houle
Le Run-up est le niveau maximal qu‟atteint l‟eau sur le talus d‟un ouvrage du fait de
l‟action de la houle.
Le Run-up, noté Ru (m), est défini verticalement par rapport au niveau de l‟eau au repos. Il sera
positif s‟il dépasse ce niveau. Ru est souvent donné sous forme adimensionnelle en divisant sa
valeur par Hs, qui est la hauteur significative de la houle.
19
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
On notera
Ru
Run % (II.7)
Hs
Dans le cas où la houle serait irrégulière, ce qui est le cas dans la plupart du temps, il
est difficile de déterminer, on aura donc recours à un paramètre représentatif. La
grande majorité des ouvrages et recherches utilisent le � % .
o Approche fondamentale
La plupart des concepts actuels utilisent une fonction basique, simple, et linéaire du paramètre
de déferlement ξ(-) :
Ru 2% A B (II.8)
Il est possible de considérer une distribution de Rayleigh (source : Rock Manual. CETMEF,
2009). En revanche, la distribution de la houle s‟écarte de la distribution de Rayleigh en eau
peu profonde, la valeur H2% /Hs varie généralement entre 1.1 et 1.4.
La plupart des données disponibles sur le Run-up concernent seulement les talus
imperméables et essentiellement lisses. D‟un autre coté, dans certains cas, les méthodes
élaborées pour les talus lisses peuvent servir pour les talus rugueux en appliquant des facteurs
de correction de rugosité. Ces derniers nous intéresseront du moment où notre sujet traite les
talus en enrochements.
D‟autres coefficients peuvent intervenir pour des situations plus complexes (houle oblique,
eau peu profonde, talus à berme).
A la place de ces facteurs qui sont expérimentaux, quelques formules explicites ont été mises
au point pour les conditions particulières. Selon le CETMEF, le schéma de calcul du Run-up
peut être résumé comme suite :
20
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Approche fondamentale
Talus rugueux
Talus lisse
- Formules explicites
Conditions spéciales
Talus rugueux
(formules explicites)
- Coefficients de correction
- Houle oblique
- Eau peu profonde
- Talus à berme
Conditions spéciales
(coefficients correction)
-Houle oblique
- Eau peu profonde
- Talus à berme
o Talus lisse
En se basant sur des mesures, Ahrens (1981) a élaboré une courbe d‟estimation
correspondant à l‟équation 1.5 pour R u2% en utilisant le paramètre de déferlement en période
de pic ξp (défini dans le tableau II.2), avec les coefficients :
A =1.6
< 2.5
B=0
ξp A= -0.2
> 2.5
B= 4.5
Allsop et all. (1985) ont aussi mis au point une courbe d‟estimation se basant sur
l‟équation 1.5, cette courbe n‟est valable que pour ξp compris entre 2,85 et 6. Les
coefficients utilisés sont A= -0,21 et B= 4,5 sans prendre en considération une
marge de sécurité.
f h b A p B
Ru 2%
(II.9)
Hs
Une courbe d‟estimation a aussi vu le jour au Pays-Bas dans un rapport du TAW intitulé
Technical Report on Wave Run-up and Overtopping at Dikes, (TAW, 2002a). Ce rapport
prend ξm −1,0 (définie dans le tableau II.2), Cette initiative trouve son utilité dans la mesure où
21
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Les formules du TAW pour le Run-up sont exposées dans les équations II.10 et II.11.
Ru 2%
A b f m 1,0 (II.10)
H m0
Ru 2% c
f B (II.11)
H m0 m1,0
Les tableaux [Link]ésente pour chacun des coefficients A, B, et C deux valeurs obtenus des
calculs probabilistes et déterministes. Ces coefficients ont été obtenus par les expériences
conduites par le TAW.
Tableau II.3. Valeurs des coefficients A, B, et C pour les équations II.10 et II.11
A 1,75 1,65
B 4,3 4,0
C 1,6 1,5
22
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
o Talus rugueux
Pour calculer le Run-up sur les talus rugueux, il est possible d‟introduire soit des
facteurs de correction de la rugosité soit des formules explicitement calculées.
Pour estimer le Run-up sur des talus imperméables, il y a moyen d‟exploiter les formules
propres au talus lisses énoncées ci-dessus en appliquant un facteur de réduction, qui vient
multiplier le run-up obtenu pour un talus lisse.
Les limites d‟utilisation diffèrent pour les formules d‟Ahrens et Allsop, qui utilisent
l‟équation II.9 et qui ne prennent compte que les ξ p inférieurs à 4, étant donné qu‟il n‟y a pas
de données pour des valeurs du paramètres de déferlement plus grands.
Dans la méthode du TAW, qui utilise les formules II.10 et II.11. Le coefficient de rugosité f,
n‟est applicable que pour des valeurs de ξm −1,0 < 1.8. Ce coefficient augment linéairement
jusqu‟à 1 pour γb ξ−1,0 = 10 et reste égal pour des valeurs plus grandes. Les coefficients de
rugosité présents dans le tableau II.4 sont présents dans le rapport du TAW.
Type d‟ouvrage γf
Béton, bitume, et herbe 1,0
Enrochements appareillés 0,8 – 0,95
Enrochement naturel- couche unique sur une 0,70
base imperméable
Enrochement naturel- deux couches sur une 0,55
base imperméable
Des formules explicites ont aussi été établies suivant des essais sur des talus rugueux en
enrochements avec des noyaux perméables et imperméables, Pour la plupart des conditions de
houles et de pentes de l‟ouvrage, le talus en enrochements dissipe l‟énergie mieux que les
talus équivalents lisses, Ceci indique clairement que le Run-up sur les talus rugueux est
inférieur à celui sur les talus lisses.
Pour obtenir ces résultats le Run-up a été mesuré sur des talus recouverts d‟enrochements
naturels ou de rip-rap lors d‟essais en laboratoire,
L‟analyse des résultats des essais effectués par Van der Meer et Stam (1992) et présentés dans
le manuel du CUR/CIRIA a permis de déterminer des formules d‟estimation (équations II.12
et II.13) pour des talus à carapace en enrochements naturels avec un talus imperméable,
caractérisé par un coefficient de perméabilité égal à 0,1, et pour des talus perméables d‟une
perméabilité élevée (entre 0,5 et 0,6), Il est à noter que cette analyse repose sur ξm et non
pas ξm −1,0 .
23
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Run %
a m Pour ξm < 1,5 (II.12)
Hs
Run %
b mc Pour ξm > 1,5 (II.13)
Hs
Le run-up des ouvrages perméables (P> 0,4) est limité par un maximum décrit par l‟équation
II.14.
Run %
d (II.14)
Hs
Les coefficients a, b, c, et d sont présentés dans le tableau II.5 et ont été mesuré pour
différents niveaux de dépassements du Run-up.
Run-up dépassé
par n% des a b c d
vagues
0,1 1,12 1,34 0,55 2,58
1 1,01 1,24 0,48 2,15
2 0,96 1,17 0,46 1,97
5 0,86 1,05 0,44 1,68
10 0,77 0,94 0,42 1,45
50 0,47 0,6 0,34 0,82
Les recherches de Van der Meer et Stam (1992) ont été réanalysées après que les recherches
dans le cadre du programme CLASH de l‟UE ont démontré que pour des petites valeurs du
paramètre de déferlement, il aurait une différence dans le Ru2% dans le cas d‟une sous-couche
imperméable et une sous-couche perméable.
La figure II. 5 présente les résultats de ces recherches conduits pour des trois talus perméables
et trois autres imperméables, tout en rajoutant une autre courbe de prédiction pour les talus
lisses.
24
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Figure II.5. Run-up relatif sur des talus en enrochements en fonction de la perméabilité du
noyau déterminé à l‟aide du paramètre de déferlement calculé par les valeurs
spectrales (TAW,2002a)
Le LNH, à partir de résultats d‟essais propose pour les enrochements la formule (II.15), en
fonction du paramètre de déferlement local ξ.
Ru
0.67 0.51 (II.15)
H
Divers auteurs auraient aussi cherché à représenter la variation du coefficient du Run-up par
la formule II.16, Les coefficients obtenus par l‟expérimentation sont représentés dans le
tableau II.6 et la figure II.6
Ru
A 1 exp B (II.16)
H
Tableau II.6. Coefficients tirés de la courbe expérimentale (TAW, 2002a).
Courbe A B
1 1,79 -0,46
3 1,45 -0,52
4 1,34 -0,60
5 1,22 -0,57
25
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Conditions particulières
o Houle oblique
L‟angle d‟incidence de la houle, β, est défini comme étant l‟angle formé par la direction
de propagation de la houle et de l‟axe perpendiculaire à l‟ouvrage (l‟attaque de la vague est
considérée normale si β=0).
Pour les angles d‟incidence β > 80o, le calcul est effectué en prenant β = 80,
L‟influence du changement de distribution de la hauteur des vagues sur le Run-up peut être
exprimée par un coefficient de réduction de profondeur,γh calculé à partir de H2% et Hs au
pied de l‟ouvrage par l‟équation II.18 et intervenant dans l‟équation II.9.
H 2% 1
h (II.18)
H s 1.4
26
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
L‟article Wave Run-up on Dikes with Shallow Foreshores écrit par Van Gent (2001), traite
particulièrement les digues en faible profondeur d‟eau, Cet article conclue que les modèles
numériques et physiques supportent l‟utilisation de la période moyenne énergétique T m-1,0 au
pied de l‟ouvrage, et qu‟il est déconseillé d‟utiliser la période de pic Tp.
Les résultats des expériences de Van Gent ont conduit à l‟élaboration des formules II.19 et
II.20.
Ru 2%
c0 s 1.0 Pour ξs−1,0 p (II.19)
f bHs
Ru 2% c
c1 2 Pour ξs−1,0 p (II.20)
f bHs s 1.0
L‟article défini les paramètres cités dans les équations précédentes, p = 0,5c1 /c0 et
c_2 = 0,25c12 /c0
Cette étude réalisé par Van Gent n‟est valable que pour 1 ξs−1,0 10, Les résultats de
l‟étude sont illustrés par la figure II.7 et le tableau II.7.
Total : long
Hm0 Tm-1,0 1,45 3,8 0,24
et court
Total : long
Hs Tm-1,0 1,35 4,7 0,37
et court
Court
Hm0 Tm-1,0 1,45 5,0 0,51
seulement
Court
Hs Tm-1,0 1,55 5,4 0,63
seulement
27
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Franchissement de la houle
En houle aléatoire, ce débit varie considérablement d‟une vague à une autre, Dans les cas
spécifiques, il existe dans la plupart des cas peu de données pour quantifier cette variation, vu
les nombreux paramètres à prendre en compte, liés à la houle, la géométrie du talus et la crête,
Il suffit souvent d‟utiliser le débit moyen, exprimé sous forme d‟un débit spécifique par mètre
linéaire de crête, q (m3/s par mètre linéaire ou l/s par mètre linéaire),
Le tableau présenté dans la figure II.8. et tiré du Rock Manual publié par le CETMEF
présente les valeurs critiques de q suggérées pour divers scénarios de dimensionnements, les
volumes franchissant maximums critiques, V max (m3 par mètre linéaire), qui peuvent avoir une
importance bien plus grande que les débits critiques dans certaines circonstances.
28
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
29
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
o Approche fondamentale
q = A eBR c (II.21)
A et B sont des coefficients qui diffèrent selon ma méthode employé pour la détermination de
q, ils dépendent de différents paramètres de l‟ouvrage, tel que l‟angle de talus, α, et la largeur
de la berme, Lb,
Rc est la revanche de la crête, qui est défini comme étant la hauteur de la crête au-dessus du
niveau de l‟eau au repos considéré,
En dehors des méthodes analytiques, il est possible d‟utiliser les outils de modélisation
neuronaux développés dans le cadre du projet CLASH de l‟UE, cette alternative peut se
révéler intéressante du moment où les grand nombre de paramètres intervenant dans
l‟estimation de débit de franchissement peut se révéler extrêmement compliqué,
Approche fondamentale
o Talus lisses
Dans le but d‟estimer le débit de franchissement, q, sur des talus lisses et imperméables,
on citera les travaux d‟Owen (1980), et ceux de Van Der Meer présents dans le rapport du
TAW (2002a), La différence entre les deux méthodes réside dans le domaine de validité
relatif à la cambrure de la houle et au paramètre de déferlement, avec des débits variant entre
0,1l/s/ml et 10l/s/ml environs, Dans le cas d‟un débit moindre on citera les travaux de Hedges
30
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
et Reis (1998), qui ont élaboré un modèle basé sur la théorie de franchissement en houle
régulière.
Afin de calculer le débit franchissant moyen pour des talus lisses, Owen a déterminé deux
paramètres nécessaires à l‟estimation de ce dernier, La revanche adimensionnelle, R *, et le
débit franchissants spécifique adimensionnel, Q*, sont déterminé dans les formules II.22 et
II.23 à partir de la période moyenne Tm et la hauteur significative de la houle au pied de
l‟ouvrage Hs, l‟équation II.24 illustre le rapport entre R* et Q*
Rc Rc
R* (II.22)
Tm gH s H s som 2
Q* q / (Tm gH s ) (II.23)
bR*
Q* a exp
f
(II.24)
Note : de récents résultats d‟essais, rapportés par le Fur et al, (2005), indique que l‟équation
1,19 n‟est valable que pour 0,05 R∗ 0,6 et pour des variations limitées de cambrure
0,035 s0m 0,065.
Les résultats obtenus lors d‟essais, et reportés dans le Manual of Overtopping of Seawalls
publié par l‟agence britannique de l‟environnement (Besley, 1999), donne les coefficients a et
b utilisés dans l‟équation II.24. (Tableau II.8). Ces coefficients concernent les talus lisses à
pente constante.
Tableau II.8. Coefficient a et b de l‟équation II.24 pour des talus lisses et de pente constante
(Manual of Overtopping of Seawalls. Besley, 1999)
Pente a (*10-3) b
1/1 7,94 20,1
3/2 8,84 19,9
2/1 9,39 21,6
5/2 10,3 24,5
3/1 10,9 28,7
7/2 11,2 34,1
4/1 11,6 41,0
9/2 12 47,7
5/1 13,1 55,6
31
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
La figure II.10 présente le débit franchissant, Q*, estimé à l‟aide de la méthode d‟Owen pour
différentes pentes de talus, On remarque que pour des débits importants, les courbes
convergent, ce qui signifie que la pente du talus n‟importe plus au-delà de cette valeur.
Owen (1980), a également conduit des expériences pour des talus lisses à berme (figure II.10),
et qui se sont conclues par la détermination de coefficients a et b spécifiques à des
combinaisons particulières de pentes de talus (figure II.12).
Remarque : Il est fortement déconseillé d‟utiliser ces coefficients pour d‟autres combinaisons
que celles mentionnées, ils ne doivent servir que pour une estimation préliminaire.
Figure II.11. Exemple d‟un profil de talus lisse à berme (CETMEF, 2009)
32
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Figure II.12. Coefficients pour différentes combinaisons de talus lisses à berme (Owen,
1980)
Les travaux de Van Der Meer sur le franchissement, reportés dans le rapport du TAW,
sont exprimés par deux formules : l‟une pour les vagues déferlantes (γb ξm −1,0 2), pour
lesquelles le franchissement augmente avec l‟accroissement du paramètre de déferlement, et
l‟autre pour des vagues non déferlantes (γb ξm −1,0 2), pour lesquelles le franchissement
maximale est atteint.
Ce qui différencie les travaux d‟Owen à ceux du TAW est que ceux de ce dernier couvrent
une vaste gamme de conditions de la houle, et sont représentés par les formules II.25 et II.26.
Houle déferlante
A R 1
q / ( gH m3 0 bm1.0 exp( B c ) (II.25)
tan H m0 m1.0 b f
A R 1
q / ( gH m3 0 bm1.0 exp( D c ) (II.26)
tan tan H m0 f
Où les facteurs de correction sont les mêmes que ceux exposés dans la partie du Run-up, et de
la même manière que pour le run-up, les coefficients A,B,C, et D dans le tableau II.9
33
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
représentent la tendance moyenne de la totalité des données utilisées dans les calculs
déterministes.
Le TAW propose une méthode pour prendre en compte l‟influence des talus à berme sur
le run-up et le franchissement, elle est devisée en deux étapes (équations II.27 et II.28) :
b 1 kb 1 kh (II.28)
Cette méthode n‟est valable que pour les bermes dont la largeur reste inférieure au quart de la
longueur d‟onde au large, L0, et pour une pente de la berme inférieur à 15/1, Les bermes
inclinées doivent être définies comme équivalentes à une berme horizontale (B après= BB).
34
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Le facteur d‟influence k b est calculé à l‟aide de l‟équation II.29. la longueur de berme Lberme
est montrée à la figure II.13.
2H m0
Lberme BB
kb 1 (II.29)
2H m0 Lberme
Lberme BB
L‟influence de la position de la berme peut être déterminée par l‟équation II.30. D‟après le
TAW une berme positionnée au niveau de l‟eau au repos est particulièrement efficace, la
figure [Link]ée du Rock Manual montre les valeurs que prennent hb et x suivant la position
de la berme.
hb
kh 0.5 0.5cos (II.30)
x
Note : les équations qui comprennent le run-up comme paramètre, on aura recourt à un
procédé itératif en prenant pour commencer une valeur R u2% égale à 1.5Hm0 .
35
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
q Rc
0.21exp
gH m3 0 ( f b H m0 0.33 0.22 m1.0 (II.31)
Note : les équations II.25 et II.26 sont valables pour des conditions allant jusqu‟à ξm −1,0 ≈ 5,
Pour des valeurs entre 5 et 7 du paramètre de déferlement, l‟idéale serait d‟interpoler les
résultats obtenus pour les équations II.25 et II.26, et ceux obtenus dans l‟équation II.28.
o Talus rugueux
o Talus rugueux avec noyau imperméable – facteurs de correction–
Dans le cadre du programme CLASH de l‟EU, Pearson et al (2004) ont entrepris des
essais sur divers encochements artificiels sur talus perméables afin de calculer leurs
coefficients de rugosité, Il a été établi que les caractéristiques du franchissement suivent la
tendance générale de la méthode du TAW pour des ouvrages perméables composés d‟un talus
3/2, Le tableau II.11 expose les résultats du CLASH
Tableau II.10. Valeurs de γf pour les ouvrages perméables (Rapport du TAW, 2002a)
Types d‟enrochements ou
Nombres de couches γf pour la méthode du TAW
d‟ouvrage
Enrochement naturel 2 0,40
Cube 2 0,47
Cube 1 0,50
Cube antifer 2 0,47
HARO 2 0,47
Tétrapode 2 0,38
Dolos 2 0,43
Accropode 1 0,46
CORE-LOC 1 0,44
Xbloc 1 0,45
Digue à berme 2 0,40
Shed 1 0,50
L‟influence de l‟incidence de la houle sur les débits franchissants diffère de celle du run-
up, C‟est le rapport de franchissement / , comme rapporté par Besley (1999), et le
36
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
La méthode d‟Owen, qui utilisent les formules de Besley et qui sont représentées par les
formules II32 et II.33. Ces formules valent pour les talus sans berme et avec berme.
q
1 0.000152 2 Pour talus de pente constante et 0 60 (II.32)
q
2
q β 60
1.99 1.93 1.0 Pour talus à berme et 0 60 (II.33)
q 69.8
Pour les angles supérieurs à 60o, il est conseillé d‟utiliser les équations II.32 et II.33.
Pour calculer le volume d‟une vague franchissante dépassée par 2% des vagues incidentes,
V2% (m3/m), il est possible d‟utiliser l‟équation II.34. Tirée des travaux de Van Gent (2003) :
2
V2% R Rc
cV' f c u 2% (II.34)
f Hs
2
Hs
37
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Les réponses structurelles des enrochements aux charges hydrauliques (houles, courants),
dans les digues, les ouvrages de défense contre la mer, et les barrages en enrochement,
peuvent être exprimées pratiquement en utilisant un ou plusieurs paramètres et coefficients
des actions hydrauliques comme :
Quant aux variables de résistance, pour la stabilité, les plus importantes sont :
On associe généralement ces variables et paramètres des actions et des résistances pour
former des nombre adimensionnels (ex : nombre de stabilité, paramètre de Shield, paramètre
d‟Isbash) qui serviront au dimensionnement d‟ouvrages tel que les carapaces en enrochement.
Les valeurs critiques ou admissibles de ces paramètres sont ensuite déterminées par des
formules de calcul ou données de manière explicite, Si la condition de dimensionnement est le
début de mouvement des blocs d‟enrochement naturel ou artificiel, la formule de calcul est
une formule de stabilité.
38
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Tableau II.11. Concepts, formules de stabilité et leur relation avec les types d‟ouvrages,
(Source : Rock Manual, CETMEF, 2009).
Attaque de la houle
Dans le cas de l‟attaque de la houle sur un talus, le paramètre le plus important donnant une
relation entre l‟ouvrage et les conditions de houle, est le nombre de stabilité, Ns,
H
Ns (II.35)
D
39
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
équivalemment de masse M50 (kg) ; la relation entre ces deux paramètres est : � 50 = �
50 3
r w r
1 (II.36)
w w
Attaque du courant
Les principaux paramètres qui décrivent la réponse structurelle vis-à-vis des courants sont
des combinaisons de paramètres hydrauliques et de matériaux.
Parmi les paramètres utilisés dans l‟évaluation des enrochements et des sédiments grossiers,
on retrouve :
2
o Le paramètre de vitesse, 2 que l‟on trouve dans les travaux d‟Isbah (1970),
��
o Le paramètre de la contrainte de cisaillement, ψ, connu sous le nom de
paramètre de Shields, et qui est défini dans l‟équation (II.37)
(II.37)
r w gD
40
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
41
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
En ce qui concerne les paramètres structurels liés aux propriétés de l‟ouvrage, il est utile de
citer les paramètres suivants :
o La porosité de la carapace, nv ;
o La perméabilité de la carapace, du filtre et du noyau ;
o La densité de pose (plan de pose) de la carapace.
Quant à la perméabilité, elle n‟est pas définie de manière classique (comme à l‟aide des
travaux de Darcy), mais est plutôt sous forme d‟un indice qui représente la perméabilité
globale de l‟ouvrage, Il s‟agit d‟un paramètre crucial pour la stabilité de la carapace exposée à
l‟action de la houle, et dépend des dimensions des couches filtres et du noyau.
La densité de pose est paramètre directement lié au plan de pose de la carapace, Ce terme
s‟applique principalement aux blocs dans la carapace, La formule II.38 donne l‟estimation du
nombre de blocs d‟enrochement par unité de surface, N (1/m2).
ta 1 nv nkt 1 nv
N (II.38)
V Dn250
N = Na/A (1/m2) où Na est le nombre de blocs d‟enrochement dans la zone concernée et A est
la surface de la carapace parallèle au talus local, N est parfois appelé « densité de pose » ;
On peut décrire ce comportement de l‟ouvrage par une série de paramètres qui dépendent du
type d‟ouvrage, Les ouvrages statiques stables sont décrits par le nombre de blocs déplacés ou
par l‟évolution du dommage, ce qui veut dire les différences observées de profil avant et après
les tempêtes.
Le dommage subi par la carapace en enrochement peut être exprimé comme un pourcentage
d‟enrochements déplacés par rapport à une zone donnée, Ce dommage peut être exprimé sous
forme de paramètre adimensionnel nommé niveau de dommage adimensionnel, S d, (voir
Broderick, 1983) défini par la formule II.39 et représenté par la figure II.18.
42
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Ae
Sd (II.39)
Dn50
Figure II.18, Dommage, Sd, sur la base d‟une zone érodée (Rock Manual. CETMEF, 2009)
Le nombre réel d‟enrochements perdus au sein de cette bande peut différer de S d, en fonction
de la porosité, de la blocométrie de l‟enrochement et de la forme des enrochements, En règle
générale, le nombre réel d‟enrochements perdus dans une bande de largeur D n50 est inférieur à
la valeur de Sd, Les différents dommages d‟un ouvrage à carapace en enrochement sont
décrits un peu plus loin dans les points qui suivront.
Les analyses de stabilité des ouvrages soumis à l‟attaque de la houle sont habituellement
�
basées sur le nombre de stabilité = , dans lequel H et D sont la hauteur caractéristique
��
de la houle et la taille des enrochements, respectivement, Le non-dépassement du seuil
d‟instabilité ou l‟acceptation d‟un certain niveau de dommage peut être exprimé de façon
générale par l‟équation II.40 (USACE, 2003).
Hs
Ns K1a K 2b K3c (II.40)
Dn50
Cette équation a été longuement étudiée par plusieurs chercheurs et organisations œuvrant
dans le domaine maritime (on citera les travaux d‟Iribarren, Hudson, Van Der Meer et Van
43
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Gent). Ceci a permis de déterminer plusieurs relations empiriques décrivant les interactions
structurelles, donc l‟équilibre des forces qui agissent sur l‟enrochement du talus en avant des
ouvrages, en fonction de ce nombre de stabilité, Pour d‟autres parties des ouvrages intégrant
de l‟enrochement, des formules de stabilité ont aussi été déterminées à partir de l‟équation
II.40.
Pour certaines parties d‟ouvrages spécifiques, la stabilité est plutôt évaluée à l‟aide d‟un
2
paramètre de mobilité � = , basé sur la vitesse orbitale, Cette approche qui concerne les
� � 50
éléments proches du fond, est directement comparable au concept de vitesse critique,
Cette vitesse se révèle pratique dans le cadre du dimensionnement, bien que ce soit les
conditions de vitesses au fond qui déterminent le début du mouvement et l‟érosion.
Le tableau II.12 présente des valeurs typiques de vitesses critiques U1 (m/s), pour des
matériaux non cohésifs et une hauteur d‟eau h=1,0 m.
Les vitesses critiques, Ucr (m/s), pour des hauteurs d‟eau comprises entre 0,3 et 3m, peuvent
être obtenues en multipliant les vitesses critiques du tableau II.13 par des coefficients K1
donnés au Tableau II.13. Ces deux tableaux sont tirés des travaux d‟Isbash (1963).
Critère de stabilité basé sur la vitesse dans le cas d‟enrochements sur un seuil
Isbash et Khaldre (1970) ont présenté un exemple bien connu de critère de stabilité basé sur la
vitesse, Leurs formules empiriques, tirés de résultats expérimentaux, calculés pour des
enrochements exposés et encastrés sur un seuil sont données par les équations II.41 et II.42,
Remarque : Les deux auteurs ont défini U b comme étant la vitesse critique de mouvement des
enrochements (m/s), qui peut être interprétée comme la vitesse près des enrochements et non
comme la vitesse d‟écoulement moyennée sur la profondeur, U (m/s),
Enrochements exposés :
u / 2 g 0.7
2
b
(II.41)
D50
Enrochements encastrés :
u / 2 g 1.4
2
b
(II.42)
D50
Le domaine de validité pour les formules II.41 et II.42, telles qu‟elles ont été élaborés par
Isbash et Khaldre (1970) sont valables pour des hauteurs relatives, h/D, comprises entre 5 et
10.
Cette section a pour sujet la stabilité des carapaces en enrochement naturel côté mer des
ouvrages qui subissent l‟attaque des houles, on cite tout particulièrement les protections
côtières et les digues portuaires.
Ces ouvrages doivent avoir une hauteur de crête telle que la stabilité du talus avant n‟est pas
affectée ni par une transmission forte, ni par un important franchissement de la houle, ni par
un dommage considérable sur la crête ou à l‟arrière de l‟ouvrage.
Les dommages au niveau de la crête et à l‟arrière des ouvrages à crête relativement élevée
seront également abordés.
Les travaux d‟Iribarren (1938), Hudson (1953,1958), Hedar (1960,1986), Van Der Meer
(1988b), et finalement Van Gent et al, (2004) ont donné les formules les plus fréquemment
45
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
L‟approche classique est de donner une estimation de la stabilité des talus recouverts
d‟enrochement naturel de forme anguleuse et rugueux, placés en deux couches sur une couche
filtre d‟enrochement naturel.
La méthode d‟Hudson traitée ci-dessous est conditionnée à la fois pour une eau profonde et
peu profonde, Elle est appliquée seulement aux digues perméables, La méthode de Van Der
Meer, elle, couvre seulement les conditions d‟eau profonde, mais est applicable à une vaste
gamme de conditions structurelles et hydrauliques.
Les effets des autres conditions et paramètres structuraux sont évalués par l‟utilisation de
coefficients de correction ou par des formules explicites, elles sont traitées à la suite des
recommandations classiques exposées ci-dessus, La figure II.14, expose la méthodologie et
chronologie du développement des formules stabilité proposé par le Rock Manual,
46
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
L‟équation II.43 mise au point par Hudson (1953, 1959), et appelé formule d‟Hudson
repose sur des essais sur modèles dans des conditions de houle régulière sur des ouvrages en
enrochement non-franchis, et à noyau perméable,
Cette formule donne la relation entre le poids médian de l‟enrochement, W50 (N), la hauteur
de la houle en pied d‟ouvrage, H (m), et les différents paramètres structurels pertinents.
r gH 3
W50 (II.43)
K D 3 cot
Il est acceptable, pour des fins de dimensionnement, que 0 à 5 % des enrochements situés
entre la crête et le niveau d‟une hauteur de vague en dessous du niveau de l‟eau au repos
soient déplacés de cette zone.
47
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Pour le Shore Protection Manual (SPM) (CERC, 1977), les valeurs de KD données pour un
enrochement rugueux, angulaire, et placé aléatoirement en deux couches sur la section
courante d‟une digue étaient KD = 3,5 pour des houles déferlant en avant de l‟ouvrage, et
KD=4 pour des houles ne déferlant pas en avant de l‟ouvrage.
Bien qu‟aucun essai n‟ait été effectué en présence d‟une houle aléatoire, il a été initialement
suggéré dans le SPM (CERC, 1977) d‟utiliser H s dans l‟équation II.43.
Dans le SPM (CERC, 1984), il a été conseillé d‟utiliser H1/10 = 1,27 Hs comme hauteur de la
houle de dimensionnement dans l‟équation II.43.
D‟ailleurs, la valeur de KD pour des vagues déferlantes a été revue et diminué de 3,5 à 2,
tandis que la valeur du même paramètre a été maintenue en cas de vagues non déferlantes, ce
qui signifie que l‟application de la formule de Hudson dans le SPM (CERC,1984) induit un
poids d‟enrochement largement plus élevé qu‟en se référant au SPM (CERC, 1977).
Le principal avantage de la formule d‟Hudson est sa simplicité, ainsi que la grande variété
d‟enrochement et de configurations pour lesquelles des valeurs de KD ont été calculées.
Dans le cas pratique, il est possible de remédier aux problèmes qui risquent de survenir de ces
limites (particulièrement la perméabilité de l‟ouvrage et la houle régulière) en utilisant
différentes valeurs particulières du coefficient de stabilité (ou de dommage), KD, car ces
limites sont à l‟origine d‟écart plus ou moins importants observés entre les estimations et la
situation réelle, comme le montre la figure II.16.
L‟équation 1,40, formule originale d‟Hudson, peut être reformulée en utilisant H 1/10 = 1,27 Hs
�
et en fonction du nombre de stabilité = �� , L‟équation II.41 donne la relation entre ce
50
paramètre de stabilité, le coefficient de stabilité KD, et le talus de l‟ouvrage, tout en utilisant la
1
relation � 50 = 50 3
�
entre la masse médiane de l‟enrochement et le diamètre nominale
médian.
1
Hs K cot 3
D (II.44)
Dn50 1.27
On peut calculer la taille de l‟enrochement avec la formule II.44 seulement en utilisant des
valeurs de KD calculées pour une utilisation avec H1/10 (KD = 2) pour une houle déferlante et
48
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Les talus uniformes sont dans la majorité du temps recouverts par des enrochements naturel
ou artificiels, seul un dommage limité est autorisé en scénario de dimensionnement extrême,
Ces types d‟ouvrages sont appelés „ouvrages statiquement stables‟, et les dimensions des
blocs constituant la carapace doivent être établies de façon à ce que le nombre de stabilité Ns,
soit dans un intervalle entre 1 et 4, (Rock Manual, CETMEF, 2009).
Des pourcentages de dommage plus élevés ont été définis en fonction de la hauteur de la
houle pour différentes types de carapaces, Le tableau II.15 présente Hs / Hs ; D=0 en fonction du
pourcentage de dommage, D (%), Hs ; D=0 étant la houle de dimensionnement correspondant à
un dommage de 0 à 5%, que l‟on appelle généralement la condition de dommage nul.
L‟utilisation de l‟Equation II.44 est valable dans les situations où le niveau de dommage est
fixe, à savoir lorsque 0 à 5% des blocs d‟enrochement sont déplacés dans la zone d‟attaque
principale de la houle, Cette utilisation peut être étendue à d‟autres pourcentages de dommage
avec le tableau II.16.
Il est possible d‟appliquer l‟équation II.44 pour les niveaux de dommages donnés par le
paramètre, Sd, Van der Meer (1988b) a proposé d‟utiliser l‟équation II.45 comme expression
du nombre de stabilité, Ns.
1
Hs
0.7 kd cot 3 Sd0.15 (II.45)
Dn50
�
Où � est le niveau de dommage adimensionnel, � = � 2 et � : surface érodée du profil
50
(m2), voir la figure II.17.
49
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Pour les conditions en eau profonde, Van der Meer (1988b) a élaboré des formules
d‟estimation de la stabilité sur des talus uniforme en enrochement dont les crêtes dépassent le
niveau maximal de run-up.
Ces formules (II.46 et II.47), basées sur les travaux de Thompson et Shuttler (1975) et sur
une grande quantité d‟essais sur modèles en eau profonde, sont plus complexes que la formule
d‟Hudson, En revanche, elles incluent les effets de la durée de la tempête, de la période de la
houle, de la perméabilité de l‟ouvrage ainsi qu‟un niveau de dommage clairement défini. Ces
formules ont été élaborées pour distinguer le déferlement plongeant et le déferlement gonflant
(voir également la figure II.19.
0.2
Hs S
c pl P 0.18 d m0.5 (II.46)
Dn50 N
0.2
Hs S
cs P0.13 d cot mp (II.47)
Dn50 N
Où
50
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Avantages et inconvénients
Les formules de Van der Meer, bien qu‟elles soient très souples et applicable à une vaste
gamme de conditions structurelles et hydrauliques, ont un domaine de validité restreint aux
houles en eau profonde.
Ces formules ont été largement utilisées et testées depuis 1988, Il est à noter que la plupart
des recherches sur la stabilité des carapaces en enrochement sont allées dans le sens des
tendances générales des formules de Van der Meer, malgré quelques extensions effectuées
pour évaluer l‟influence d‟autres paramètres, tels que la forme des blocs (Bradbury et al,
1991) et les densités de pose (Stewart et al, 2003a) qui s‟écartent des conditions des essais.
L‟influence de l‟eau peu profonde avec une houle limitée par la profondeur a été abordée dans
une certaine mesure dans les travaux initiaux de Van der Meer (1988b) et, plus récemment,
par les recherches complémentaires de Van Gent et al, (2004).
La définition de l‟eau peu profonde est d‟une importance capitale pour la limité du
domaine de validité des formules de Van der Meer élaborée pour l‟eau profonde, Certains
chercheurs définissent la transition entre une eau profonde et une eau peu profonde autour
d‟une hauteur d‟eau h en-pied = 3 HS en- pied.
D‟autres chercheurs, ont étudié les conditions en eau très peu profonde, ont défini l‟eau
très peu profonde, où se produit le déferlement en grande quantité, comme la condition à
laquelle HS en- pied ≤ 70% de la hauteur de la houle au large, Hs0 (Van Gent, 2005). Cette
transition est basée sur plusieurs dimensionnements récents, la zone intermédiaire, où se
produit le shoaling ainsi qu‟un déferlement limité, peut ainsi être défini comme une eau peu
profonde,
51
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Comme cité auparavant, l‟action de la houle change en eau peu profonde, la distribution
des hauteurs des vagues s‟écarte de la distribution de Rayleigh. Afin de prendre en
considération cette nouvelle distribution, la stabilité de la carapace serait mieux exprimée,
dans les conditions limitées par la profondeur, en prenant la hauteur de la houle à 2% (H 2%), à
la place de la hauteur significative H s (Van der Meer, 1988b).
Pour parvenir aux formules en cas d‟eau peu profonde, il y a lieu de reformuler les formules
II.46 et II.47 de Van der Meer applicables aux eaux profondes, Cela est possible en
augmentant les valeurs des coefficients Cpl et Cs pour atteindre des valeurs égales à 8,7 et 1,4,
respectivement.
c. Analyse de stabilité pour les eaux peu profonde (modifié par Van Gent)
Cela veut dire que les coefficients Cpl et Cs doivent être ajustés, Il n‟est pas possible de
calculer Cpl et Cs car la finesse du pic spectral change lors du déplacement de la houle en eau
peu profonde. Sur la base des essais de Van Gent et al, ces coefficients ont pu être déterminés
à l‟aide d‟une analyse de régression. Il en résulte formules de stabilité modifiées, données ici
par les équations II.48 et II.49.
Où
H2%, hauteur significative de la houle, H1/3 de la houle incidente en pied d‟ouvrage (m) ;
52
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Le tableau II.16 tiré du Guide est enrochement (CETMEF, 2009), présente les différents
paramètres utilisées dans les formules II.48 et [Link] que leur domaine de validité.
Tableau [Link] de validité des différents paramètres des formules II.48 et II.49
Dans les conditions extrêmes, l‟apparition d‟un dommage peut être tolérée, tandis que seul un
dommage mineur pourrait être acceptable dans des conditions moins extrêmes, Cette décision
doit être sujette à une analyse des coûts à effectuer séparément (Rock Manual, CTMEF, 2009)
La durée de la tempête donne le nombre de vagues : N = durée (h) / Tm (s) * 3600 (s/h), Pour
le régime de fortes marées, cette durée peut être influencée par le temps pendant lequel l‟eau
reste à un niveau élevé.
53
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Ce dernier peut présenter des variations (plus perméable signifie que l‟ouvrage est plus stable,
ou encore qu‟un enrochement de plus petite dimension peut être nécessaire). Dans la plupart
des cas, toutefois, ce paramètre ne peut varier que dans une certaine mesure, puisque c‟est la
section de l‟ouvrage dans son ensemble qui détermine en grande partie ce facteur.
Ceci permet alors de choisir l‟équation adaptée, soit l‟Équation II.48, soit l‟Équation II.49. Si
la pente est inférieure à 4/1, seule l‟Équation II.49 doit être utilisée, que le paramètre de
déferlement ξm soit inférieur ou supérieur à la valeur de transition, ξcr.
Le résultat de ce dimensionnement préliminaire doit être vérifié en effectuant des essais sur
modèles physiques et en tenant compte d‟un coefficient sécuritaire.
54
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Lorsque le noyau est constitué d‟enrochement nature à granulométrie très étendue, il est
recommandé d‟utiliser Dn15 noyau , Le domaine de validité de cette formule est le même que
pour celui de l‟eau peu profonde dans les formules de Van der Meer.
La figure II.20 présente une analyse comparative faite entre les données de Van der Meer et
celles de l‟équation de Van Gent.
Il a été constaté que la formule II.50 engendre plus ou moins la même précision que les
équations de Van der Meer pour une eau peu profonde, utilisant la période énergétique T m-1,0,
Cette formule est très précieuse en cas d‟absence d‟informations sur le ratio H2% /Hs et en
particulier pour les ouvrages dont le noyau est perméable La figure II.20 (CETMEF) donne un
aperçu des champs d‟application des différentes formules de stabilité étalées auparavant.
Les formules de stabilité sont très largement empiriques, Toutefois, les chercheurs tentent
régulièrement de mener des modélisations plus théoriques. Les travaux menés par Hattori et
al, (1990).
Un modèle de stabilité nommé Hamabit a été développé, Les chercheurs ont utilisé un
modèle monodimensionnel afin de simuler les écoulements à l‟extérieur et à l‟intérieur de la
structure dans le but de déterminer, à chaque pas de temps, les efforts hydrodynamiques
exercés sur les blocs.
Ce type de calcul qui a été réalisé avec succès grâce à l‟utilisation de paramètres
judicieusement choisis porte sur un bloc monocouche en pose rangé, et donc une géométrie de
contacts définis, On imagine aisément la dispersion des résultats des calculs faits sur une pose
aléatoire.
Ces procédés mentionnés ci-dessus, en dépit des incertitudes liés à leur mise en œuvre, sont
plutôt prometteurs vers une compréhension meilleure du comportement spécifique des divers
blocs, Malheureusement, ces approches théoriques devront rester encore restreintes au
55
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Tableau II.17. Champ d‟application des différentes formules de stabilité des carapaces en
enrochement (Rock Manual. CTMEF, 2009)
Il existe en ce moment peu d‟informations disponibles sur l‟effet de la pente de fond au-
devant de l‟ouvrage sur la stabilité des carapaces en enrochements naturels, quoi qu‟il y a des
exemples de dommage dans ces conditions spéciales qui montrent qu‟il faudrait appliquer un
certain coefficient de sécurité sur la taille des enrochements lors des études préliminaires
(CTMEF, 2009).
56
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
La seule information disponible jusqu‟à aujourd‟hui est qu‟on peut prendre comme règle
empirique l‟augmentation de la taille de l‟enrochement de 10% après avoir obtenu leur taille
en situation normale (calcul usuel),
Les résultats des expériences ont validé les équations de stabilité de Van der Meer (1988b) et
les autres formules de stabilité pour une granulométrie étroite (D85 /D15 < 2,25), Cependant,
les granulométries étalées subissent un dommage légèrement supérieur à celui qui est estimé
pour les granulométries étroites. Des références supplémentaires sont mentionnées dans
Allsop (1995), A partir de ces informations, il est recommandé fortement que l‟application
des formules de stabilité de Van der Meer (eau profonde et peu profonde), ainsi que la
formule simplifié de Van Gent, soit limitée aux granulométries étroites.
Les effets de la forme de l‟enrochement sur la stabilité ont été décrits par Lahtham et
al, (1988), Ils ont testé la stabilité des talus en enrochement de différentes formes, parmi
elles, on trouve les formes arrondies, semi-arrondies, et tabulaire. Les constatations ont été
que les enrochements de formes arrondies subissaient les plus de dommage, contrairement
aux enrochements tabulaires qui présentent une bien meilleure stabilité.
Les formules de Van der Meer (pour les eaux profondes et peu profondes) peuvent être
donc prendre en charge ces constatations en ajustant les coefficients c pl et cs en les
multipliant par les facteurs donnés par le tableau II.18.
57
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Les résultats des essais, comparés aux formules de Van der Meer (1988b), pour des couches
disposées aléatoirement, ont montré que les couches soigneusement disposées avaient, en
général, un comportement plus stable que celui des enrochements disposés aléatoirement.
Une autre étude, faisant suite à la précédente, proposant une relation entre la stabilité de la
carapace de l‟ouvrage et la porosité de la couche, D‟après la majorité des chercheurs, il existe
une relation entre l‟amélioration de la stabilité et la faible porosité de la couche.
Il n‟existe que peu d‟informations concernant la progression du dommage, et que très peu
d‟indications sur les actions directes ou indirectes exercées par la houle, Puisque la stabilité
peut varier pour des raisons diverses, on conseille d‟avoir recours aux essais sur modèles
physiques pour tous les blocs d‟enrochement artificiel complexes.
Pour les enrochements artificiels, on utilise souvent un béton dont la masse volumique plutôt
classique, comprise entre 2200 Kg/m3 et 2600 kg/m3 (Δ ≅ 1,2 − 1,6), sauf les cubes, qui ont
parfois une masse volumique beaucoup plus élevée (généralement 3000 kg/m3).
Des recherches menées sur des blocs cubiques indiquent que la densité élevée peut être utile
pour la stabilité, et que le dommage, comme pour les blocs cubes de densité normale, peut
être exprimé par le paramètre de stabilité Ns = Hs /(ΔDn ) .
Le problème avec les très gros blocs, même s‟ils sont nécessaires à la résistance contre
l‟action de la houle, est que le placement et balancement de ces derniers peut entraîner une
rupture de blocs, et par conséquent endommager l‟ouvrage. Parmi les blocs placés en double
couche, on trouve les tétrapodes et les cubes.
58
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
Dans les systèmes à simple couche, on retrouve les ACCROPODE qui sont les plus répondus,
Le comportement de ces blocs soumis à l‟attaque de la houle peut différer de celui des
systèmes à double couche traditionnels.
Figure II.21. Classification des blocs d‟enrochement artificiels selon leur poids et
disposition (CTMEF, 2009)
Des talus assez raides sont préférables pour garantir l‟imbrication et réduire les coûts, Il
est à noter que l‟angle de talus a peu d‟effet sur la stabilité (voir Brosen et al, 1975).
Pour des couches disposées en double couche sur un talus de pente 3/2 avec 3 < ξm < 6,
l‟équation II.51, établie par Van der Meer (1988a), et basée sur des conditions de houle non
limitées par la profondeur, donne la relation entre le nombre de stabilité, le niveau de
dommage, Nod, les conditions de houle et les paramètres structurels.
Hs 0.4
Nod 0.1
6.7 0.3 1.0 som (II.51)
Dn N
59
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
b. Tétrapode
Van der Meer (1998a) propose la formule de stabilité (équation II.52) pour des
tétrapodes disposés en double couche avec les mêmes conditions que pour les cubes en
double couche vus précédemment.
Hs N
0.5
0.2 (II.52)
3.75 od 0.85 som
Dn N
Il est a été constaté que pour les formules II.51 et II.52, la stabilité diminue lorsque la
cambrure augmente, Il en va de même pour les enrochements naturels en cas de déferlement
gonflant de la houle.
De Jong (1996), a constaté que pour les tétrapodes, il y a une transition entre le déferlement
gonflant et le déferlement plongeant similaire à celle des carapaces enrochement naturel.
La formule II.53 a été d‟ailleurs proposée par le même chercheur pour un cas de déferlement
plongeon, alors que l‟équation 1,49 ne sert désormais que pour un déferlement plongeant.
H s N od 0.2
0.5
Il a ensuite été découvert que le nombre de stabilité de l‟équation II.53 pouvait être augmenté
à l‟aide d‟un facteur représentatif d‟une revanche, Rc, le coefficient de densité de pose, est lié
au coefficient d‟épaisseur de couche, kt, par la relation φ = n k t 1 − nv
L‟équation II.54 est devenue la formule de stabilité pour les tétrapodes dans des conditions
de déferlement plongeant.
H s N od 0.2
0.5
Rc
8.6 2.6 1.25 1 0.7 exp 0.61 (II.54)
Dn N
k s
t
om D
n
c. ACCROPODES
Van der Meer (1988a) a étudié les blocs ACCROPODES et a constaté que la durée de la
tempête et la période de la houle n‟avaient aucune influence sur la stabilité hydraulique, Il a
également été déterminé que les critères de dommage nul et de rupture pour les ce genre de
blocs étaient très proches.
Des essais ont été effectués dans des conditions de houle non déferlantes sur des talus de
pente 4/3.
60
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer
La stabilité des carapaces en blocs ACCROPODES est donc exprimée par deux formules
simples (l‟équation II.55 pour le début du dommage et II.56 pour la rupture basée sur un
nombre de stabilité fixe).
Ces formules doivent être accompagnées d‟un coefficient de sécurité équivalent à 1,5 pour le
dimensionnement.
Hs
3.7 Début de dommage, Nod= 0 (II.55)
Dn
Hs
4.1 Rupture, Nod > 0,5 (II.56)
Dn
La figure II.19 propose des valeurs de dimensionnement pour le nombre de stabilité utilisés
pour une étude préliminaire. Il est tout de même conseillé de se reporter aussi aux formules de
dimensionnement et aux références présentées dans ce travail.
Conclusion :
La stabilité hydraulique des carapaces en enrochement naturel et artificiel est sujette à de
maintes études, et ne cesse de se développer et croître au fil des années. Les formules de
stabilité entamées dans cette étude doivent servir uniquement à un dimensionnement
préliminaire des digues à talus.
La décision finale pour le concepteur doit être faite après avoir conduit des essais sur modèles
réduits, afin d‟optimiser les résultats et obtenir une variante optimum.
61
CHAPITRE III
Introduction
La stabilité des carapaces en enrochement naturel est un sujet qui fait encore l‟objet de vastes
recherches et expérimentations vu de l‟importance majeure que jouent ces dernières dans le
dimensionnement et le bon fonctionnement de l‟ouvrage.
Ce chapitre est consacré en premier lieu à la présentation de l‟élaboration d‟un code de calcul de
stabilité des digues à talus enrochement en cas de faible profondeur d‟eau, nommé STAB 3M. Celui-ci
est composé de deux parties.
La première partie servira à déterminer les dispositions nécessaires à apporter à la carapace pour que
celle-ci soit stable et résiste aux actions de la houle de dimensionnement. Pour y parvenir nous
utiliserons les formules de stabilités introduites dans le chapitre précédent. Il ne s‟agit, bien
évidemment, que d‟un pré dimensionnement ou orientation pour les essais en canal à houle.
Après la détermination des dispositions mentionnées ci-dessus, la deuxième partie ce code de calcul
permettra d‟introduire des données expérimentales tirés d‟essais en canal à houle et de les calés avec
les courbes théoriques issues des formulations (Chapitre II) afin de valider le choix de la variante qui a
été retenue.
Il est développé par la société The MathWorks, permet de manipuler des matrices, d'afficher des
courbes et des données, de mettre en œuvre des algorithmes, de créer des interfaces utilisateurs, et peut
s‟interfacer avec d‟autres langages comme le C, C++, Java, et Fortran. C‟est aussi un outil interprète,
qui exécute les opérations demandées séquentiellement, avec possibilité de boucle, test et s aut. Il ne
manipule que des données numériques et ne sait effectuer aucun calcul formel à priori.
Il est à noter aussi que nous avons utilisé la version gratuite (dite version d‟essais) de MATLAB, qui
est gratuite, et ne comporte pas quelques modules du logiciel. Ces modules ne nous seront pas utiles
dans notre étude.
62
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur
Dans La première partie du code de calcul, cette organigramme repose essentiellement sur les
variables d‟entrées dont on a besoin pour le calcul de stabilité et qui ont été abordées dans le chapitre
précédent, parmi ces variables on trouvera : Hs. Les différentes Périodes de houles …etc. Puis on
procédera en introduisant les formules de stabilités d‟Hudson, Van der Meer (Eau profonde), et Van
der Meer – modifiée Van Gent – (Eau peu profonde).
Après avoir déterminé la masse médiane des enrochements à utiliser ainsi que leur diamètre, une
boucle conditionnelle (SI) nous donnera une recommandation pour la masse des enrochements à
prendre en considération pour les essais physiques sur canal à houle.
Les figures qui vont suivre représentent les étapes de calcul de la partie pré dimensionnement qui
précède le calage expérimentale.
63
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur
A B
64
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur
A B
C D
C D
66
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur
La deuxième partie du programme consiste à faire un calage des courbes théoriques avec les valeurs
expérimentales obtenues lors d‟essais en canal à houle après avoir introduit la masse des enrochements
qui a été retenue dans les essais.
Il s‟agit d‟introduire des valeurs de Hs et leur dommage Sd engendré par cette même houle afin de
déduire quelle est la formule de stabilité qui représente le plus fidèlement cette dispersion de points.
Ceci nous permet aussi de savoir si la masse (ou diamètre) retenue pour les essais font preuve d‟un
surdimensionnement ou au contraire, qu‟ils ne sont pas suffisant pour faire face à l‟impact de la houle
sur l‟ouvrage.
68
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur
Remarque :
Conclusion
La stabilité des digues à talus en mer est un paramètre très sensible aux variations des conditions de la
houle, ceci peut emmener dans la plupart du temps à un surdimensionnement de l‟ouvrage entrainant
des coûts onéreux au projet d‟un aménagement côtier ou portuaire.
Le code élaboré de calcul peut se révéler utile pour l‟étude de la stabilité des digues à talus en
enrochements naturels en faible profondeur suivants les différentes méthodes évoqués au chapitre
précèdent, dans la mesure où ça nous permet d‟avoir une meilleure idée sur la masse et le diamètre des
enrochements naturels nécessaires pour supporter l‟action de la houle de dimensionnement. Ceci peut
se révéler être une solution qui permet de s‟orienter vers la variante optimum en matière de
caractéristiques des enrochements nécessaire (masse et diamètre) pour la stabilité de la digue.
69
CHAPITRE IV
Introduction
Ce chapitre a pour but de mettre en évidence les interactions hydrauliques, ainsi que
leur influence sur la stabilité des talus digues en mer, et notamment en faible profondeur
d‟eau.
Afin de bien mener cette procédure, il est utile de chercher et de disposer de quelques valeurs
expérimentales menées en laboratoires lors d‟essais en canal à houle. On tâchera dans la
première partie de ce chapitre de faire une présentation du dispositif expérimental mis en
service par le laboratoire des études Maritimes (LEM) pour acquérir les différentes données
nécessaires à la mise en marche de notre code de calcul sur le plan quantitatif, mais aussi du
point de vue qualitatif. Ensuite on exposera les résultats obtenus pour un cas réel.
La deuxième partie de ce chapitre se portera sur l‟utilisation du code de calcul mis au point
précédemment, en introduisant les différentes données de départ ainsi que les résultats
expérimentaux issus du canal à houle, puis de procéder par une étude comparative des
résultats expérimentaux et théoriques obtenus par les méthodes de calcul évoquées
précédemment.
Les essais sur modèle physique ont réalisé au Laboratoire d‟Etudes Maritimes (LEM), en
canal à houle à parois en verre de 15 mm d‟épaisseur de 40 m long et 0,6 m de largeur et
d‟une profondeur de 1,0 m. Le canal à houle est équipé d‟un générateur piston de houle
régulière et aléatoire permettant d‟étudier les problèmes d‟agitation en 2D,constitué :
70
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer
La modélisation est un outil de dimensionnement qui peut être définie comme une
représentation fidèle de la réalité sous une forme qui permet d‟effectuer une observation et
des mesures précises de phénomènes qu‟on cherche à observer en temps réel. La
représentation ne peut être jugée fidèle que si l‟intégralité des paramètres réduits à l‟échelle
du modèle font l‟objet d‟une très grande attention, et une grande précision.
Les paramètres hydrauliques relatifs aux ouvrages en enrochements et qui peuvent faire
l‟objet d‟une modélisation sont les niveaux d‟eau, les caractéristiques de la houle, la réflexion,
le run-up, le franchissement et la transmission de la houle, les efforts (exercées soit sur un
bloc soit sur l‟ensemble de la carapace), la stabilité des carapaces, et de certaines parties
d‟ouvrages constituées d‟enrochements naturels.
Il y a lieu tout d'abord de rappeler que les modèles réduits physiques hydrauliques doivent
satisfaire à une similitude géométrique et à une similitude cinématique et dynamique. En
effet, le but de tels modèles est de reproduire des mouvements de l'eau et son action sur des
obstacles (ouvrages,...).
En hydraulique maritime, les deux phénomènes à représenter sont la marée et la houle. Dans
notre cas (Méditerranée) seule la dernière est prise en considération. Les problèmes liés à la
propagation de la houle étudiée sur le modèle réduit, sont surtout ceux liés à la combinaison
de la réfraction et la diffraction.
L'échelle de réduction géométrique, noté λ, étant choisie pour satisfaire du mieux possible les
différente contraintes de réalisation du modèle tout en garantissant une représentativité des
phénomènes et uni précision de leur mesure suffisante, le choix de la similitude consiste à
convenir d'une ou de plusieurs relations entre l'échelle de réduction géométrique et les
échelles de représentation des autres grandeurs.
Pour ce type d'essai, la nature des principaux phénomènes mis en jeu suggère de privilégier la
représentation des forces déterminantes représentées par les forces de gravité et d‟inertie. Pour
cela, il est nécessaire que la similitude soit établie pour un nombre de Froude invariant :
V
F (IV.1)
gD
71
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer
En opérant dans le même champ de pesanteur que celui du prototype et en adoptant une
représentation invariante des accélérations, le respect de ce critère détermine les échelles des
vitesses, donc des temps d'une part et des volumes, donc des masses et des poids d'autre part :
Pour des raisons de simplicité pratique, le LEM s‟est contenté de ne respecter que cette
similitude dite similitude de Froude. Il en résulte quelques distorsions sur certains
phénomènes généralement secondaires pour la dynamique du modèle.
Distorsions
Pour que la représentation des forces de viscosité soit correcte, il est théoriquement
nécessaire que la similitude adoptée laisse invariant le nombre de Reynolds :
VD
Re (IV.2)
Avec:
Or. L‟adoption à priori de la similitude de Froude impose une échelle de λ3/2 pour le
groupement VD.
Pour satisfaire à la fois aux critères de similitude de Froude et de Reynolds, il serait donc
théoriquement nécessaire d'utiliser pour ce modèle, un fluide de très faible viscosité, 1/189,57
fois celle de l'eau dans œ cas. Cette impossibilité pratique conduit très généralement à préférer
le simple choix de l‟eau pour le modèle et donc à accepter une distorsion sur la représentation
du nombre de Reynolds, distorsion d'autant plus importante que l‟échelle de réduction des
longueurs est plus grande. Cependant, pour une échelle donnée, les conséquences pratiques de
cette distorsion (distorsion des seules forces de viscosité) restent relativement négligeables
tant que le modèle fonctionne dans des conditions d'écoulement telles que les forces de
viscosité restent négligeables.
Dans notre cas on a choisi comme objet d‟étude, un brise lame qui se trouve en faible
profondeur d‟eau, étant donné qu‟en Algérie, les digues à talus se font uniquement comme
étant des ouvrages portuaires se trouvent en eau profonde étant donné leur coût. Le canal à
houle a pour objet l‟étude de stabilité intérieur du brise lame central de la protection de
KITANI, et sera testé pour des enrochements naturels.
72
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer
Choix de l‟échelle
Compte tenu des dimensions du canal, ceux de l'ouvrage et son implantation, ainsi que des
conditions hydrographiques, l'échelle du modèle retenue est le 1/40.
Les houles retenues pour les essais en canal sont de direction Nord 360° (c‟est-à-dire que
le canal ne prend en compte que les houles frontales et qui sont d‟ailleurs celles qui causent le
plus de dommages pour l‟ouvrage). Cette dernière enregistre des houles plus significative que
les autres directions à une profondeur -20.00m (voir figure IV.2).
Chaque catégorie d`enrochements fait l'objet d'un tri soigné. En ce qui concerne le tout-venant
de carrière il est soumis à un lavage préliminaire afin d'éliminer les éléments fins susceptibles
de déformer la représentation de la perméabilité de l'ouvrage. Les matériaux de construction
utilisés dans cette étude sont résumés dans le tableau ci-après.
73
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer
Tableau IV.1. Caractéristiques des matériaux utilisés pour les essais (LEM, Juin 2014).
e n.c.v1/3 (IV.3)
où
n : nombre de rangées ; c: coefficient de couche dépendant de la forme des blocs
c (enrochements) = 1,15 ; v : volume du bloc.
P : Indice des vides = 35% pour les enrochements.
Construction de la digue à talus dans le canal
La maquette du tronçon de la digue de protection est construite dans le canal vide, par
simple mise en place naturelle des différents éléments.
Calibration du modèle
Dans le but d'étudier les conditions de houles les plus défavorables, le L.E.M a jugé
nécessaire de prendre en considération dans cette étude en modèle, deux niveaux d'eau :
o Période de pointe
Pour les besoin de l‟étude en modèle, il est demandé de faire correspondre à chaque
modèle de la houle une période de pointe.
74
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer
o Houle de dimensionnement
Pour des fins de dimensionnement technico-économique, c‟est la houle ayant une période
de retour de 20 ans qui a été retenue, elle est mesurée au pied de l‟ouvrage, et donné par
rapport au plan d‟eau au repos. Cette Houle a une valeur Hs= 2.88 pour une période de pic
Tp= 13.85.
Figure IV.3. Exemple de réalisation des essais d‟étude de stabilité de talus sur modèle
physique en canal à houle (sous autorisation LEM, 2016)
Après avoir mené les essais sur le modèle physique à l‟issu d‟agitation de n vagues, il est
primordiale de constater durant ces essais les dommages sur le talus au niveau de la carapace
coté mer pour différentes valeurs de la hauteur significative Hs au pied de l‟ouvrage.
L‟observation des dégâts est principalement faite pour les zones sensibles à l‟ouvrage,
notamment la carapace. Les dégâts serviront à évaluer la stabilité de la carapace.
75
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer
Le pourcentage de dommage (ou déplacement relatif dans une zone donnée) est déterminé par
l‟équation IV.3. Il s‟agit du rapport entre le nombre de blocs déplacés et le nombre total de
blocs initialement présents dans la carapace.
L‟équation IV.4 relie les nombres de blocs déplacés Nd au niveau de dommage subi par les
carapaces en enrochement naturel Sd.
Où
Le tableau IV.2 récapitule les résultats des dommages correspondant à chaque interaction de
la houle avec l‟ouvrage.
Tableau IV.2. Observation du dommage sur la carapace de la digue lors des essais en canal à
houle (LEM, 2016)
76
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer
3,28 8,36
3,3 9,88
Comme il est indiqué dans le chapitre précédent, la première partie du calcul de stabilité
consiste au pré dimensionnement de l‟ouvrage à partir de la houle de dimensionnement
choisie par l‟ingénieur responsable du dimensionnement.
Le tableau IV.3 expose les données d‟entrées relatives au cas étudié (Brise lame de Bab El
Oued) nécessaires à l‟exécution du programme.
77
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer
En introduisant ces paramètres, le code que nous avons établi se chargera de calculer la
masse des enrochements nécessaires pour la stabilité de la carapace contre l‟action de la houle
de dimensionnement.
La masse des enrochements est calculée par les formules d‟Hudson, Van der Meer (Eau
Profonde), Van der Meer – modifiées par Van Gent – (2004). Les résultats sont les suivants :
Masse de Diamètre de
Méthode de dimensionnement de la carapace l’enrochement l’enrochement
déterminé (kg) calculé (m)
Hudson (1959) 10847,38 1,60
Van der Meer (1988b)
9611,08 1,54
Eau profonde
Van der Meer
(modifiée Van Gent 2004) 7559,3652 1,42
-Eau peu profonde-
Après avoir fait le pré dimensionnement, notre programme STAB 3M analysera dans quel
condition se trouve l‟ouvrage (eau profonde ou peu profonde) et nous recommandera la taille
et la masse de l‟enrochement à utiliser pour les essais en canal à houle.
Il est nécessaire de rappeler que les valeurs obtenues par le pré dimensionnement ne servent
que d‟indicateur, c‟est une simple orientation vers la variante optimale à retenir. Le choix
final se fera après avoir obtenu des résultats satisfaisant en canal à houle.
Par la suite, le programme demande de lui fournir la masse des enrochements retenu pour les
essais, des valeurs aléatoires de la houle significative Hs afin de construire les courbes
théoriques, ainsi que les résultats obtenus lors des essais.
A l‟issu des essais, la masse retenue est M_50 = 10 tonnes = 10000 kg. Il faut dire qu‟en
Algérie, la plupart des digues conçues sont dimensionné suivant les critères d‟Hudson peu
importe les conditions dans lesquelles se trouve l‟ouvrage.
Afin de ne pas s‟écarter trop de la houle de dimensionnement et des essais, il est recommandé
de prendre pour valeurs aléatoires de la houle, des valeurs qui ne s‟éloignent pas de cette
78
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer
dernière. On a donc choisit de prendre 9 points : Hs_exp (1.5, 2, 2.2, 2.6, 2.8, 3, 3.2, 3.4). Pour
les valeurs expérimentales, on a introduit les valeurs du tableau IV.2. La figure IV.5, illustre
clairement les résultats du code de calcul.
Figure IV.5. Etude comparative entre les résultats expérimentaux sur modèle physique et les
résultats théoriques des différentes méthodes par le code de calcul STAB 3M
79
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer
valeurs ne s‟écartent pas trop des formules de Van Gent, le taux d‟erreur ne dépasse d‟ailleurs
pas les 6%.
A la lumière des résultats obtenus par les différentes méthodes de stabilité de talus, on peut
affirmer que la méthode de Hudson offre plus de sécurité, par contre induit un surcoût sur le
plan économique à l‟ouvrage.
Pour cette raison, il est plus commode d‟examiner la stabilité de talus dans le cas d‟agitation
de la houle en eau peu profonde suivant d‟autres critères et d‟autres méthodes de calcul qui
reflètent mieux le comportement de la carapace du talus de la digue.
L‟application des méthodes de calcul de Van der Meer (1988b) et Van Gent (2004) offrent
des opportunités économiques dans le choix des dimensions des matériaux de la carapace et
de la variante à retenir pour le projet.
Conclusion
Les résultats des travaux expérimentaux réalisés en canal à houle au laboratoire d‟études
maritimes (LEM), et comparés aux différentes méthodes de calcul de stabilité de talus pour
des houles en eau profonde et peu profonde, ont permis de dégager les enseignements
suivants :
- Le modèle de Hudson (1958) est plus adapté aux conditions de houles en eau
profonde.
- Le modèle de Van der Meer (1988b) présente des résultats qui corroborent avec les
résultats expérimentaux uniquement pour des hauteurs significatives ne dépassant pas
une valeur de Ceci dit, à partir de cette dernière l‟effet de la profondeur d‟agitation de
la houle tend à influencer les risques de dommage de la carapace correspondant à au
nombre de stabilité Ns.
- La méthode de Van Gent (2004) présente des résultats prometteurs dans le sens de
l‟optimisation du dimensionnement des talus des ouvrages de protection et de défense,
tels que : les brise lames, les jetées, les épis, en domaine d‟eau peu profonde.
80
CONCLUSION GENERALE
Ces résultats peuvent présenter un avantage dans le choix des matériaux de la carapace
du modèle et de confirmer ce choix à travers les essais d‟études de la stabilité et l‟évaluation
des dommages engendrés aux différentes agitations correspondant au site d‟étude.
Malgré ces résultats prometteurs livrés par le code de calcul élaboré par cette étude, il
faut noter que ces formules énumérées précédemment peuvent dans certains cas compromettre
la sécurité par les endommagements de la carapace en situation critique en tempête houle. Il
est évident que les graphiques de formules empiriques des modèles de Meer (1988b) et de
Van Gent (2004) présentent des particularités de restriction de domaines d‟application. Ainsi,
la variabilité du spectre de la houle en eau peu profonde qui peut fausser les observations et
les données de départ du critère de similitude lors des essais sur un modèle réduit.
Sachant qu‟il existe d‟autres actions de la houle, comme la hauteur du run-up et les
débits de franchissement qui ne sont pas inclus dans le critère de stabilité, il est impératif pour
l‟ingénieur chargé du dimensionnement de prendre en considération ces paramètres, en se
basant sur le rôle que jouera l‟ouvrage de protection (digue) dans l‟aménagement côtier ou la
protection portuaire. Ces aspects doivent être examinés avec une attention à ce qu‟elles ne
compromettent pas la stabilité et la sécurité de l‟ouvrage et bien situé à l‟aval.
Cette étude nous aura finalement servi à mieux comprendre les critères de stabilité des
digues en eau peu profonde et d‟appréhender ses effets sur le dimensionnement d‟un ouvrage
de protection. Sans équivoque, la méthode d‟Hudson reste un outil privilégié des ingénieurs
en génie côtier pour le calcul de stabilité, malgré les particularités de surestimation des
matériaux de la carapace souvent qu‟elle présente.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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REFERENCES SITO-GRAPHIQUES
[4], [Link]
542651472f49/[Link] , consulté le 14/02/2016
Annexe 1 : Code source de STAB 3M
Hm0=1.2*Hs;
Tm=Tp/1.1;
S_pic=(2*pi/g)*(Hs/(Tp.^2));
S_moy=(2*pi/g)*(Hm0/(Tm.^2));
S_m=(2*pi/g)*(Hs/(Tm.^2));
Irr_pic=(m/sqrt(S_pic));
Irr_moy=(m/sqrt(S_moy));
Irr_m=(m/sqrt(S_m));
disp('-----------------------------------------------------------------')
disp('-----------------------------------------------------------------')
profondeur=Hs/Hs_large;
if profondeur<0.7
disp(' Vous êtes effectivement en eau peu profonde')
else
disp(' Vous êtes en eau Profonde !!')
end
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp(' Méthode de Hudson (1959) ')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
if profondeur<0.7
Kd=2;
else
Kd=4;
end
disp('-------------------------------------------------------------------')
H_10=1.27*Hs;
M_50=(rho_s*(H_10.^3))/(Kd*(Delta.^3)*(1/m));
D_50=(M_50/rho_s).^(1/3);
Ns=Hs/(Delta*D_50);
disp(['La valeur du nombre de stabilité : ' num2str(Ns)]);
disp('-------------------------------------------------------------------')
Sd=(Ns/(0.7*((Kd*(1/m)).^(1/3)))).^(1/0.15);
disp(['La valeur du dommage théorique est Sd : ' num2str(Sd)]);
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp(' Méthode de Van der Meer (Eau profonde) ')
disp('----------------------------------------------------- -------------')
disp('------------------------------------- -----------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
if Irr_m<=Irr_cri
disp('Le déferlement est plongeant ! ')
D_50vdm=Hs/(Delta*cpl*(P.^0.18)*((Sd_vdm/sqrt(N)).^0.2)*(Irr_m.^-0.5));
M_50vdm=rho_s*(D_50vdm.^3);
disp(['Masse médiane des enrochements (kg) est : ' num2str(M_50vdm)])
disp(['Diamètre médian des enrochements(m) est : ' num2str(D_50vdm)])
else
disp('Le déferlementn est gonflant !' )
D_50vdm=Hs/(Delta*cs*(P.^0.13)*((Sd_vdm/sqrt(N)).^0.2)*sqrt(1/m)*(Irr_m.^P));
M_50vdm=rho_s*(D_50vdm.^3);
disp(['Masse médiane des enrochements (kg) est : ' num2str(M_50vdm)])
disp(['Diamètre médian des enrochements(m) est : ' num2str(D_50vdm)])
end
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp(' Méthode de Van der Meer modifiée Van Gent (Eau peu profonde) ')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
if Irr_moy<=Irr_cri
disp('Le déferlement est plongeant ! ')
D_50vdm2=Hs/(Delta*cpl_2*(P.^0.18)*((Sd_vdm2/sqrt(N2)).^0.2)*(Hs/H2)*(Irr_m.^-
0.5));
M_50vdm2=rho_s*(D_50vdm2.^3);
disp(['Masse médiane des enrochements (kg) est : ' num2str(M_50vdm2)])
disp(['Diamètre médian des enrochements(m) est : ' num2str(D_50vdm2)])
else
disp('Le déferlementn est gonflant !' )
D_50vdm2=Hs/(Delta*cs_2*(P.^0.13)*((Sd_vdm2/sqrt(N2)).^0.2)*(Hs/H2)*sqrt(1/m)*
(Irr_m.^P));
M_50vdm2=rho_s*(D_50vdm2.^3);
disp(['Masse médiane des enrochements (kg) est : ' num2str(M_50vdm2)])
disp(['Diamètre médian des enrochements(m) est : ' num2str(D_50vdm2)]);
end
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp(' Recommendations Prédimensionnement ')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
if profondeur<0.7
disp(' Notre ouvrage se trouve en eau peu profonde ')
disp(' Les formules de Van der meer Modifiées sont plus adéquates ')
disp(' en vue du domaine de valadité (Eau Peu Profonde ')
disp(['Diamètre des enrochements (m)retenu est: ' num2str(D_50vdm2)]);
else
disp(' Notre ouvrage se trouve en profonde ')
disp('Les formules de Hudson et Van der Meer (1988b) sont plus adéquates')
disp(' en vue du domaine de valadité (Eau Profonde ')
disp(['la valeur du diamètre des enrochements (m) retenus (Hudson 1959)
est: ' num2str(D_50)]);
disp(['la valeur du diamètre des enrochements (m) retenus (V.D.M 1988b)
est: ' num2str(D_50vdm)]);
end
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp(' Comparaison avec Les essais en canal ')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
end
for k_1=(1:n_exp)
Sd_exp(k_1)=input('');
end
scatter(H_exp,Sd_exp,'MarkerEdgeColor','b','MarkerFaceColor','b','LineWidth',1
.5)
hold on
% courbe Théorique d'Hudson
Nsi=Hsi/(Delta*Dbloc);
transitoire=Nsi/(0.7*((Kd/m).^(1/3)));
SDF=transitoire.^(1/0.15);
plot(Hsi,SDF,'-m')
title('Courbe comparative entre les différentes formules de stabilité')
xlabel('Hs (m)')
ylabel('Sd (-)')
grid on
hold on
NsiVDM=Hsi/(Delta*Dbloc);
if Irr_m<Irr_cri
transitVDM=((NsiVDM/(cpl*(P.^0.18)*(Irr_m.^-0.5))).^(1/0.2));
Sdi_vdm=transitVDM*sqrt(N);
plot(Hsi,Sdi_vdm,'c')
grid on
hold on
else
transitVDM=((NsiVDM/(cs*(P.^0.13)*(Irr_m.^P)*(sqrt(1/m)))).^(1/0.2));
Sdi_vdm=transitVDM*sqrt(N);
plot(Hsi,Sdi_vdm,'c')
grid on
hold on
end
NsiVG=Hsi/(Delta*Dbloc);
if Irr_moy<=Irr_cri
transitVG=((NsiVG/(cpl_2*(P.^0.18)*(Hs/H2)*(Irr_moy.^-0.5))).^(1/0.2));
Sdi_vg=transitVG*sqrt(N);
plot(Hsi,Sdi_vg,':g')
grid on
hold on
else
transitVG=((NsiVDM/(cs_2*(P.^0.13)*(Hs/H2)*(Irr_moy.^P)*(sqrt(1/m)))).^(1/0.2)
);
Sdi_vg=transitVG*sqrt(N);
plot(Hsi,Sdi_vg,':g')
grid on
hold on
end