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Code de calcul pour digues à talus

Notre étude s’intéresse tout particulièrement aux digues à talus en enrochements. Il s’agit de faire une analyse de stabilité de la carapace de la digue, en effectuant une recherche bibliographique prononcée, et riche en références. Par la suite, nous avons essayé d’établir un code de calcul de stabilité de la carapace des digues en enrochements, en se basant sur la recherche bibliographique, puis de clôturer le sujet en effectuant un calage entre les formules empiriques et les valeurs obtenues par le biais des essais en canal à houle. Nous avons fini par conclure que les valeurs expérimentales sur modèles physiques se rapprochent des formules de Van Der Meer, modifiées par Van Gent (2004) en cas d’eau peu profonde, et que les critères d’Hudson, en dépit de leur assurance de matière de stabilité, mènent trop souvent à un surdimensionnement de l’ouvrage, ce qui se révèle être très couteux.

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Code de calcul pour digues à talus

Notre étude s’intéresse tout particulièrement aux digues à talus en enrochements. Il s’agit de faire une analyse de stabilité de la carapace de la digue, en effectuant une recherche bibliographique prononcée, et riche en références. Par la suite, nous avons essayé d’établir un code de calcul de stabilité de la carapace des digues en enrochements, en se basant sur la recherche bibliographique, puis de clôturer le sujet en effectuant un calage entre les formules empiriques et les valeurs obtenues par le biais des essais en canal à houle. Nous avons fini par conclure que les valeurs expérimentales sur modèles physiques se rapprochent des formules de Van Der Meer, modifiées par Van Gent (2004) en cas d’eau peu profonde, et que les critères d’Hudson, en dépit de leur assurance de matière de stabilité, mènent trop souvent à un surdimensionnement de l’ouvrage, ce qui se révèle être très couteux.

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REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

ECOLE NATIONALE SUPERIEURE D’HYDRAULIQUE -ARBAOUI Abdellah-

LABORATOIRE DE RECHERCHE MOBILISATION ET VALORISATION DES


RESSOURSCES EN EAU

DEPARTEMENT AMENAGEMENT ET GENIE HYDRAULIQUE

MEMOIRE DE MASTER
En vue de l’obtention du diplôme de Master en Hydraulique

Option: Aménagement et Ouvrages Hydrotechniques

THEME :

Élaboration d'un code de calcul de stabilité des digues à


talus à faible profondeur d’eau.
PRESENTE PAR :

ARKAM Mehdi

Devant les membres du jury

Nom et Prénoms Grade Qualité

Mr [Link] SADOK Maitre de conférences (A) Président


Mme [Link] Maitre de conférences (B) Examinatrice
Mme [Link] Maitre Assistante (A) Examinatrice
Mr M.D BENSALAH Maitre Assistant (A) Examinateur
Mr [Link] Maitre Assistant (B) Examinateur
Mr M.K MIHOUBI Professeur Promoteur

Session – 2016
Au terme de mon travail, je tiens à exprimer ma gratitude tout particulièrement à mon
encadreur, Monsieur Mustapha Kamel MIHOUBI, Professeur à l’ENSH, pour m’avoir encadré. Je lui
exprime une reconnaissance infinie pour ses conseils, et ses directives, qui m’ont guidé tout au long de
la réalisation de ce mémoire de Master.

Je remercie aussi Monsieur A. HADJ SADDOUK, maitre de conférences à l’ENSH – Blida –


qui fut mon enseignant aussi à l’école, d’avoir accepté de présider mon jury de soutena nce.

Mes remerciements aussi aux membres du jury, Mme D. DJOUDAR, MME [Link],
Monsieur D. BENSALAH, et Monsieur I. ZAIBAK pour avoir pris le temps de lire et d’évaluer mon
travail.

Mes sincères remerciements vont aussi à Monsieur et Madame BOUDOUMA, et Mme


CHAFA, au sein du laboratoire d’études maritimes (LEM), d’avoir mis à ma disposition tout ce qu’il
fallait pour que puisse parachever mon travail.

Enfin, je remercie également tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à l’élaboration de
ce mémoire.

ARKAM Mehdi.
Je d die ce t avail à es che s pa e ts Nasse et Ka i a, g âce aux uels j’ai attei t la place à la uelle
je e t ouve aujou d’hui. A vous ui ’avez ta t do , MERCI …

Je ne manquerai pas de citer mon oncle, KICHOU Kamel, pour ses encouragement lors de mon
i g io at, so soutie t ’a été très important.

A mes frères qui sont et seront toujours là pour moi, votre valeur à mes yeux est sans égale.

A la chère Radhia, toi ui a su t e là ua d il le fallait, e ci de tout cœu !


‫ملخص‬

‫ع‬ ‫اس ق ا‬ ‫ح‬ ‫اس ف‬ ‫ه ا‬ ، ‫ا اا ح ا ا غط ب ك‬ ‫ب س‬ ‫خ‬ ‫اس ب‬


.‫ غ ب ا ع‬، ‫ع ق‬ ‫غ اف‬ ‫ك ب ق ب اس ب‬ ، ‫اس‬

‫اء ا ع‬ ‫ض عب‬ ‫ا‬ ‫ ث اخ‬, ‫غ اف‬ ‫ا حث ا‬ ‫ا‬ ‫حس س ق ا ا ع س‬ ‫ءب‬ ‫ب‬ ‫ ق‬,‫بع ك‬
. ‫ا ق ف اق ا ص بأ ا‬ ‫خا ا‬ ‫ا ق ا حص ع‬ ‫ب اصغا‬

‫ا ق‬ ‫اصغا‬ ‫ق‬ ‫ا‬ ‫ا حص ع ف ا‬ ‫أ اق ا‬ ‫اس‬،‫ا ط ف‬ ‫ف‬


‫أ‬ ‫ع ا غ‬، ‫ه س‬ ‫ع‬ ، ‫ا ضح‬ ‫( ف ح ا‬2004( ‫ق ف‬ ‫ا ع‬، ‫ف‬
. ‫ا ف‬ ، ‫ا‬ ‫ا غ ف‬ ‫ ا أ ك ا‬، ‫اس ق ا‬

Résumé

Notre étude s’intéresse tout particulièrement aux digues à talus en enrochements. Il


s’agit de faire une analyse de stabilité de la carapace de la digue, en effectuant une recherche
bibliographique prononcée, et riche en références.

Par la suite, nous avons essayé d’établir un code de calcul de stabilité de la carapace des
digues en enrochements, en se basant sur la recherche bibliographique, puis de clôturer le
sujet en effectuant un calage entre les formules empiriques et les valeurs obtenues par le biais
des essais en canal à houle.

Nous avons fini par conclure que les valeurs expérimentales sur modèles physiques se
rapprochent des formules de Van Der Meer, modifiées par Van Gent (2004) en cas d’eau peu
profonde, et que les critères d’Hudson, en dépit de leur assurance de matière de stabilité,
mènent trop souvent à un surdimensionnement de l’ouvrage, ce qui se révèle être très couteux.

Abstract

Our study is interested particularly in dikes with riprap slope. It is a question of making an
analysis of stability of the dike’s armor, by carrying out a pronounced bibliographic research.

Thereafter, we will try to establish a code of stability of the dike’s armor, then to enclose the
subject by carrying out a comparison between the empirical formulas and the values obtained
by the means of the tests in the swell’s channel.

We will end up concluding that the experimental values on physical models approach the
formulas of Van Der Meer, modified by Van Gent (2004), in the event of shallow water
condition, and that the criteria of Hudson, in spite of their insurance of stability, too often lead
to an over sizing of the structure, which happens to be very expensive.
Tables des matières
Introduction générale ………………………………………………………………………… 1

Chapitre I. Etat de connaissances sur les ouvrages de protection côtiers


I.1. Définition et rôle de structures côtières………………………………………………...... 2

I.2. Types des structures côtières………………………………………………………........... 2


I.2.1. Les structures armées……………………………………………………………… 2
a. Revêtements de talus……………………………………………………………... 2
b. Cloisons…………………………………………………………………………... 4
c. Digues à talus…………………………………………………………………… ...4

I.2.2. Structures de stabilisation des plages…………………………………………….... 5

a. Les brise-lames………………………………………………………………….... .5
b. Epis………………………………………………………………………………... 6

I.2.3. Structures destinées à la navigation……………………………………………....... 7

a. Les brise-lames destinés à la navigation………………………………………...... 7


b. Jetées……………………………………………………………………………… 7

I.3. Digues à talus……………………………………………………………………………... 8

I.3.1. Généralités………………………………………………………………………..... 9

I.3.2. Constitution des digues à talus…………………………………………………...... 9

a. Fondation……………………………………………………………………….. ..10
b. Soubassement……………………………………………………………………. 10
c. Noyau……………………………………………………………………………. 10
d. Carapace………………………………………………………………………..... 11
e. Filtres…………………………………………………………………………….. 11
f. Butée de pied…………………………………………………………………….. 12
g. Couronnement…………………………………………………………………… 12

Conclusion…………………………………………………………………………………... 13

Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus


en mer
Introduction ……………………………………………………………………………….…14

II.1. Définition des concepts de l’étude ……………………………………………………...14

II.1.1. Définitions de quelques paramètres clés …………………………………………14


II.2. Interactions hydrauliques entre la houle et l’ouvrage ………………………………...…18

II.2.1. Definition des interactions hydrauliques ………………………………………....18

II.2.2. Fondements théoriques et aboutissement des recherches………………………... 19

II.3 Stabilité et réponse structurelle aux actions hydrauliques ……………………………....37

II.3.1 Concepts et paramètres de stabilité ……………………………………….………37

II.3.2. Méthode de la hauteur critique de la houle …………………………………........43

II.3.3 Méthode de la vitesse critique ou admissible ……………………………………..45

II.4. Stabilité des carapaces en enrochement naturel ……………………………………..….46

II.4.1 Vue d’ensemble du sujet traité ………………………………………………........47

II.4.2. Formule d’Hudson ……………………………………………………………......48

II.4.3. Avantages et limites de la formule …………………………………………….....50

II.4.4. Formules de Van der Meer – eau profonde ……………………………………...51

II.4.5. Formules de Van der Meer – eau peu profonde ………………………………… 51

a. Définition du domaine de validité des formules …………………………….....52


b. Paramétrage des formules de Van der Meer en eau peu profonde ……………...52
c. Analyse de stabilité pour les eaux peu profonde (modifié par Van Gent) ……....53
d. Méthodologie de dimensionnement pour les formules de Van der Meer en eau
(très) peu profonde modifiées par Van Gent et al, (2004) …………………….....55

II.4.6 Formule simplifiée de Van Gent ……………………………………………….....55

II.4.7. Autres formules issues des recherches et expérimentations ……………….….... 56

II.5. Influence des autres paramètres sur la stabilité ………………………………….……..56

II.5.1. Influence de la pente des fonds ………………………………………….…….....57

[Link] de la gradation de l’enrochement sur la stabilité ……………………....57

II.5.3. Influence de la forme de l’enrochement sur la stabilité ……………………........57

II.5.4. Influence de la pose et du placement des blocs d’enrochements ………………..58

II.6. Stabilité des carapaces en enrochement artificiel ………………………………….…..58

II.6.1. Enrochement artificiel à disposition aléatoire …………………………….……..58

II.6.2. Formules de stabilité spécifiques à certains types de blocs artificiels placés


aléatoirement …………………………………………………………………………………59
a. Cube en double couche ………………………………………………………..……..59
b. Tétrapode …………………………………………………………………….………60
c. ACCROPODES ……………………………………………………………….……..60

Conclusion …………………………………………………………………………………...61

Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur

Introduction …………………………………………………………………………….……62

III.1 Présentation de l’outil informatique ……………………………………………………62

III.2 Etablissement de l’organigramme du code de calcul STAB 3M ………………..……...63

Conclusion ……………………………………………………………………….…………..69

Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de
talus des ouvrages en mer

Introduction ………………………………………………………………….………….…....70

IV.1. Dispositif expérimental ………………………………………………….………….….70

IV.2. Modélisation physique de la d’une digue en enrochement …………………….……....71

IV.2.1 Effet d’échelle (Notion de la similitude) ………………………………..………....71

IV.2.2 Construction du modèle ……………………………………………...……………72

IV.3 Conduite des essais et résultats ………………………………………………………....74

IV.4 Procédé de calage expérimental et des formulations de calcul de stabilité …...……......76

IV.4.1 Données de départ ………………………………………………………………....76

IV.4.2. Pré dimensionnement de la taille et masse des enrochements ………………..….77

IV.4.3 Introduction des données finales pour le calage et résultats ………………..……..77

IV.5 Discussions des résultats …………………………………………………...……....78

Conclusion ………………………………………………………………………………....79

Conclusion générale ……………………………………………………………………….....80

Références bibliographiques ……………………………………………………………...….81


Liste des figures
Figure I.1. Revêtement en enrochements (Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)…. 2

Figure I.2. Représentation du profil d’un revêtement (Shoreline Erosion Task Force,
USACE. 2012)........................................................................................................................... 2

Figure I.3. Représentation d’une cloison (Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)….. 3

Figure I.4. Cloison à tirants ancrés. (Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)……….. 3

Figure I.5. Coupe type d’une digue à talus en faible profondeur (CERC, 1984)……………. 4

Figure I.6. Disposition des brise-lames (Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)…… 5

Figure II.7. Disposition des épis en Y et en L (Rock Manual. CETMEF, 2009)……………. 6

Figure I.8. Brise-lame de la Marina Del Rey (Espagne) destiné à la navigation (Shoreline
Erosion Task Force, USACE, 2012).......................................................................................... 7

Figure I.9. Disposition d’une jetée le long du rivage (Shoreline Erosion Task Force, USACE,
2012).......................................................................................................................................... 7

Figure I.10. Coupe type d’une digue à talus conventionnelle. (CETMEF, 2009)…………… 8

Figure I.11. Disposition d’un soubassement dans une digue à talus en eau profonde (CERC,
1984)………………………………………………………………………………………….. 9

Figure II.1. Illustration aidant à la compréhension de la faible profondeur d’eau…………. 14

Figure II.2. Types de déferlement sur un talus (Battjes, 1974)…………………………….. 16

Figure II.3. Schéma de calcul du run-up (Rock Manual. CETMEF, 2009)………………… 20

Figure II.4. Run-up de la houle en fonction du paramètre de déferlement (TAW, 2002a)… 21

Figure II.5. Run-up relatif sur des talus en enrochements en fonction de la perméabilité du
noyau déterminé à l’aide du paramètre de déferlement calculé par les valeurs
spectrales (TAW,2002a)………………………………………………………... 24

Figure II.6. Run-up pour différents types de blocs (TAW, 2002a)………………………… 25

Figure [Link] entre les modèles numériques et physiques pour la prédiction du


Run-up en utilisant les formule II.19 et II.20 (Van Gent, 2001)…………………………….. 27

Figure II.8. Débits et volumes franchissants critiques (Allsop et al, 2005)………………… 28

Figure II.9. Schéma de calcul du franchissement (Rock Manual. CETMEF, 2009)……….. 29


Figure II.10. Débits franchissants pour différentes pentes de talus à l’aide de Q* et R*
(Owen, 1980)………………………………………………………………………………... 31

Figure II.11. Exemple d’un profil de talus lisse à berme (CETMEF, 2009)……………….. 31

Figure II.12. Coefficients pour différentes combinaisons de talus lisses à berme

(Owen,1980)………………………………………………………………………………... 32

Figure II.13.Définition de la largeur de berme B, utilisée dans l’équation II.27…………… 33

Figure II.14. Talus à berme (CETMEF, 2009)……………………………………………... 34

Figure II.15. Influence de la position de berme sur le paramètre x de l’équation II.30……. 34

Figure II.16. Exemple de blocométrie d’enrochements moyens et gros (Rock Manual,


CETMEF, 2009)……………………………………………………………………………... 40

Figure II.17. Paramètres dimensionnant liés à la section de l’ouvrage (CUR/CIRIA, 1984) ……... 40

Figure II.18, Dommage, Sd, sur la base d’une zone érodée (Rock Manual. CETMEF, 2009)…….. 42

Figure II.19. Types de déferlement en fonction de ξ (Battjes, 1974)………………………. 49

Figure II.20. Critère de sélection du paramètre de perméabilité (Cas de géotextiles P=0,1)……... 53

Figure II.21. Classification des blocs d’enrochement artificiels selon leur poids et disposition
(CTMEF, 2009)……………………………………………………………………………... 58

Figure III.1. Interface du logiciel MATLAB………………………………………………. 62

Figure III.2. Organigramme du code de calcul STAB 3M (partie 1)………………………. 63

Figure III.3. Organigramme du code de calcul STAB 3M (partie 2)………………………. 64

Figure III.4. Organigramme du code de calcul STAB 3M (partie 3)………………………. 64

Figure III.5. Organigramme du code de calcul STAB 3M (partie 4)………………………. 65

Figure III.6. Organigramme du code de calcul STAB 3M (partie 5)………………………. 66

Figure III.7. Organigramme du code de calcul STAB 3M (partie 6)………………………. 67

Figure IV.1 : Vue d’un canal à houle……………………………………………………….. 69

Figure IV.2. Axe d’enregistrement des houles significatives au large (sous autorisation LEM,
2016). Echelle 1/500………………………………………………………………………… 71

Figure IV.3. Exemple de réalisation des essais d’étude de stabilité de talus sur modèle
physique en canal à houle (sous autorisation LEM, 2016)………………………………… 73
Figure IV.4. Variante retenue par l’essai expérimental pour la houle de
dimensionnement (sous autorisation LEM, 2016)…………………………………………... 75

Figure IV.5. Etude comparative entre les résultats expérimentaux sur modèle physique et les
résultats théoriques des différentes méthodes par le code de calcul STAB 3M…………….. 77
Liste de tableaux
Tableau II.1 Paramètres tirés du spectre de la houle source : Rock manual (CETMEF, 2009)…….. 12

Tableau II.2. Tableau des différentes utilisations de ξ et S0 ……………………………………….... 16

Tableau II.3. Valeurs des coefficients A, B, et C pour les équations II.10 et II.11 ………………… 21

Tableau II.4. Valeurs du coefficient de rugosité, γf (TAW 2002a)………………………………… 22

Tableau II.5. Coefficients des équations II.12 à II.14 (CETMEF, 2009) ………………………….. 23

Tableau II.6. Coefficients tirés de la courbe expérimentale (TAW, 2002a). ……………………….. 24

Tableau II.7. Coefficient c0 et c1 pour la prédiction du Run-up (Van Gent, 2001) …………………. 26

Tableau II.8. Coefficient a et b de l’équation II.24 pour des talus lisses et de pente constante (Manual
of Overtopping of Seawalls. Besley, 1999) ………………………………………………………….. 30

Tableau II.9. Valeurs des coefficients A, B, C, et D dans le rapport du TAW (2002a)……………... 33

Tableau II.10. Valeurs de γf pour les ouvrages perméables (Rapport du TAW, 2002a)…………..... 35

Tableau II.11. Concepts, formules de stabilité et leur relation avec les types d’ouvrages, (Source :
Rock Manual, CETMEF, 2009). ……………………………………………………………………... 38

Tableau II.12. Vitesses critiques moyennées sur la profondeur, U1………………………………… 43

Tableau II.13. Coefficients de corrections de la vitesse K1 pour des 0,3 ≤ ℎ ≤ 3 ………………… 44

Tableau II.14. Approches et formules de stabilité des digues à talus en enrochement (CETMEF,
2009) ………………………………………………………………………………………………..... 46

Tableau [Link] de Hs / Hs;D=0 en fonction du dommage subi par la carapace et du type


d’enrochement……………………………………………………………………………………....... 48

Tableau II.16. Domaine de validité des différents paramètres des formules II.48 et II.49………...... 52

Tableau II.17. Champ d’application des différentes formules de stabilité des carapaces en
enrochement (Rock Manual. CTMEF, 2009)…………………………………………………............ 55

Tableau II.18. Facteurs correspondant à des formes d’enrochements non classiques………………. 56

Tableau IV.1. Caractéristiques des matériaux utilisés pour les essais (LEM, Juin 2014)…………… 72

Tableau IV.2. Observation du dommage sur la carapace de la digue lors des essais en canal à houle
(LEM, 2016)………………………………………………….............................................................. 74

Tableau IV.3. Données de départ pour la partie pré dimensionnement……………………………... 75

Tableau IV.4. Résultats du pré dimensionnement fait par le code de calcul ……………………...... 76
Liste des annexes

Annexe 1. Code source du programme de calcul de stabilité STAB 3M.


INTRODUCTION GÉNÉRALE

Pour une digue à talus en mer, la carapace représente l’élément clé dans la protection
de cette dernière contre les actions de la houle, c’est le premier rempart assurant la stabilité de
l’ouvrage. Cette carapace est composée de blocs en enrochements naturels, ou bien artificiels
quand l’action de la houle requiert un poids important des enrochements difficile à trouver en
carrière.
Plusieurs chercheurs du domaine génie côtier se sont penchés au fil des années, sur le
développement des études de performance des enrochements naturels et artificiels composants
la carapace, débouchant ainsi sur des approches intéressantes pour la stabilité des carapaces
avec des moyens et coûts avantageux.
L’objectif principal de cette étude consiste en l’élaboration d’un code de calcul de
stabilité, qui rassemble un panel de théories de formulation empiriques basées sur des
hypothèses souvent différentes, mais visant le même objectif, qui est celui d’assurer une
stabilité aux digues à talus avec des dimensions optimales de la carapace. Ce code consiste en
une étude comparative au calage sur un modèle réduit. En effet, les résultats expérimentaux
en canal à houle de l’étude de la stabilité de talus et des effets de dommages causés sur la
carapace comparée aux résultats du code de calcul élaboré vont permettre de choisir les
dimensions optimales des enrochements naturels ou de définir les dimensions artificielles des
blocs de la carapace et aussi de définir le domaine de validité des formules abordées. Pour ce
faire, le mémoire est structuré comme suit :
Le premier consiste à faire une brève présentation sur les différents et rôles des
ouvrages de protection du système côtiers. Ceci nous permettra d’entamer notre sujet par
l’obtention de connaissances de base qui nous permuteront de bien nous situer plus tard sur le
problème.
Le deuxième chapitre, vise à mettre la lumière sur les différents travaux de recherches
faites sur l’étude de stabilité des digues à talus en milieu marin et océanique tenant compte les
dimensions des enrochements de la carapace des ouvrages en milieu déferlant, en eau peu
profonde. Une telle disposition de la digue, reste à notre jour complexe du fait de la variation
constante du spectre de la houle, c’est ce qui fait que les formules proposées dans ce sens sont
pour la quasi-majorité empirique, avec des domaines de validité restreints, et des conditions
paramétriques très particulières.
Le troisième chapitre est consacré à l’élaboration du code de calcul de stabilité
avec plusieurs approches, et suivant différents paramètres permettant de délivrer les
dimensions de la carapace du prototype sur la base de calcul de stabilité.
Le quatrième et dernier chapitre, s’intéresse à l’étude de l’interaction hydraulique
entre la houle et la carapace en faisant une application d’un cas réel avec le programme qu’on
a élaboré, et de faire par la suite un calage avec les résultats expérimentaux obtenus lors
d’essais en canal à houle.
Enfin, une synthèse aux résultats obtenus et une conclusion générale ponctueront ce
travail.
CHAPITRE I

ETAT DE CONNAISSANCE SUR LES


OUVRAGES
DE PROTECTION COTIERS
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers

Introduction

Ce chapitre a pour but d’établir une base de connaissances sur les ouvrages côtiers afin
de mieux cerner les aspects de l’étude. Il est donc nécessaire d’entamer notre recherche en
introduisant des notions sur les ouvrages servant à la protection des côtes.
Les différentes structures de protections côtières peuvent être regroupés en trois grandes
familles suivant leur rôle, ces familles sont : les structures armées, les structures de
stabilisation des plages, et les structures destinées à la navigation.

I.1. Définition et rôle de structures côtières


Les structures côtières sont utilisées dans les systèmes de défense côtiers dans le but
de prévenir l'érosion des berges et inondation des côtes.
Ce n’est pas tout, les ouvrages de protection côtiers ont pour but :
 Ralentir ou prévenir l’érosion des rivages.
 Augmenter les sites d’accès ou d’amarrage.
 Protéger les infrastructures contre les inondations dues à des niveaux élevées d’eau,
l’érosion, ou bien l’action des vagues et des courants.
 Stabilisation des chenaux de navigation en réduisant la sédimentation et la migration
des particules.
 Améliorer les sites de loisirs et les ports de plaisance.

I.2. Types des structures côtières


En se référant au but de chaque ouvrage, on peut constater trois grands types
d’ouvrages de protection maritime :
I.2.1. Les structures armées
Ce type de structures est, comme son nom l’indique, sous la forme d’une armure constitué
de certains matériaux d’une forme et perméabilité connues.
Cette disposition particulière permet à ce type de structures de résister à l’action des vagues,
de l’affouillement, et des franchissements.
Il y a principalement trois types de structures armées :

a. Revêtements de talus
Les revêtements sont des structures qui ont pour fonction principale de protéger le
littoral contre l'érosion. Ce sont des structures de soutènement généralement constituées d'un
revêtement de pierre, de béton ou d'asphalte disposés comme armures pour les talus du profile
naturel du littoral.

2
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers

Aussi, ce type de structures a l’avantage d’avoir une bonne perméabilité en plus de sa forme
qui paraît plus naturelle.

Pour l’U.S. Army Corps of Engineers, la distinction entre les revêtements et les digues à talus
se fait uniquement pour des fins de coûts et d’économies dans les projets. Toutefois,
concrètement, sur le plan technique, il n’y a pas de différence entre les deux.

Les revêtements modernes ont des blocs de béton ou des enrochements en Rip Rap, posés sur
une fine couche de matériaux plus fins.

Figure I.1. Revêtement en enrochements (Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)

Les revêtements ont pour rôle de protéger le trait de côte contre l’érosion. Ceci se fait par le
renforcement partiel ou total du profil de la plage.

Le profil en travers du revêtement est généralement moyen, avec des enrochements au-dessus
d’un talus existant, et d’une butée de pied. Le rôle de la butée de pied est primordial dans les
revêtements car elle représente le support sur lequel repose ce dernier.

Figure I.2. Représentation du profil d’un revêtement (Shoreline Erosion Task Force, USACE. 2012)

3
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers

b. Cloisons

Cloison est le terme généralement utilisé pour les structures principalement destiné à
conserver ou à empêcher le glissement de terrains, tout en ayant comme but secondaire de
protéger ces mêmes terrains contre les inondations et les actions des vagues.
Les cloisons sont construites en ayant pour but la rétention du sol, et dans la plupart des cas
comme une paroi verticale ancrée à tirants.
L'application la plus courante des cloisons est dans la construction d'installations d'amarrage
dans les ports et les marinas où l'exposition à l'action des vagues est réduite au minimum.
Certains ouvrages et documents techniques ne peuvent faire une distinction concrète entre les
cloisons et les murs verticaux.

Figure I.3. Représentation d’une cloison Figure I.4. Cloison à tirants ancrés.

(Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)

c. Digues à talus

Ce sont des ouvrages constitués de matériaux rocheux, habituellement protégés par des
carapaces de blocs de plus grandes dimensions. Les digues servent généralement à mettre à
disposition des navires des eaux calmes pour l’amarrage ou le mouillage, à l’abri des houles
ou des courants.

4
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers

Figure I.5. Coupe type d’une digue à talus en faible profondeur (CERC, 1984)

I.2.2. Structures de stabilisation des plages

Ce type de structures est conçu pour limiter l’action des vagues et la migration des
sédiments due au courants de la mer, il y a plusieurs types de structures assurant cette
fonction, on se contentera de citer les suivantes :

a. Les brise-lames

Les brise-lames sont disposés approximativement parallèlement à la côte. Ils sont


souvent émergents à la surface, et ont pour fonction de réduire l’action de la houle et de
permettre la déposition de sédiments à l’arrière de l’ouvrage.

Plutôt que d’emprisonner physiquement les sédiments en créant une barrière (comme c’est le
cas pour les épis), les brise-lames fonctionnent en créant derrière eux une zone ou l’énergie de
la houle est réduite et dans laquelle les sédiments auront tendance à se déposer en formant des
plages en croissant entre eux brise-lame adjacents. Ils peuvent donc être particulièrement
utiles pour protéger les côtes soumises à une érosion due au fait que le transport longitudinal
net est plus élevé que partout ailleurs.

Les brise-lames sont habituellement d’une longueur équivalente à la distance qui les sépare du
rivage, soit 200 à 300m. Ils sont la plupart du temps construits en enrochements avec des
hauteurs de crête basses, afin de permettre des franchissements assez importants lors des
tempêtes. Les ouvrages à crête basses sont moins visibles et aide de façon plus efficace la
répartition des matériaux.

L’incertitude majeure cependant pour ce type d’ouvrage qu’il est difficile d’optimiser le
dimensionnement en cas de fluctuation importante du niveau d’eau.

5
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers

Figure I.6. Disposition des brise-lames

(Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)

b. Epis

Ce sont des ouvrages en enrochements relativement courts qui avancent dans la mer
depuis la plage, ils assurent une fonction qui consiste à interrompre le transit littoral de
sédiments afin de construire ou de retenir des plages à un niveau plus élevé.

L'orientation, la longueur, la hauteur, la perméabilité, et l'espacement des épis déterminent,


dans des conditions naturelles données, le changement réel dans le littoral et le niveau de la
plage. En raison du risque d'érosion de la plage, une section de transition des épis
progressivement plus courts peut être prévue pour empêcher la formation d'une zone d'érosion
sévère.

Ils peuvent être disposés selon plusieurs formes : les épis droits, inclinés, en T, en L, et en Y
sont les plus fréquents (CETMEF, 2009).

 Epis en Y

En plus de leur rôle classique, ces épis remplissent aussi le rôle des brise-lames. Ils
peuvent également être considérés comme un type de cap artificiel. Il est possible de les
associer à un rechargement de plage afin de créer des plages de sables conséquentes.
([Link] Corps of Engineers, 2012).

Ces épis avancent habituellement de 200 à 300 m dans la mer.

6
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers

 Epis en T et L

Les épis en L et T sont les précurseurs des digues. Ils peuvent servir à former des caps
artificiels. Leur utilisation est fréquente lorsque le marnage est faible (surtout en
Méditerranés) dans le but de créer des baies ou criques, habituellement constituées de sable.
([Link] Corps of Engineers, 2012).

Figure I.7.a. Epi en Y Figure I.7.b. Epi en L

Figure II.7. Disposition des épis en Y et en L (Rock Manual. CETMEF, 2009)

I.2.3. Structures destinées à la navigation

Ces structures ont comme tâche de résister aux vagues et aux courants, de limiter le
mouvement des sédiments, et de fournir un milieu calme pour l’amarrage et le mouillage des
navires. De toutes les structures qui jouent ce rôle, deux se distinguent :

a. Les brise-lames destinés à la navigation

Ces brise- lames sont construits de manière à créer des eaux suffisamment calmes pour
les opérations d'amarrage et de chargement, la manutention des navires et la protection des
installations portuaires. Ils sont également construits pour améliorer les conditions de
manœuvre à l'entrée du port et pour aider à réguler la sédimentation en dirigeant des courants
et en créant des zones avec des niveaux de perturbation d'onde différentes, il servent aussi à la
protection des prises d'eau pour les centrales électriques et la protection des côtes contre les
tsunami.

7
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers

Figure I.8. Brise-lame de la Marina Del Rey (Espagne) destiné à la navigation


(Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)
b. Jetées

Les jetées sont des structures généralement construites sur l'un ou les deux côtés du
canal de navigation perpendiculaires à la côte et se prolongeant dans l'océan. En limitant le
courant ou le débit des marées, il est possible de réduire la réduction de profondeur dans les
canaux et diminuer les besoins de dragage. En outre, une autre fonction des jetées consiste à
arrêter le courant transversal et le diriger à travers l'entrée dans les eaux profondes où il sera
moins dangereux pour la navigation. Une fois étendu au large de la zone de coupe, les jetées
améliorent la manœuvre des navires en fournissant un abri contre les vagues des tempêtes.

Leur construction est semblable à celle des brise-lames, et leur géométrie varie tout comme
celle des épis.

Figure I.9. Disposition d’une jetée le long du rivage


(Shoreline Erosion Task Force, USACE, 2012)

8
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers

I.3. Digues à talus

Dans cette section, on présentera les considérations générales liées à la conception des
digues à talus en mer. On s’intéressera exclusivement aux digues à talus en enrochements, qui
sont le sujet de notre recherche.

On se penchera sur la définition de la géométrie (en plan et en coupe), des dimensions


générales, ainsi que les dispositions constructives des digues.

I.3.1. Généralités

Une digue à talus se compose essentiellement d’un massif d’enrochements de tailles


variables depuis les blocs les plus imposants soumis à l’extérieur à l’action de la houle
jusqu’aux éléments les plus petits formant le noyau à l’intérieur de l’ouvrage.

La taille moyenne des enrochements des différents matériaux utilisés décroît de l’extérieur
vers l’intérieur, tout comme s’atténuent les contraintes que les éléments composant chaque
couche doivent respecter en matière de fuseau granulométrique.

Il existe plusieurs variantes envisageables, qui dépendent principalement de la fonction de la


digue, de l’accès, de l’utilisation faite de la face arrière, des exigences en matière de hauteur
de crête ainsi que des considérations économiques ou des exigences de maintenance.

Figure I.10. Coupe type d’une digue à talus conventionnelle. (CETMEF, 2009)

Grace à leurs carapaces, les digues à talus absorbent l’énergie de la houle et présentent donc
des coefficients de réflexion plus faibles. Pour cette raison elles sont généralement moins
franchissables à un même niveau de crête comparées aux digues verticales et mixtes et
privilégient aussi d’un faible risque d’affouillement.

9
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers

I.3.2. Constitution des digues à talus


a. Soubassement

La question du soubassement ne se pose pas en faible profondeur d’eau. En revanche, en


eau profonde, il est intéressant d’exhausser le niveau de la digue en réalisant un
soubassement, et ceci, pour éviter les volumes trop importants de matériaux pour une digue
d’une telle hauteur. La figure suivante montre comment est réalisé un soubassement.

Une économie substantielle en matériaux onéreux composant l’ouvrage proprement dit est
ainsi réalisée. Elle trouvent néanmoins ses limites dans le fait que les matériaux du
soubassement non recouverts par la structures doivent présenter une certaine stabilité vis-à-vis
des éventuels courants et surtout des houles et ce, durant toute la vie de l’ouvrage. Un
soubassement trop haut risquerait de favoriser les érosions en pied des couches inférieures et
de déstabiliser

Figure I.11. Disposition d’un soubassement dans une digue à talus en eau profonde (CERC, 1984).

b. Fondation

La fondation fait principalement office de filtre entre les petits matériaux composant le
soubassement ou terrain naturel et ceux d’un calibre beaucoup plus gros de la digue. La
fondation contribue, d’autre part à répartir les efforts et à homogénéiser les tassements.

Suivant le ou les rôles assignés à la fondation, diverses dispositions constructives sont


envisageables, elle peut être complète (figure 10) ou bien partielle en se limitant aux zones
d’appui des butées.

c. Noyau

Le noyau est le remblai intérieur du massif que constitue l’ouvrage. Il s’agit généralement
d’un matériau tout-venant de carrière. Il bénéficie d’un coût inférieur à celui des autres
matériaux constitutifs de la structure proprement dite.

10
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers

Selon le LNH (1987), les conditions qu’il convient d’imposer aux éléments du noyau sont
difficiles à préciser. Les avis des experts sont, en particulier, partagé sur le seuil admissible de
teneur en fines.

Les uns considèrent qu’une teneur excessive en fines risque d’occasionner des fuites
progressives de ces matériaux à travers les couches filtres et les carapaces sous l’effet des
écoulements internes générés en permanence par la houle. Ces départs massifs risquent de
provoquer des tassements excessifs, voir des cavités, en particulier sous le couronnement s’il
existe dans la structure.

Les autres au contraire, jugent que le fait de la mise en œuvre du noyau, propice au lessivage
du tout-venant, entraîne une perte importante de la fraction fine des éléments et, d’autre part,
sur le principe qu’un tout-venant ne devrait pas être traité et qu’il appartient aux filtres de
transition d’ajuster leur composition à celle du noyau.

d. Carapace

La carapace est un élément clé dans les digues à talus en mer, c’est là, à l’intérieur de cette
couche que s’opère la dissipation de l’énergie de la houle.

La carapace protège l’ensemble de l’ouvrage contre l’action. Mentionné dans les travaux de
[Link] (1993), Il est essentiel que les blocs qui la composent aient un poids leur
permettant de résister aux efforts engendrés par les vagues susceptibles de frapper la structure.

Ces blocs peuvent être des enrochements naturels ou des blocs artificiels en béton (le plus
souvent non armé), posés suivant les pentes variant de 1/3 à 3/4 en fonction de la nature du
bloc retenu et placés généralement en deux couches, parfois davantage dans le cas
d’enrochements naturels présentant une stabilité à peine satisfaisante.

C’est le dimensionnement du bloc de carapace vis-à-vis des houles qui a mobilisé le plus
l’intention des ingénieurs et chercheurs. Et, pour chaque étude particulière, le choix des
caractéristiques du bloc constitue une part essentielle du travail –c’est ce qu’on abordera au
deuxième chapitre–

Il faut préciser que la performance hydraulique d’un bloc ne se résume pas forcément à
l’aspect stabilité. Son comportement vis-à-vis de l’ascension (Run-up) de la vague sur le talus
peut dans certains cas constituer un critère de choix déterminant.

e. Filtres

Dans l’ouvrage de Per Brun, intitulé ‘Design and construction of mounds for breakwaters
and coastal protection’ (1985), il convient de distinguer deux types différents de filtres. Le
premier se place directement sous les blocs de carapace, ce type est appelé le filtre support. Le
poids moyen des blocs le composant représente généralement une fraction de celui du bloc de

11
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers

carapace, et le fuseau granulométrique étant le plus souvent assez resserré autour de cette
valeur.

Le rôle de cette couche est d’offrir une assise permettant d’obtenir un bon accrochage de
la carapace en présentant une taille et une distribution de cavité adaptées au type du bloc
utilisé. Il est important d’ailleurs, que le filtre support ait une bonne perméabilité, car cette
dernière influence directement sur les circulations hydrauliques de la couche supérieure et
conditionne donc la stabilité même des blocs de carapaces.

L’autre type de filtres est appelé Filtre de transition, son rôle est de retenir la migration des
matériaux fins du noyau au travers des couches supérieures. La composition de cette couche
lui permet d’être drainée par le filtre support et de drainer le noyau.

Cette disposition permet donc d’amortir progressivement les vitesses d’écoulement de l’eau à
l’intérieur de l’ouvrage. Le filtre support aura la tâche d’assurer le rôle du filtre de transition
au cas où ce dernier ne serait pas prévu.

f. Butée de pied

Les rôles exercés par ces structures sont multiples. Elles opèrent un calage intérieur de la
carapace limitant par-là les risques de glissement de cette dernière. Elles permettent d’offrir
une sécurité supplémentaire vis-à-vis des affouillements en pied d’ouvrage. Elles peuvent
jouer aussi le rôle de filtre entre les blocs inférieurs de la carapace et la couche sous-jacente.

Toujours selon PER BRUN, une disposition fréquente consiste à bâtir la butée de pied à l’aide
d’enrochements de même calibre que ceux du filtre support, lorsqu’un tel arrangement est
possible.

Il est à noter que la butée de pied peut prendre la forme d’une simple assise horizontale de blocs de
carapace. Il conviendrait dans ce cas de parler de risberme de pied.

g. Couronnement

C’est une structure souvent monolithique en béton posée en partie supérieure de


l’ouvrage. On y trouve souvent une dalle horizontale et un mur vertical appelé aussi mur de
garde.

Le Manual of the use of rock in coastal and shorelines engineering du CUR/CIRIA ( 1995)
préconise que la présence du couronnement permet de limiter les franchissements dus aux
houles. Il offre aussi une voue de roulement en arrière de l’écran protecteur en plus de la
protection qu’il offre au talus arrière contre les franchissements.

L’incovénient qu’on peut relever dans le couronnement, est qu’il peut accentuer les vitesses
d’écoulements de l’eau dans la zone voisine de la carapace, ce qui conduit à la déstabilisation
des blocs de celle-ci.

12
Chapitre I : Etat de connaissance sur les ouvrages de protection côtiers

Il est à noter qu’il faudrait attendre qu’une bonne partie des tassents du corps de l’ouvrage se
produise avant d’édifier cette structure rigide. Il faudrait néanmoins aussi, faire attention à ce
qu’une telle décision ne mette pas en danger la stabilité de la structure.

Conclusion

Les ouvrages ou structures de protection côtiers sont souvent appelés par les
ingénieurs maritimes sous plusieurs noms suivant le rôle chaque ouvrage: digues, jetés, brise-
lame, épis … etc. C’est pour ça qu’il faut bien les différencier l’une de l’autre. Il n’en
demeure pas moins que chacune de ces structures joue un rôle primordial dans la protection
côtière.

Le terme « digue » est très général, il comporte toute une variété d’ouvrages maritimes et
fluviaux. On s’intéressera dans le prochain chapitre aux travaux et recherches faits par les
chercheurs en matière de dimensionnement et stabilité des digues à talus en enrochement, en
passant par les interactions hydrauliques avec cette structure.

13
CHAPITRE II

ETUDE DES METHODES ET APPROCHES DE


DIMENSIONNEMENT DES DIGUES A TALUS EN MER
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Introduction

Ce chapitre a pour but de situer le contexte des digues à talus en milieu maritime, et
est dédié aux définitions des houles, de la faible profondeur, des phénomènes hydrauliques
que subisses les digues (Run-up, Run-down, Franchissement … etc.), ainsi que la
vulnérabilité des régions côtières.
Nous procèderons après aux diverses recherches et travaux effectués par différents chercheurs
et auteurs sur la stabilité hydraulique des digues à talus en enrochement.
II.1. Définition des concepts de l’étude

Comme toute structure côtière qui a pour rôle la protection du littoral, les digues à talus
subissent l‟actions des vagues, sous plusieurs formes, et à différentes intensités. Les
phénomènes d‟interaction entre les vagues et les structures se distinguent sous les formes
principales suivantes :
 Le Run-up/ Run-down
 Le franchissement
 La transmission
 La réflexion

II.1.1. Définitions de quelques paramètres clés

Selon le manuel Eurotop Overtopping Manual (ENW et KFKI, 2007), le


franchissement se produit à cause de l‟ascension des vagues le long de la structure de
protection (digue). Si la hauteur de la vague est assez importante, l‟eau atteindra et
franchira la crête de la digue, ceci est le cas appelé « green water », c‟est là où une
quantité continue d‟eau passe au-dessus de la crête.
Avant d‟entamer l‟interaction vague-structures, on doit tout d‟abord passer par des définitions
de paramètres extrêmement importants.
 Hauteur de la vague

La hauteur de la vague présente dans les formules de Run-up et de franchissement est


la vague significatif incidente Hm0 au pied de la structure, appelé la hauteur de vague
spectrale. La vague incidente est calculée par la formule II.1. Cette hauteur est en fonction de
la variance du spectre de la houle m0

H m0  4 m0 (II.1)

Une autre définition de la vague significatif incidente, c‟est la moyenne du plus grand tiers
des hauteurs vagues incidentes H1/3. Cette définition est peu utilisée dans les formules dans les
eaux peu profondes. Une autre définition de la hauteur de la vague apparaît dans les récents
articles de la revue Coastal Engineering (2013), la moyenne des cinquante plus grandes
hauteurs de vagues incidentes H50.

14
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

 Notion de faible profondeur d‟eau

On parle de faible profondeur (shallow water) quand la profondeur d‟eau n‟est pas
suffisamment importante pour que la surface da la vague ne soit affectée par la topographie du
fond.

Généralement la faible profondeur d‟eau répond aux critères suivants :

Si 3 Hs ouvrage > Dp, l‟ouvrage est en faible profondeur d‟eau.

Si 3 Hs ouvrage < Dp, l‟ouvrage est en forte profondeur d‟eau.

Figure II.1. Illustration aidant à la compréhension de la faible profondeur d‟eau

(Prevot. G. EDF, 2013).

 Spectre et période de la houle

En règle générale, un champ de houle observé peut être décomposé en un certain nombre
de composantes sinusoïdales individuelles, chacune avec leur propre hauteur (H), fréquence
(f), et direction (θ). On obtient une estimation du spectre de densité de l‟énergie de la houle à
partir d‟un enregistrement des fluctuations de l‟élévation de la surface de la mer par des
transformées de Fourrier. Goda (2000) et Tucker et Pitt (2001).

A partir de ce spectre on pourra calculer plusieurs paramètres de la houle représentatifs (on


citera pour exemple Tp, Tm, et Hsm).

Ces paramètres sont représenté dans le tableau suivant tiré du Chapitre 4 du Rock
manual (CETMEF, 2009).

15
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Tableau II.1 Paramètres tirés du spectre de la houle source : Rock manual (CETMEF, 2009)

Paramètre caractéristique de la houle Définition


f max

Variance m0 m0  
f min
E ( f )df

f ma x

Moment d‟ordre n du spectre mn mn  


f min
f n E ( f )df

Hauteur significative de la houle calculée à H m 0  4 m0


partir du spectre Hm0
Hauteur moyenne énergétique de la houle HE HE  8m0
Période moyenne de ma houle Tm01 = T01 T01  1/ f01  m0 / m1
Période moyenne de la houle Tm02 = T02 T02  1/ f02  m0 / m2
Période moyenne énergétique Tm-1.0 = T-10 Tm1.0  T10  1/ f 10  m1 / m0

Plusieurs périodes peuvent être définies pour un enregistrement (ou spectre) de vagues.
Conventionnellement, ces périodes sont :
- La période de pic Tp (période qui donne le pic du spectre) ;
- La période moyenne Tm (calculée à partir du spectre ou des enregistrements des
vagues) ;
- La période significative T1/3 (la moyenne des trois plus hautes vagues enregistrées).
Note : en cas d‟absence d‟informations la relation Tp=1.1 Tm-1,0 devient une règle empirique
applicable et satisfaisante.
Dans le cas d‟une eau peu profonde (qui est notre sujet d‟étude), la forme du spectre change,
le pic s‟atténue et on observe plus d‟énergie en hautes et basses fréquences. En cas de
déferlement important, le spectre peut devenir si plat que la période de pic devient difficile à
déterminer.
Il est donc recommandé d‟utiliser la période moyenne énergétique Tm-1,0 à la place de Tp.
Cette période s‟est révélée fiable dans les études de franchissements de la houle ainsi que sur
la stabilité.
 Cambrure et déferlement
L‟influence de la cambrure de la houle est souvent exprimée par la cambrure nominale de
la houle, S0, calculée à partir de la hauteur de la houle locale, H(m), et de la longueur d‟onde
théorique de la houle au large, L0(m), ou de la période de la houle, T(s).
H 2 H
S0   (II.2)
L0 g T2

Le paramètre le plus utile pour décrire l‟effet de houle sur les talus, ainsi que certains de ses
effets, est le paramètre de déferlement, ξ (-), également connu sous le nom de nombre
d‟Irribaren.

 tan  / S0 (II.3)

16
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

On tend à utiliser le nombre d‟Irribaren issu de la période énergétique :


tan α
m 1,0  (II.4)
Sm 1,0

Où est l‟angle de talus de l‟ouvrage.


Remarque

Dans les différents ouvrages, plusieurs versions du paramètre de déferlement sont utilisées. La
cambrure et le nombre d‟Irribaren comporteront ainsi des indices indiquant quelle période et
quelle hauteur de la houle ont été utilisés.

Le tableau suivant comporte la plupart des combinaisons et possibilités pour ces paramètres :

Tableau II.2. Tableau des différentes utilisations de ξ et S0

Indices de � et Paramètres utilisés


ξm et S0m Hs (s) : d‟après un enregistrement de houle
Tm (s) : période moyenne
ξp et S0p Hs (s) : d‟après un enregistrement de houle
Tp (s) : période de pic
ξm −1,0 et Sm −1,0 Hm0 (s) : à partir du spectre de la houle
Tm-1,0 (s) : à partir du spectre de la houle
ξs−1,0 et Ss−1,0 Hs (s) : d‟après un enregistrement de houle
Tm-1,0 (s): période moyenne énergétique
Sp Hs (s) : d‟après un enregistrement de houle
Tp et Lp : période moyenne

Figure II.2. Types de déferlement sur un talus (Battjes, 1974)

17
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

II.2. Interactions hydrauliques entre la houle et l’ouvrage

II.2.1. Definition des interactions hydrauliques

- Run-up et Run-down

D‟après le manuel Eurotop Overtopping Manual (Enw et Kfki, 2007), l‟action de la houle
sur un talus entraîne une oscillation de la surface de l‟eau sur une étendue verticale
généralement plus importante que la hauteur de la houle incidente.

Ces extremums atteints par les vagues sont appelées respectivement Run-up, Ru, et le Run-
down, Rd, sont définis verticalement par rapport au niveau de l‟eau au repos et exprimés en
mètres.

C‟est bien évidemment le Run-up qui a mobilisé le plus les chercheurs. Il peut être utilisé
pour déterminer le niveau de la crête d‟un ouvrage, la limite supérieur de la protection ou
d‟autres éléments structurels de l‟ouvrage. Il peut servir aussi d‟indicateur au franchissement
ou la transmission de la houle.

Le Run-down est souvent utilisé pour déterminer l‟étendue inférieure de la carapace.

- Franchissement de la houle

Si le Run-up dépasse le niveau de crête, il y aura franchissement de l‟ouvrage, et une


quantité d‟eau important sera poussée par les vagues les plus hautes au-delà de la crête de
l‟ouvrage. L‟Eurotop Overtopping Manual précise que ceci arrive pour un nombre
relativement faible de vagues pendant la tempête de dimensionnement, tout en acceptant
souvent un faible taux de franchissement sans que cela n‟engendre des dégâts à l‟ouvrage.

Lors de la conception des ouvrages hydrauliques, le franchissement sert surtout à déterminer


le niveau de la crête et la géométrie de la section en garantissant que le débit franchissant
moyen spécifique, q, (m3/s par mètre linéaire de crête), reste inférieur à des limites
acceptables dans les conditions de dimensionnement. Souvent, le Volume franchissant, V max
(m3/s par mètre linéaire de crête), comme paramètre de dimensionnement.

- Transmission de la houle

Les digues dont la crête est relativement basse peuvent être franchies avec suffisamment
de sévérité pour que cela donne naissance à une houle derrière l‟ouvrage. Si la digue est
construite avec des matériaux relativement perméables, de longues périodes de houle peuvent
entraîner la transmission de l‟énergie de la houle à travers l‟ouvrage.

Quantifier la transmission de la houle, selon Rock Manual (CETMEF, 2009), est importante
lors de la conception des digues à crête abaissée, destinées à protéger les plages ou le littoral,
et lors de la conception de digues portuaires, pour lesquelles la transmission de la houle
pourrait causer des mouvements de navires.

18
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

La transmission est exprimé par le coefficient de transmission, C t (-), défini comme étant le
rapport entre la hauteur de la houle transmise, Ht, et la hauteur de la houle incidente, Hi :

Ht
Ct  (II.5)
Hi

- Réflexion de la houle

La réflexion de la houle est importante sur les côtes, à l‟entrée et à l‟intérieur des ports.
L‟interaction entre la houle incidente et la houle réfléchie entraîne souvent un état de mer
confus devant l‟ouvrage et des vagues occasionnellement cambrées et instables pouvant
compliquer les manœuvres de navigation.

La réflexion entraîne un accroissement de la vitesse orbitale de pic et augment la probabilité


de mouvement des sédiments du fond. Tous les ouvrages côtiers réfléchissent une partie de la
houle incidente. Cette réflexion est exprimée par un coefficient de houle, Cr, défini comme le
rapport entre la hauteur de la houle réfléchie, Hr, et la houle incidente, Hi.

Hr
Cr  (II.6)
Hi

II.2.2. Fondements théoriques et aboutissement des recherches

Estimation des paramètres d’interaction hydraulique avec l’ouvrage

 Houle de projet

Le dimensionnement de l‟ouvrage nécessite autant de houles de références (de projet)


que d‟aspects fonctionnels ou de stabilité à examiner. Le choix de la fréquence des
événements à prendre en compte dépend du choix du concepteur et de la fonction de
l‟ouvrage, sans négliger pour autant l‟aspect économique en cas de dysfonctionnement
temporaire ou d‟une éventuelle ruine de l‟ouvrage.

 Run-up de la houle

Le Run-up est le niveau maximal qu‟atteint l‟eau sur le talus d‟un ouvrage du fait de
l‟action de la houle.

L‟estimation de ce paramètre se fait en appliquant des équations empiriques simples (modèles


physiques), ou bien par le biais de modèles numériques houle/ouvrage. Les deux exigent une
précision dans la définition des paramètres (paramétrage).

Le Run-up, noté Ru (m), est défini verticalement par rapport au niveau de l‟eau au repos. Il sera
positif s‟il dépasse ce niveau. Ru est souvent donné sous forme adimensionnelle en divisant sa
valeur par Hs, qui est la hauteur significative de la houle.

19
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

On notera

Ru
Run %  (II.7)
Hs

Avec n : niveau de dépassement considéré (par exemple 2%).

 Dans le cas où la houle serait irrégulière, ce qui est le cas dans la plupart du temps, il
est difficile de déterminer, on aura donc recours à un paramètre représentatif. La
grande majorité des ouvrages et recherches utilisent le � % .
o Approche fondamentale

La plupart des concepts actuels utilisent une fonction basique, simple, et linéaire du paramètre
de déferlement ξ(-) :

Ru 2%  A  B (II.8)

A et B sont des coefficients d‟ajustement. En houle aléatoire, R u en fonction de la hauteur et


de la longueur de la houle. En eau profonde ou relativement profonde.

Il est possible de considérer une distribution de Rayleigh (source : Rock Manual. CETMEF,
2009). En revanche, la distribution de la houle s‟écarte de la distribution de Rayleigh en eau
peu profonde, la valeur H2% /Hs varie généralement entre 1.1 et 1.4.

La plupart des données disponibles sur le Run-up concernent seulement les talus
imperméables et essentiellement lisses. D‟un autre coté, dans certains cas, les méthodes
élaborées pour les talus lisses peuvent servir pour les talus rugueux en appliquant des facteurs
de correction de rugosité. Ces derniers nous intéresseront du moment où notre sujet traite les
talus en enrochements.

D‟autres coefficients peuvent intervenir pour des situations plus complexes (houle oblique,
eau peu profonde, talus à berme).

A la place de ces facteurs qui sont expérimentaux, quelques formules explicites ont été mises
au point pour les conditions particulières. Selon le CETMEF, le schéma de calcul du Run-up
peut être résumé comme suite :

20
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Approche fondamentale

Talus rugueux
Talus lisse
- Formules explicites

Conditions spéciales
Talus rugueux
(formules explicites)
- Coefficients de correction
- Houle oblique
- Eau peu profonde
- Talus à berme
Conditions spéciales
(coefficients correction)
-Houle oblique
- Eau peu profonde
- Talus à berme

Figure II.3. Schéma de calcul du run-up (Rock Manual. CETMEF, 2009)

o Talus lisse

En se basant sur des mesures, Ahrens (1981) a élaboré une courbe d‟estimation
correspondant à l‟équation 1.5 pour R u2% en utilisant le paramètre de déferlement en période
de pic ξp (défini dans le tableau II.2), avec les coefficients :

A =1.6
< 2.5
B=0
ξp A= -0.2
> 2.5
B= 4.5

Allsop et all. (1985) ont aussi mis au point une courbe d‟estimation se basant sur
l‟équation 1.5, cette courbe n‟est valable que pour ξp compris entre 2,85 et 6. Les
coefficients utilisés sont A= -0,21 et B= 4,5 sans prendre en considération une
marge de sécurité.

Les courbes de prédiction d‟Ahrens et Allsop peuvent prendre en considération


l‟influence de certains paramètres, en introduisant des coefficients de correction. Ces
paramètres en question sont l‟influence des bermes γb , la rugosité du talus γf ,
l‟obliquité de la houle γ , et le cas d‟une eau peu profonde.

La formule [Link] en compte ces facteurs. On en conclue qu‟en eau profonde et


une houle perpendiculaire à l‟ouvrage en présence d‟un talus lisse ces facteurs seront
tous égaux à 1.

  f  h b   A p  B 
Ru 2%
(II.9)
Hs

Une courbe d‟estimation a aussi vu le jour au Pays-Bas dans un rapport du TAW intitulé
Technical Report on Wave Run-up and Overtopping at Dikes, (TAW, 2002a). Ce rapport
prend ξm −1,0 (définie dans le tableau II.2), Cette initiative trouve son utilité dans la mesure où

21
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

la période moyenne énergétique Tm −1,0 prend en considération la forme du spectre et la


hauteur d‟eau pour des eaux peu profondes.

Les formules du TAW pour le Run-up sont exposées dans les équations II.10 et II.11.

Ru 2%
 A b f    m 1,0 (II.10)
H m0

Pour une limite maximale de ξm −1,0

Ru 2%  c 
  f B   (II.11)
H m0   m1,0 
 

Figure II.4. Run-up de la houle en fonction du paramètre de déferlement (TAW, 2002a)

Les tableaux [Link]ésente pour chacun des coefficients A, B, et C deux valeurs obtenus des
calculs probabilistes et déterministes. Ces coefficients ont été obtenus par les expériences
conduites par le TAW.

Tableau II.3. Valeurs des coefficients A, B, et C pour les équations II.10 et II.11

Coefficients (équations II.10 Valeur avec marge de Valeurs sans marge de


et II.11) sécurité (μ- )- calculs sécurité (tendance moyenne)-
déterministes calculs probabilistes

A 1,75 1,65
B 4,3 4,0
C 1,6 1,5

22
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

o Talus rugueux

Pour calculer le Run-up sur les talus rugueux, il est possible d‟introduire soit des
facteurs de correction de la rugosité soit des formules explicitement calculées.

 Talus rugueux- facteurs de correction

Pour estimer le Run-up sur des talus imperméables, il y a moyen d‟exploiter les formules
propres au talus lisses énoncées ci-dessus en appliquant un facteur de réduction, qui vient
multiplier le run-up obtenu pour un talus lisse.

Les limites d‟utilisation diffèrent pour les formules d‟Ahrens et Allsop, qui utilisent
l‟équation II.9 et qui ne prennent compte que les ξ p inférieurs à 4, étant donné qu‟il n‟y a pas
de données pour des valeurs du paramètres de déferlement plus grands.
Dans la méthode du TAW, qui utilise les formules II.10 et II.11. Le coefficient de rugosité f,
n‟est applicable que pour des valeurs de ξm −1,0 < 1.8. Ce coefficient augment linéairement
jusqu‟à 1 pour γb ξ−1,0 = 10 et reste égal pour des valeurs plus grandes. Les coefficients de
rugosité présents dans le tableau II.4 sont présents dans le rapport du TAW.

Tableau II.4. Valeurs du coefficient de rugosité, γf (TAW 2002a)

Type d‟ouvrage γf
Béton, bitume, et herbe 1,0
Enrochements appareillés 0,8 – 0,95
Enrochement naturel- couche unique sur une 0,70
base imperméable
Enrochement naturel- deux couches sur une 0,55
base imperméable

 Talus rugueux- formules explicites

Des formules explicites ont aussi été établies suivant des essais sur des talus rugueux en
enrochements avec des noyaux perméables et imperméables, Pour la plupart des conditions de
houles et de pentes de l‟ouvrage, le talus en enrochements dissipe l‟énergie mieux que les
talus équivalents lisses, Ceci indique clairement que le Run-up sur les talus rugueux est
inférieur à celui sur les talus lisses.

Pour obtenir ces résultats le Run-up a été mesuré sur des talus recouverts d‟enrochements
naturels ou de rip-rap lors d‟essais en laboratoire,
L‟analyse des résultats des essais effectués par Van der Meer et Stam (1992) et présentés dans
le manuel du CUR/CIRIA a permis de déterminer des formules d‟estimation (équations II.12
et II.13) pour des talus à carapace en enrochements naturels avec un talus imperméable,
caractérisé par un coefficient de perméabilité égal à 0,1, et pour des talus perméables d‟une
perméabilité élevée (entre 0,5 et 0,6), Il est à noter que cette analyse repose sur ξm et non
pas ξm −1,0 .

23
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Run %
 a m Pour ξm < 1,5 (II.12)
Hs

Run %
 b mc Pour ξm > 1,5 (II.13)
Hs

Le run-up des ouvrages perméables (P> 0,4) est limité par un maximum décrit par l‟équation
II.14.

Run %
d (II.14)
Hs

Les coefficients a, b, c, et d sont présentés dans le tableau II.5 et ont été mesuré pour
différents niveaux de dépassements du Run-up.

Tableau II.5. Coefficients des équations II.12 à II.14 (CETMEF, 2009)

Run-up dépassé
par n% des a b c d
vagues
0,1 1,12 1,34 0,55 2,58
1 1,01 1,24 0,48 2,15
2 0,96 1,17 0,46 1,97
5 0,86 1,05 0,44 1,68
10 0,77 0,94 0,42 1,45
50 0,47 0,6 0,34 0,82

Les recherches de Van der Meer et Stam (1992) ont été réanalysées après que les recherches
dans le cadre du programme CLASH de l‟UE ont démontré que pour des petites valeurs du
paramètre de déferlement, il aurait une différence dans le Ru2% dans le cas d‟une sous-couche
imperméable et une sous-couche perméable.

La figure II. 5 présente les résultats de ces recherches conduits pour des trois talus perméables
et trois autres imperméables, tout en rajoutant une autre courbe de prédiction pour les talus
lisses.

24
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Figure II.5. Run-up relatif sur des talus en enrochements en fonction de la perméabilité du
noyau déterminé à l‟aide du paramètre de déferlement calculé par les valeurs
spectrales (TAW,2002a)

Le LNH, à partir de résultats d‟essais propose pour les enrochements la formule (II.15), en
fonction du paramètre de déferlement local ξ.

Ru
 0.67 0.51 (II.15)
H
Divers auteurs auraient aussi cherché à représenter la variation du coefficient du Run-up par
la formule II.16, Les coefficients obtenus par l‟expérimentation sont représentés dans le
tableau II.6 et la figure II.6

Ru
 A 1  exp B  (II.16)
H
Tableau II.6. Coefficients tirés de la courbe expérimentale (TAW, 2002a).

Courbe A B
1 1,79 -0,46
3 1,45 -0,52
4 1,34 -0,60
5 1,22 -0,57

25
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Figure II.6. Run-up pour différents types de blocs (TAW, 2002a)

 Conditions particulières
o Houle oblique

L‟angle d‟incidence de la houle, β, est défini comme étant l‟angle formé par la direction
de propagation de la houle et de l‟axe perpendiculaire à l‟ouvrage (l‟attaque de la vague est
considérée normale si β=0).

La dispersion directionnelle de la houle affecte le Run-up et les franchissements car la houle


est en réalité courte et non pas longue, On en conclue que pour un angle d‟incidence égal à
zéro, le Run-up et le franchissement ont une valeur maximale, L‟équation II.17 donne le
facteur de correction γb pour les différentes méthodes du calcul du Run-up d‟une houle courte
oblique :

 b  1  0.0022  Pour 0 < β < 80o (II.17)

Pour les angles d‟incidence β > 80o, le calcul est effectué en prenant β = 80,

o Eau peu profonde

En eau peu profonde, la distribution des hauteurs de la houle s‟écarte de la distribution de


ln p
Rayleigh ( Rup /R us = − ), Il en résulte que H2% /Hs < 1,4 (d‟après Rayleigh), avec
2
des valeurs habituellement entre 1,1 et 1,4.

L‟influence du changement de distribution de la hauteur des vagues sur le Run-up peut être
exprimée par un coefficient de réduction de profondeur,γh calculé à partir de H2% et Hs au
pied de l‟ouvrage par l‟équation II.18 et intervenant dans l‟équation II.9.

 H 2%  1
h    (II.18)
 H s  1.4

26
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Remarque : Les formules du TAW ne prennent pas en considération ce coefficient car la


faible profondeur d‟eau est déjà prise en charge par les paramètres choisis (la période Tm−1,0
et la hauteur Hm .

L‟article Wave Run-up on Dikes with Shallow Foreshores écrit par Van Gent (2001), traite
particulièrement les digues en faible profondeur d‟eau, Cet article conclue que les modèles
numériques et physiques supportent l‟utilisation de la période moyenne énergétique T m-1,0 au
pied de l‟ouvrage, et qu‟il est déconseillé d‟utiliser la période de pic Tp.

Les résultats des expériences de Van Gent ont conduit à l‟élaboration des formules II.19 et
II.20.

Ru 2%
 c0 s 1.0 Pour ξs−1,0 p (II.19)
 f  bHs

Ru 2%  c 
 c1   2  Pour ξs−1,0 p (II.20)
 f  bHs   s 1.0 

L‟article défini les paramètres cités dans les équations précédentes, p = 0,5c1 /c0 et
c_2 = 0,25c12 /c0

Cette étude réalisé par Van Gent n‟est valable que pour 1 ξs−1,0 10, Les résultats de
l‟étude sont illustrés par la figure II.7 et le tableau II.7.

Tableau II.7. Coefficient c0 et c1 pour la prédiction du Run-up (Van Gent, 2001)

Spectre Hauteur de la Période de la


écart type
énergétique vague utilisée vague utilisée C0 C1
de la vague (m) (m)

Total : long
Hm0 Tm-1,0 1,45 3,8 0,24
et court
Total : long
Hs Tm-1,0 1,35 4,7 0,37
et court
Court
Hm0 Tm-1,0 1,45 5,0 0,51
seulement
Court
Hs Tm-1,0 1,55 5,4 0,63
seulement

27
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Figure [Link] entre les modèles numériques et physiques pour la prédiction du


Run-up en utilisant les formule II.19 et II.20 (Van Gent, 2001),

 Franchissement de la houle

Lors du dimensionnement de l‟ouvrage, la cote d‟arase de la crête est déterminée par


le biais du débit de franchissement,

En houle aléatoire, ce débit varie considérablement d‟une vague à une autre, Dans les cas
spécifiques, il existe dans la plupart des cas peu de données pour quantifier cette variation, vu
les nombreux paramètres à prendre en compte, liés à la houle, la géométrie du talus et la crête,
Il suffit souvent d‟utiliser le débit moyen, exprimé sous forme d‟un débit spécifique par mètre
linéaire de crête, q (m3/s par mètre linéaire ou l/s par mètre linéaire),

Le tableau présenté dans la figure II.8. et tiré du Rock Manual publié par le CETMEF
présente les valeurs critiques de q suggérées pour divers scénarios de dimensionnements, les
volumes franchissant maximums critiques, V max (m3 par mètre linéaire), qui peuvent avoir une
importance bien plus grande que les débits critiques dans certaines circonstances.

28
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Figure II.8. Débits et volumes franchissants critiques (Allsop et al, 2005)

29
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

o Approche fondamentale

Les différentes méthodes de calcul des franchissements se rapportent généralement à


des formules de type exponentiel dans lequel le débit de franchissement, q (m3/s), est donné
par la formule II.21.

q = A eBR c (II.21)

A et B sont des coefficients qui diffèrent selon ma méthode employé pour la détermination de
q, ils dépendent de différents paramètres de l‟ouvrage, tel que l‟angle de talus, α, et la largeur
de la berme, Lb,

Rc est la revanche de la crête, qui est défini comme étant la hauteur de la crête au-dessus du
niveau de l‟eau au repos considéré,

En dehors des méthodes analytiques, il est possible d‟utiliser les outils de modélisation
neuronaux développés dans le cadre du projet CLASH de l‟UE, cette alternative peut se
révéler intéressante du moment où les grand nombre de paramètres intervenant dans
l‟estimation de débit de franchissement peut se révéler extrêmement compliqué,

Approche fondamentale

Talus rugueux avec mur


Talus lisse de couronnement
- Formules explicites

Talus rugueux Conditions spéciales


- Coefficients de (digues à bermes
correction reprofilables)

Conditions spéciales (coefficients de


correction)
-Houle oblique
- Talus à berme

Figure II.9. Schéma de calcul du franchissement (Rock Manual. CETMEF, 2009)

o Talus lisses

Dans le but d‟estimer le débit de franchissement, q, sur des talus lisses et imperméables,
on citera les travaux d‟Owen (1980), et ceux de Van Der Meer présents dans le rapport du
TAW (2002a), La différence entre les deux méthodes réside dans le domaine de validité
relatif à la cambrure de la houle et au paramètre de déferlement, avec des débits variant entre
0,1l/s/ml et 10l/s/ml environs, Dans le cas d‟un débit moindre on citera les travaux de Hedges

30
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

et Reis (1998), qui ont élaboré un modèle basé sur la théorie de franchissement en houle
régulière.

- Travaux d‟OWEN (1980)

Afin de calculer le débit franchissant moyen pour des talus lisses, Owen a déterminé deux
paramètres nécessaires à l‟estimation de ce dernier, La revanche adimensionnelle, R *, et le
débit franchissants spécifique adimensionnel, Q*, sont déterminé dans les formules II.22 et
II.23 à partir de la période moyenne Tm et la hauteur significative de la houle au pied de
l‟ouvrage Hs, l‟équation II.24 illustre le rapport entre R* et Q*

Rc Rc
R*   (II.22)
Tm gH s H s som  2 

Q*  q / (Tm gH s ) (II.23)

 bR* 
Q*  a exp 
  f 
(II.24)
 

Rc représente la revanche de l‟ouvrage, quant aux coefficients a et b, ils sont calculés de


manière empirique et dépendent de la section de l‟ouvrage, f est le facteur de correction de
rugosité vu auparavant pour le Run-up.

Note : de récents résultats d‟essais, rapportés par le Fur et al, (2005), indique que l‟équation
1,19 n‟est valable que pour 0,05 R∗ 0,6 et pour des variations limitées de cambrure
0,035 s0m 0,065.

Les résultats obtenus lors d‟essais, et reportés dans le Manual of Overtopping of Seawalls
publié par l‟agence britannique de l‟environnement (Besley, 1999), donne les coefficients a et
b utilisés dans l‟équation II.24. (Tableau II.8). Ces coefficients concernent les talus lisses à
pente constante.

Tableau II.8. Coefficient a et b de l‟équation II.24 pour des talus lisses et de pente constante
(Manual of Overtopping of Seawalls. Besley, 1999)

Pente a (*10-3) b
1/1 7,94 20,1
3/2 8,84 19,9
2/1 9,39 21,6
5/2 10,3 24,5
3/1 10,9 28,7
7/2 11,2 34,1
4/1 11,6 41,0
9/2 12 47,7
5/1 13,1 55,6

31
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

La figure II.10 présente le débit franchissant, Q*, estimé à l‟aide de la méthode d‟Owen pour
différentes pentes de talus, On remarque que pour des débits importants, les courbes
convergent, ce qui signifie que la pente du talus n‟importe plus au-delà de cette valeur.

Figure II.10. Débits franchissants pour différentes pentes de talus à l‟aide de Q* et R*


(Owen, 1980)

Owen (1980), a également conduit des expériences pour des talus lisses à berme (figure II.10),
et qui se sont conclues par la détermination de coefficients a et b spécifiques à des
combinaisons particulières de pentes de talus (figure II.12).

Remarque : Il est fortement déconseillé d‟utiliser ces coefficients pour d‟autres combinaisons
que celles mentionnées, ils ne doivent servir que pour une estimation préliminaire.

Figure II.11. Exemple d‟un profil de talus lisse à berme (CETMEF, 2009)

32
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Figure II.12. Coefficients pour différentes combinaisons de talus lisses à berme (Owen,
1980)

- Travaux du TAW (2002a)

Les travaux de Van Der Meer sur le franchissement, reportés dans le rapport du TAW,
sont exprimés par deux formules : l‟une pour les vagues déferlantes (γb ξm −1,0 2), pour
lesquelles le franchissement augmente avec l‟accroissement du paramètre de déferlement, et
l‟autre pour des vagues non déferlantes (γb ξm −1,0 2), pour lesquelles le franchissement
maximale est atteint.

Ce qui différencie les travaux d‟Owen à ceux du TAW est que ceux de ce dernier couvrent
une vaste gamme de conditions de la houle, et sont représentés par les formules II.25 et II.26.

Houle déferlante

A R 1
q / ( gH m3 0   bm1.0 exp( B c ) (II.25)
tan  H m0 m1.0 b   f

Houle non déferlante

A R 1
q / ( gH m3 0   bm1.0 exp( D c ) (II.26)
tan tan  H m0    f

Où les facteurs de correction sont les mêmes que ceux exposés dans la partie du Run-up, et de
la même manière que pour le run-up, les coefficients A,B,C, et D dans le tableau II.9

33
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

représentent la tendance moyenne de la totalité des données utilisées dans les calculs
déterministes.

Tableau II.9. Valeurs des coefficients A, B, C, et D dans le rapport du TAW (2002a)

Coefficients des Equations Valeurs avec marge de Valeurs sans marge de


1,22 et 1,23 sécurité sécurité
A 0,67 0,67
B 4,30 4,75
C 0,20 0,20
D 2,30 2,60

o Cas de talus à berme

Le TAW propose une méthode pour prendre en compte l‟influence des talus à berme sur
le run-up et le franchissement, elle est devisée en deux étapes (équations II.27 et II.28) :

Calcul du talus représentatif, α (o), afin de déterminer le paramètre de déferlement ξ


(figure II.10).
Calcul du facteur de correction en présence d‟une berme, b,

tan   1.5H m0  Ru 2%  /  Ltalus  BB  (II.27)

 b  1  kb 1  kh  (II.28)

Où k h est le facteur d‟influence de position la berme, et k b est le facteur d‟influence de la


largeur de la berme, Ltalus est la longueur du talus, BB est la largeur de la berme.

Cette méthode n‟est valable que pour les bermes dont la largeur reste inférieure au quart de la
longueur d‟onde au large, L0, et pour une pente de la berme inférieur à 15/1, Les bermes
inclinées doivent être définies comme équivalentes à une berme horizontale (B après= BB).

Figure II.13.Définition de la largeur de berme B, utilisée dans l‟équation II.27.

34
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Le facteur d‟influence k b est calculé à l‟aide de l‟équation II.29. la longueur de berme Lberme
est montrée à la figure II.13.

2H m0
Lberme BB
kb  1   (II.29)
2H m0 Lberme
Lberme  BB

Figure II.14. Talus à berme (CETMEF, 2009).

L‟influence de la position de la berme peut être déterminée par l‟équation II.30. D‟après le
TAW une berme positionnée au niveau de l‟eau au repos est particulièrement efficace, la
figure [Link]ée du Rock Manual montre les valeurs que prennent hb et x suivant la position
de la berme.

 hb
kh  0.5  0.5cos (II.30)
x

Figure II.15. Influence de la position de berme sur le paramètre x de l‟équation II.30.

Note : les équations qui comprennent le run-up comme paramètre, on aura recourt à un
procédé itératif en prenant pour commencer une valeur R u2% égale à 1.5Hm0 .

o Cas d‟eau peu profonde

Le TAW (2002a) propose une formule destinée à l‟estimation du débit de franchissement


en eau peu profonde, car ces conditions peuvent induire des valeurs importantes du paramètre
de déferlement pour lesquelles le franchissement de la houle sera supérieur à celui calculé
dans les équations II.25 et II.26. La formule de franchissement en eau peu profonde ou très
peu profonde, avec ξm −1,0 7, est donnée par l‟équation II.31.

35
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

q  Rc 
 0.21exp  
gH m3 0  ( f  b H m0  0.33  0.22 m1.0   (II.31)
 

Note : les équations II.25 et II.26 sont valables pour des conditions allant jusqu‟à ξm −1,0 ≈ 5,
Pour des valeurs entre 5 et 7 du paramètre de déferlement, l‟idéale serait d‟interpoler les
résultats obtenus pour les équations II.25 et II.26, et ceux obtenus dans l‟équation II.28.

o Talus rugueux
o Talus rugueux avec noyau imperméable – facteurs de correction–

Comme pour le run-up, il est possible d‟intégrer un facteur de correction de rugosité,γf


aux formules du franchissement destinées au talus lisses imperméables, Le tableau II.10
illustre les différents coefficients donnés par le TAW, et ceux donnés pour les formules
d‟Owen.

o Talus rugueux avec noyau perméable

Dans le cadre du programme CLASH de l‟EU, Pearson et al (2004) ont entrepris des
essais sur divers encochements artificiels sur talus perméables afin de calculer leurs
coefficients de rugosité, Il a été établi que les caractéristiques du franchissement suivent la
tendance générale de la méthode du TAW pour des ouvrages perméables composés d‟un talus
3/2, Le tableau II.11 expose les résultats du CLASH

Tableau II.10. Valeurs de γf pour les ouvrages perméables (Rapport du TAW, 2002a)

Types d‟enrochements ou
Nombres de couches γf pour la méthode du TAW
d‟ouvrage
Enrochement naturel 2 0,40
Cube 2 0,47
Cube 1 0,50
Cube antifer 2 0,47
HARO 2 0,47
Tétrapode 2 0,38
Dolos 2 0,43
Accropode 1 0,46
CORE-LOC 1 0,44
Xbloc 1 0,45
Digue à berme 2 0,40
Shed 1 0,50

o Cas d’une houle oblique

L‟influence de l‟incidence de la houle sur les débits franchissants diffère de celle du run-
up, C‟est le rapport de franchissement / , comme rapporté par Besley (1999), et le

36
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

coefficient de réduction en présence de houle oblique, qui sont applicable en cas de


franchissement.

La méthode d‟Owen, qui utilisent les formules de Besley et qui sont représentées par les
formules II32 et II.33. Ces formules valent pour les talus sans berme et avec berme.

q
 1  0.000152 2 Pour talus de pente constante et 0 60 (II.32)
q

2
q  β  60 
 1.99  1.93 1.0    Pour talus à berme et 0 60 (II.33)
q  69.8 

Pour les angles supérieurs à 60o, il est conseillé d‟utiliser les équations II.32 et II.33.

Volumes d’eau franchissant par vague

Pour calculer le volume d‟une vague franchissante dépassée par 2% des vagues incidentes,
V2% (m3/m), il est possible d‟utiliser l‟équation II.34. Tirée des travaux de Van Gent (2003) :
2
V2%  R  Rc 
 cV'  f c  u 2%  (II.34)
  f Hs
2
Hs 

Où ′ est un coefficient égal à 1,0 et − est le coefficient de réduction de rugosité sur la


crête, Cette formule est principalement calculée pour des ouvrages imperméables avec des
talus lisses et rugueux, Toutefois, elle peut être utilisée comme repère pour les enrochements.

II.3 Stabilité et réponse structurelle aux actions hydrauliques

II.3.1 Concepts et paramètres de stabilité


L‟analyse de la stabilité hydraulique de l‟enrochement naturel et des sédiments ne
concerne généralement que les blocs individuels et les particules, Les mouvements des
enrochements ou des sédiments occasionnés par les courants ou par la houle se produisent
sous forme de déplacements de blocs individuels ou de fosse d‟affouillement pour un fond
constitué de sable, pierres, ou galets.

Les méthodes de dimensionnement classiques ont pour objectif d‟éviter le début de


mouvement des gros éléments et des particules fines en définissant ce qu‟on appelle des
conditions-seuils, qui sont exprimés sous formes de valeurs critiques de contrainte de
cisaillement, de vitesse, de hauteur de la houle ou de débit, Ces seuils peuvent être définis par
exemple, comme suit :

- Une quantité maximale d‟enrochements naturels ou artificiels déplacés (par unité de


temps et de surface) ;

37
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

- Une profondeur critique d‟affouillement ;


- Un transport maximal de matériaux.

Les réponses structurelles des enrochements aux charges hydrauliques (houles, courants),
dans les digues, les ouvrages de défense contre la mer, et les barrages en enrochement,
peuvent être exprimées pratiquement en utilisant un ou plusieurs paramètres et coefficients
des actions hydrauliques comme :

o le débit spécifique, q, à travers un ouvrage (m3/s par m) ;


o la contrainte de cisaillement, (N/m2), son paramètre adimensionnel, ψ (-),
ou la vitesse de cisaillement, u* (m/s) ;
o la vitesse, moyennée sur la profondeur, U, ou locale, u (m/s) ;
o les différences de hauteur d‟eau, h, ou la charge hydraulique H, ou H-h,
o la hauteur de la houle, H, par exemple la hauteur significative de la houle,
Hs, devant une digue (m).

Quant aux variables de résistance, pour la stabilité, les plus importantes sont :

o la taille de tamis, D (m), ou le diamètre nominal, D n (m), des enrochements,


ou la masse, M (kg) ;
o la densité relative déjaugée de l‟enrochement, Δ.

La porosité de couche, nv, ou la masse volumique de la couche d'enrochement en place, ρb


(kg/m3), ainsi que la perméabilité de l‟ouvrage en enrochement sont également des paramètres
de résistance qui jouent un rôle dans la réponse de l‟ouvrage à la houle et aux courants.

On associe généralement ces variables et paramètres des actions et des résistances pour
former des nombre adimensionnels (ex : nombre de stabilité, paramètre de Shield, paramètre
d‟Isbash) qui serviront au dimensionnement d‟ouvrages tel que les carapaces en enrochement.

Les valeurs critiques ou admissibles de ces paramètres sont ensuite déterminées par des
formules de calcul ou données de manière explicite, Si la condition de dimensionnement est le
début de mouvement des blocs d‟enrochement naturel ou artificiel, la formule de calcul est
une formule de stabilité.

Pour un ouvrage en enrochement, il existe deux concepts pour évaluer la stabilité


hydraulique : le concept de contrainte de cisaillement critique et le concept de vitesse critique.
D‟autres critères ont été déduits de ces deux concepts, le tableau II.11, résume ces différents
paramètres de stabilité et leur domaine d‟application.

38
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Tableau II.11. Concepts, formules de stabilité et leur relation avec les types d‟ouvrages,
(Source : Rock Manual, CETMEF, 2009).

Concept de stabilité Paramètre de stabilité Type d‟ouvrage


Contrainte de Paramètre de Shields, � - Protection de fond et de berge
cisaillement - Déversoirs et ouvrages de
vidange
- Barrages de fermeture en
enrochement

Vitesse Nombre d‟Isbash, 2


2
- Protection de fond et de berge
�� - Ouvrage de fond
- Butée de pied et protection
contre l‟affouillement

Débit / �� 3 - Barrage en enrochement, seuils


- Barrages mobiles
Hauteur de la houle Nombre de stabilité, - Carapaces en enrochement
�/(��) naturel
- Carapaces en enrochement
artificiel
- Butée de pied et protection anti-
affouillement
Charge hydraulique �/(��) - Barrages, seuils, barrages
mobiles

Paramètres généraux dimensionnant pour l’évaluation de la stabilité

Afin d‟évaluer la stabilité hydraulique des ouvrages en enrochements, il est souvent


nécessaire d‟avoir recourt à des combinaisons de paramètres hydrauliques (action) et de
paramètres des matériaux (résistance), Les paramètres qui reviennent souvent et dans la quasi-
majorité des cas dans le cadre de la stabilité structurelle peuvent être répartis en quatre
catégories distinctes, mentionnées et traitées ci-dessous :

o Attaque de la houle et des courants ;


o Caractérisation de l‟enrochement naturel ;
o Section transversale de l‟ouvrage ;
o Réponse de l‟ouvrage.

 Attaque de la houle

Dans le cas de l‟attaque de la houle sur un talus, le paramètre le plus important donnant une
relation entre l‟ouvrage et les conditions de houle, est le nombre de stabilité, Ns,

H
Ns  (II.35)
D

39
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

H = la hauteur de la houle (m), Il s‟agit habituellement de la hauteur significative de la houle,


Hs, qui, en cas d‟eau peu profonde est égale la hauteur déterminée à partir du spectre de la
houle, Hm0.

� = densité relative déjaugé, décrite par l‟équation II.36.

D = diamètre caractéristique (m), selon le type d‟ouvrages, Le diamètre utilisé pour


l‟enrochement naturel est le diamètre nominal médian, D n50, défini comme la taille du cube
1

équivalemment de masse M50 (kg) ; la relation entre ces deux paramètres est : � 50 = �
50 3

r   w r
  1 (II.36)
w w

Où � est la masse volumique apparente de la roche (kg/m3), et �� est la masse volumique de


l‟eau (kg/m3), Pour des enrochements artificiels, le diamètre utilisé est Dn (m), qui dépend de
la forme du bloc, Et la masse volumique utilisée est celle du béton � (kg/m3).

 Attaque du courant

Les principaux paramètres qui décrivent la réponse structurelle vis-à-vis des courants sont
des combinaisons de paramètres hydrauliques et de matériaux.

Parmi les paramètres utilisés dans l‟évaluation des enrochements et des sédiments grossiers,
on retrouve :
2
o Le paramètre de vitesse, 2 que l‟on trouve dans les travaux d‟Isbah (1970),
��
o Le paramètre de la contrainte de cisaillement, ψ, connu sous le nom de
paramètre de Shields, et qui est défini dans l‟équation (II.37)

 (II.37)
 
 r  w  gD
 

étant contrainte de cisaillement (N/m2), et D le diamètre de tamis du matériau.

 Caractéristiques de l‟enrochement naturel

Les principaux caractérisant l‟enrochement naturel du point de vue de la stabilité sont :

o La masse volumique apparente, � (kg/m3) ;


o La distribution blocométrique, d‟où l‟on pourra trier et contrôler la
taille médiane, donc la masse, M50, le diamètre nominal D n50, et la gradation,
D85/D15 (Exemple de blocométrie dans le tableau II.12) ;
o La forme des enrochements, Pour ce paramètre, on peut citer comme moyen de
caractérisation l‟élancement.

40
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Figure II.16. Exemple de blocométrie d‟enrochements moyens et gros (Rock Manual,


CETMEF, 2009)

 différence de hauteur entre le mur de couronnement et la crête de la carapace, d ca


 hauteur de la crête de la carapace/hauteur de l‟ouvrage par rapport au fond, d
 largeur de l‟ouvrage, B
 largeur de la berme supérieure de la carapace, Ba
 épaisseur de la carapace, des sous-couches, du filtre, t a, tu, tf
 angle du talus avant de l‟ouvrage α (°) profondeur de la butée de pied par rapport au
niveau de l‟eau au repos, ht.

Figure II.17. Paramètres dimensionnant liés à la section de l‟ouvrage


(CUR/CIRIA, 1984),

41
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

La revanche de la crête ainsi que la largeur de l‟ouvrage dépendent fortement du degré de


franchissement admissible, Les recommandations générales pour les conditions de
franchissement est que la largeur minimale de la crête devrait être égale à B min= (3à4) Dn50.

En ce qui concerne les paramètres structurels liés aux propriétés de l‟ouvrage, il est utile de
citer les paramètres suivants :

o La porosité de la carapace, nv ;
o La perméabilité de la carapace, du filtre et du noyau ;
o La densité de pose (plan de pose) de la carapace.

La porosité de couche des carapaces en enrochement naturel dépend principalement de la


forme et de la blocométrie de l‟enrochement, ainsi que la méthode de pose des blocs
d‟enrochements sur le talus.

Quant à la perméabilité, elle n‟est pas définie de manière classique (comme à l‟aide des
travaux de Darcy), mais est plutôt sous forme d‟un indice qui représente la perméabilité
globale de l‟ouvrage, Il s‟agit d‟un paramètre crucial pour la stabilité de la carapace exposée à
l‟action de la houle, et dépend des dimensions des couches filtres et du noyau.

La densité de pose est paramètre directement lié au plan de pose de la carapace, Ce terme
s‟applique principalement aux blocs dans la carapace, La formule II.38 donne l‟estimation du
nombre de blocs d‟enrochement par unité de surface, N (1/m2).

ta 1  nv  nkt 1  nv 
N  (II.38)
V Dn250

N = Na/A (1/m2) où Na est le nombre de blocs d‟enrochement dans la zone concernée et A est
la surface de la carapace parallèle au talus local, N est parfois appelé « densité de pose » ;

ta = épaisseur de la carapace (m), définie par ta = nktDn50 ;

V = volume des blocs d‟enrochement (m3) ;

kt = coefficient d‟épaisseur de couche.

 Paramètres liés à la réponse de l‟ouvrage

On peut décrire ce comportement de l‟ouvrage par une série de paramètres qui dépendent du
type d‟ouvrage, Les ouvrages statiques stables sont décrits par le nombre de blocs déplacés ou
par l‟évolution du dommage, ce qui veut dire les différences observées de profil avant et après
les tempêtes.

Le dommage subi par la carapace en enrochement peut être exprimé comme un pourcentage
d‟enrochements déplacés par rapport à une zone donnée, Ce dommage peut être exprimé sous
forme de paramètre adimensionnel nommé niveau de dommage adimensionnel, S d, (voir
Broderick, 1983) défini par la formule II.39 et représenté par la figure II.18.

42
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Ae
Sd  (II.39)
Dn50

Figure II.18, Dommage, Sd, sur la base d‟une zone érodée (Rock Manual. CETMEF, 2009)

Les limites de Sd en ce qui concerne la stabilité de la carapace dépendent principalement de


l‟angle de talus de l‟ouvrage.

Le nombre réel d‟enrochements perdus au sein de cette bande peut différer de S d, en fonction
de la porosité, de la blocométrie de l‟enrochement et de la forme des enrochements, En règle
générale, le nombre réel d‟enrochements perdus dans une bande de largeur D n50 est inférieur à
la valeur de Sd, Les différents dommages d‟un ouvrage à carapace en enrochement sont
décrits un peu plus loin dans les points qui suivront.

II.3.2. Méthode de la hauteur critique de la houle

Les analyses de stabilité des ouvrages soumis à l‟attaque de la houle sont habituellement

basées sur le nombre de stabilité = , dans lequel H et D sont la hauteur caractéristique
��
de la houle et la taille des enrochements, respectivement, Le non-dépassement du seuil
d‟instabilité ou l‟acceptation d‟un certain niveau de dommage peut être exprimé de façon
générale par l‟équation II.40 (USACE, 2003).

Hs
Ns   K1a K 2b K3c (II.40)
Dn50

Où les coefficients �1 , �2 �3 dépendent des autres paramètres mentionnés auparavant et


qui influencent la stabilité.

Cette équation a été longuement étudiée par plusieurs chercheurs et organisations œuvrant
dans le domaine maritime (on citera les travaux d‟Iribarren, Hudson, Van Der Meer et Van

43
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Gent). Ceci a permis de déterminer plusieurs relations empiriques décrivant les interactions
structurelles, donc l‟équilibre des forces qui agissent sur l‟enrochement du talus en avant des
ouvrages, en fonction de ce nombre de stabilité, Pour d‟autres parties des ouvrages intégrant
de l‟enrochement, des formules de stabilité ont aussi été déterminées à partir de l‟équation
II.40.

Pour certaines parties d‟ouvrages spécifiques, la stabilité est plutôt évaluée à l‟aide d‟un
2
paramètre de mobilité � = , basé sur la vitesse orbitale, Cette approche qui concerne les
� � 50
éléments proches du fond, est directement comparable au concept de vitesse critique,

II.3.3 Méthode de la vitesse critique ou admissible


2
Cette méthode propose comme critère soit , soit tout simplement la vitesse
2 ��
d‟écoulement, U, le début du mouvement des matériaux se produit lorsque la vitesse critique
ou admissible est dépassée, Les critères de stabilité basés sur la vitesse ont l‟avantage d‟être
simples.

Toutefois, il est essentiel de choisir une vitesse suffisamment représentative afin de


garantir une application fiable de ces critères, Habituellement, on applique la vitesse
d‟écoulement moyennée sur la profondeur, U (m/s).

Cette vitesse se révèle pratique dans le cadre du dimensionnement, bien que ce soit les
conditions de vitesses au fond qui déterminent le début du mouvement et l‟érosion.

Le tableau II.12 présente des valeurs typiques de vitesses critiques U1 (m/s), pour des
matériaux non cohésifs et une hauteur d‟eau h=1,0 m.

Les vitesses critiques, Ucr (m/s), pour des hauteurs d‟eau comprises entre 0,3 et 3m, peuvent
être obtenues en multipliant les vitesses critiques du tableau II.13 par des coefficients K1
donnés au Tableau II.13. Ces deux tableaux sont tirés des travaux d‟Isbash (1963).

Tableau II.12. Vitesses critiques moyennées sur la profondeur, U1.

Dimensions Vitesse critique U1 (m/s)


Matériau
D (mm) pour h = 1m
200 – 150 3,9 – 3,3
Graviers très grossiers
150 – 100 3,3 – 2,7
100 – 75 2,7 – 2,4
75 – 50 2,4 – 1,9
50 – 25 1,9 – 1,4
Graviers grossiers
25 – 15 1,4 – 1,2
15 – 10 1,2 – 1,0
10 – 5 1,0 – 0,8
Graviers 5–2 0,8 – 0,6
Sable grossier 2 – 0,5 0,6 – 0,4
Sable fin 0,5 – 0,1 0,4 – 0,25
Sable très fin 0,1 – 0,002 0,25 – 0,20
Limon 0,02 – 0,002 0,20 – 0,15
44
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Tableau II.13. Coefficients de corrections de la vitesse K1 pour des 0,3 3

Hauteur h (m) 0,3 0,6 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0


K1 0,8 0,9 1,0 1,1 1,15 1,20 1,25

 Critère de stabilité basé sur la vitesse dans le cas d‟enrochements sur un seuil

Isbash et Khaldre (1970) ont présenté un exemple bien connu de critère de stabilité basé sur la
vitesse, Leurs formules empiriques, tirés de résultats expérimentaux, calculés pour des
enrochements exposés et encastrés sur un seuil sont données par les équations II.41 et II.42,

Remarque : Les deux auteurs ont défini U b comme étant la vitesse critique de mouvement des
enrochements (m/s), qui peut être interprétée comme la vitesse près des enrochements et non
comme la vitesse d‟écoulement moyennée sur la profondeur, U (m/s),

Enrochements exposés :
 u  / 2 g  0.7
2
b
(II.41)
D50

Enrochements encastrés :
u  / 2 g  1.4
2
b
(II.42)
D50

Où D50 est le diamètre de tamis médian (m),

Le domaine de validité pour les formules II.41 et II.42, telles qu‟elles ont été élaborés par
Isbash et Khaldre (1970) sont valables pour des hauteurs relatives, h/D, comprises entre 5 et
10.

II.4. Stabilité des carapaces en enrochement naturel

Cette section a pour sujet la stabilité des carapaces en enrochement naturel côté mer des
ouvrages qui subissent l‟attaque des houles, on cite tout particulièrement les protections
côtières et les digues portuaires.

Ces ouvrages doivent avoir une hauteur de crête telle que la stabilité du talus avant n‟est pas
affectée ni par une transmission forte, ni par un important franchissement de la houle, ni par
un dommage considérable sur la crête ou à l‟arrière de l‟ouvrage.

Les dommages au niveau de la crête et à l‟arrière des ouvrages à crête relativement élevée
seront également abordés.

De nombreuses méthodes empiriques d‟estimation concernant la taille de l‟enrochement


naturel requise pour garantir la stabilité face à l‟attaque des vagues ont été élaborées au cours
des dernières annés.

Les travaux d‟Iribarren (1938), Hudson (1953,1958), Hedar (1960,1986), Van Der Meer
(1988b), et finalement Van Gent et al, (2004) ont donné les formules les plus fréquemment

45
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

utilisées dans le monde de l‟engineering, avant d‟entamer l‟étalement des recherches, il y a


lieu de noter les points suivants :

- L‟influence des fonds peu profonds et à faible inclinaison sur la performance


hydraulique est un sujet délicat qui demande une attention particulière du fait des
phénomènes complexes en jeu ;
- Plusieurs formules de stabilité seront abordées dans cette section, chacune formule a
son propre domaine de validité et un champ d‟application spécifique, Il est donc
demandé au concepteur de s‟assurer que la formule qu‟il utilise est valable pour
l‟application qu‟il fait, Il est aussi recommandé de procéder à une analyse de
sensibilité, ou à un calcul probabiliste, qui donnera des informations sur les sources
d‟incertitudes dans les calculs et le degré de sécurité requis pour le dimensionnement ;
- Ces formules ne doivent être utilisées que pour les études préliminaires, qui devront
être ensuite appuyées par des essais sur modèle physique ;
- La porosité de la couche et la densité de pose de la carapace en enrochement naturel
ne sont pas directement incluses dans les formules, bien qu‟elles puissent influencer la
stabilité, Une porosité moindre de la carapace peut entraîner une plus grande stabilité,
Toutefois, une porosité accrue de la carapace peut également entraîner une plus
grande stabilité du fait de la plus grande dissipation énergétique, ou au contraire
diminuer la stabilité de la carapace vu la réduction de l‟enchevêtrement des blocs ou
du frottement blocs contre blocs ;
- La forme des enrochements influe à son tour sur la stabilité : si la forme des
enrochements s‟écarte de celle qui a servi à l‟élaboration de stabilité (Forme angulaire
grossières standard), la stabilité peut être en effet affectée,

II.4.1 Vue d’ensemble du sujet traité

Les méthodes actuelles disponibles pour l‟estimation de la stabilité des carapaces en


enrochement naturel d‟ouvrage non-franchis sont dépendantes des conditions hydrauliques et
des paramètres structurels en jeu.

L‟approche classique est de donner une estimation de la stabilité des talus recouverts
d‟enrochement naturel de forme anguleuse et rugueux, placés en deux couches sur une couche
filtre d‟enrochement naturel.

La méthode d‟Hudson traitée ci-dessous est conditionnée à la fois pour une eau profonde et
peu profonde, Elle est appliquée seulement aux digues perméables, La méthode de Van Der
Meer, elle, couvre seulement les conditions d‟eau profonde, mais est applicable à une vaste
gamme de conditions structurelles et hydrauliques.

Les effets des autres conditions et paramètres structuraux sont évalués par l‟utilisation de
coefficients de correction ou par des formules explicites, elles sont traitées à la suite des
recommandations classiques exposées ci-dessus, La figure II.14, expose la méthodologie et
chronologie du développement des formules stabilité proposé par le Rock Manual,

46
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Tableau II.14. Approches et formules de stabilité des digues à talus en enrochement


(CETMEF, 2009)

Approches fondamentales pour évaluer la stabilité des talus en enrochement naturel


Hs
Ns   f  cot  , Sd , N , P,  
Dn50
Formule d‟Hudson (1959)  Houle non déferlante en avant de l‟ouvrage (eau
profonde)
 Houle déferlante en avant de l‟ouvrage (houle
limitée par la profondeur
Formule de Van der Meer  Houle en eau profonde (non limitée par la
(1988b) profondeur)
Conditions spéciales – facteurs de Conditions spéciales – formules
sécurité/correction explicites
 Eau peu profonde et fond en avant  Eau très peu profonde – Van
de l‟ouvrage peu incliné – formules Gent et al, (2004)
de Van der Meer modifiées (2004)  Autres formules issues des
 Fond en avant de l‟ouvrage très recherches et des
pentu expérimentations
 Effet de la gradation de
l‟enrochement
 Blocs d‟enrochements de forme
non-standard
 Pose et placement de l‟enrochement

II.4.2. Formule d’Hudson

L‟équation II.43 mise au point par Hudson (1953, 1959), et appelé formule d‟Hudson
repose sur des essais sur modèles dans des conditions de houle régulière sur des ouvrages en
enrochement non-franchis, et à noyau perméable,

Cette formule donne la relation entre le poids médian de l‟enrochement, W50 (N), la hauteur
de la houle en pied d‟ouvrage, H (m), et les différents paramètres structurels pertinents.

r gH 3
W50  (II.43)
K D 3 cot 

Où � est la masse volumique apparente de la roche (Kg/m3), KD est le coefficient de stabilité,


� est la densité relative déjaugé de l‟enrochement, et α est l‟angle de talus.

Il est acceptable, pour des fins de dimensionnement, que 0 à 5 % des enrochements situés
entre la crête et le niveau d‟une hauteur de vague en dessous du niveau de l‟eau au repos
soient déplacés de cette zone.

Les valeurs de KD sont données pour le dimensionnement correspondant à la condition de


dommage nul.

47
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Pour le Shore Protection Manual (SPM) (CERC, 1977), les valeurs de KD données pour un
enrochement rugueux, angulaire, et placé aléatoirement en deux couches sur la section
courante d‟une digue étaient KD = 3,5 pour des houles déferlant en avant de l‟ouvrage, et
KD=4 pour des houles ne déferlant pas en avant de l‟ouvrage.

Bien qu‟aucun essai n‟ait été effectué en présence d‟une houle aléatoire, il a été initialement
suggéré dans le SPM (CERC, 1977) d‟utiliser H s dans l‟équation II.43.

Dans le SPM (CERC, 1984), il a été conseillé d‟utiliser H1/10 = 1,27 Hs comme hauteur de la
houle de dimensionnement dans l‟équation II.43.

D‟ailleurs, la valeur de KD pour des vagues déferlantes a été revue et diminué de 3,5 à 2,
tandis que la valeur du même paramètre a été maintenue en cas de vagues non déferlantes, ce
qui signifie que l‟application de la formule de Hudson dans le SPM (CERC,1984) induit un
poids d‟enrochement largement plus élevé qu‟en se référant au SPM (CERC, 1977).

II.4.3. Avantages et limites de la formule

Le principal avantage de la formule d‟Hudson est sa simplicité, ainsi que la grande variété
d‟enrochement et de configurations pour lesquelles des valeurs de KD ont été calculées.

Cette formule trouve cependant ses limites dans ce qui suit :

o Elle ne s‟applique qu‟à une houle régulière ;


o Elle ne tient compte ni de la période de la houle ni de la durée de la tempête ;
o Elle n‟intègre aucune description du niveau de dommage ;
o Elle ne s‟applique qu‟à des ouvrages non-franchis et perméables.

Dans le cas pratique, il est possible de remédier aux problèmes qui risquent de survenir de ces
limites (particulièrement la perméabilité de l‟ouvrage et la houle régulière) en utilisant
différentes valeurs particulières du coefficient de stabilité (ou de dommage), KD, car ces
limites sont à l‟origine d‟écart plus ou moins importants observés entre les estimations et la
situation réelle, comme le montre la figure II.16.

L‟équation 1,40, formule originale d‟Hudson, peut être reformulée en utilisant H 1/10 = 1,27 Hs

et en fonction du nombre de stabilité = �� , L‟équation II.41 donne la relation entre ce
50
paramètre de stabilité, le coefficient de stabilité KD, et le talus de l‟ouvrage, tout en utilisant la
1

relation � 50 = 50 3

entre la masse médiane de l‟enrochement et le diamètre nominale
médian.
1
Hs  K cot   3
 D (II.44)
Dn50 1.27

On peut calculer la taille de l‟enrochement avec la formule II.44 seulement en utilisant des
valeurs de KD calculées pour une utilisation avec H1/10 (KD = 2) pour une houle déferlante et

48
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

KD = 4 pour houle non-déferlante), correspondant à un niveau de dommage, D, de 0 à 5 %


(Mihoubi M.K., Processus côtiers, Tome II : Transport sédimentaire et ouvrages de défense,
polycopié du cours, ENSH, 2014.).

Les talus uniformes sont dans la majorité du temps recouverts par des enrochements naturel
ou artificiels, seul un dommage limité est autorisé en scénario de dimensionnement extrême,
Ces types d‟ouvrages sont appelés „ouvrages statiquement stables‟, et les dimensions des
blocs constituant la carapace doivent être établies de façon à ce que le nombre de stabilité Ns,
soit dans un intervalle entre 1 et 4, (Rock Manual, CETMEF, 2009).

Des pourcentages de dommage plus élevés ont été définis en fonction de la hauteur de la
houle pour différentes types de carapaces, Le tableau II.15 présente Hs / Hs ; D=0 en fonction du
pourcentage de dommage, D (%), Hs ; D=0 étant la houle de dimensionnement correspondant à
un dommage de 0 à 5%, que l‟on appelle généralement la condition de dommage nul.

Tableau [Link] de Hs / Hs;D=0 en fonction du dommage subi par la carapace et du type


d‟enrochement.

Dommage D (%) avec le niveau de dommage Sd correspondant


Hauteur 10 – 15 – 20 – 30 – 40 –
Type de
relative de 0–5 5 – 10
carapace 15 20 30 40 45
la houle (Sd = (Sd =
(Sd = (Sd = (Sd = (Sd = (Sd =
2) 6)
10) 14) 20) 28) 36)
Enrochement
Hs/Hs; D=0 1,00 1,08 1,14 1,20 1,29 1,41 1,54
lisse
Enrochement
Hs/Hs;D=0 1,00 1,08 1,19 1,27 1,37 1,47 1,56
anguleux

L‟utilisation de l‟Equation II.44 est valable dans les situations où le niveau de dommage est
fixe, à savoir lorsque 0 à 5% des blocs d‟enrochement sont déplacés dans la zone d‟attaque
principale de la houle, Cette utilisation peut être étendue à d‟autres pourcentages de dommage
avec le tableau II.16.

Il est possible d‟appliquer l‟équation II.44 pour les niveaux de dommages donnés par le
paramètre, Sd, Van der Meer (1988b) a proposé d‟utiliser l‟équation II.45 comme expression
du nombre de stabilité, Ns.
1
Hs
 0.7  kd cot   3 Sd0.15 (II.45)
Dn50


Où � est le niveau de dommage adimensionnel, � = � 2 et � : surface érodée du profil
50
(m2), voir la figure II.17.

49
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

II.4.4. Formules de Van der Meer – eau profonde

Pour les conditions en eau profonde, Van der Meer (1988b) a élaboré des formules
d‟estimation de la stabilité sur des talus uniforme en enrochement dont les crêtes dépassent le
niveau maximal de run-up.

Ces formules (II.46 et II.47), basées sur les travaux de Thompson et Shuttler (1975) et sur
une grande quantité d‟essais sur modèles en eau profonde, sont plus complexes que la formule
d‟Hudson, En revanche, elles incluent les effets de la durée de la tempête, de la période de la
houle, de la perméabilité de l‟ouvrage ainsi qu‟un niveau de dommage clairement défini. Ces
formules ont été élaborées pour distinguer le déferlement plongeant et le déferlement gonflant
(voir également la figure II.19.

Figure II.19. Types de déferlement en fonction de ξ (Battjes, 1974)

Pour le déferlement plongeant ( m  cr )

0.2
Hs  S 
 c pl P 0.18  d   m0.5 (II.46)
Dn50  N

Pour le déferlement gonflant ( m  cr )

0.2
Hs  S 
 cs P0.13  d  cot  mp (II.47)
Dn50  N

50
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

N, est le nombre de vagues incidentes, qui dépend de la durée de l‟état de la mer ;


Hs, hauteur significative de la houle, H1/3 de la houle incidente en pied d‟ouvrage (m) ;
� , paramètre de déferlement calculé à partir de la période moyenne de la houle, T m ;
α, angles de talus ;
Δ, densité relative déjaugée ;
P, paramètre de perméabilité nominale de l‟ouvrage, comprise entre 0,1 et 0,6 ;
Cpl, égal à 6,2 ;
Cs , égal à 1,0,

 Avantages et inconvénients

Les formules de Van der Meer, bien qu‟elles soient très souples et applicable à une vaste
gamme de conditions structurelles et hydrauliques, ont un domaine de validité restreint aux
houles en eau profonde.

II.4.5. Formules de Van der Meer – eau peu profonde

Ces formules ont été largement utilisées et testées depuis 1988, Il est à noter que la plupart
des recherches sur la stabilité des carapaces en enrochement sont allées dans le sens des
tendances générales des formules de Van der Meer, malgré quelques extensions effectuées
pour évaluer l‟influence d‟autres paramètres, tels que la forme des blocs (Bradbury et al,
1991) et les densités de pose (Stewart et al, 2003a) qui s‟écartent des conditions des essais.

L‟influence de l‟eau peu profonde avec une houle limitée par la profondeur a été abordée dans
une certaine mesure dans les travaux initiaux de Van der Meer (1988b) et, plus récemment,
par les recherches complémentaires de Van Gent et al, (2004).

a. Définition du domaine de validité des formules

La définition de l‟eau peu profonde est d‟une importance capitale pour la limité du
domaine de validité des formules de Van der Meer élaborée pour l‟eau profonde, Certains
chercheurs définissent la transition entre une eau profonde et une eau peu profonde autour
d‟une hauteur d‟eau h en-pied = 3 HS en- pied.

D‟autres chercheurs, ont étudié les conditions en eau très peu profonde, ont défini l‟eau
très peu profonde, où se produit le déferlement en grande quantité, comme la condition à
laquelle HS en- pied ≤ 70% de la hauteur de la houle au large, Hs0 (Van Gent, 2005). Cette
transition est basée sur plusieurs dimensionnements récents, la zone intermédiaire, où se
produit le shoaling ainsi qu‟un déferlement limité, peut ainsi être défini comme une eau peu
profonde,

51
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

b. Paramétrage des formules de Van der Meer en eau peu profonde

Comme cité auparavant, l‟action de la houle change en eau peu profonde, la distribution
des hauteurs des vagues s‟écarte de la distribution de Rayleigh. Afin de prendre en
considération cette nouvelle distribution, la stabilité de la carapace serait mieux exprimée,
dans les conditions limitées par la profondeur, en prenant la hauteur de la houle à 2% (H 2%), à
la place de la hauteur significative H s (Van der Meer, 1988b).

Pour parvenir aux formules en cas d‟eau peu profonde, il y a lieu de reformuler les formules
II.46 et II.47 de Van der Meer applicables aux eaux profondes, Cela est possible en
augmentant les valeurs des coefficients Cpl et Cs pour atteindre des valeurs égales à 8,7 et 1,4,
respectivement.

c. Analyse de stabilité pour les eaux peu profonde (modifié par Van Gent)

Sur la base de l‟analyse de stabilité des talus en enrochements dans de nombreuses


conditions de dimensionnement, et essentiellement l‟eau peu profonde, Van Gent et al, (2004)
ont proposé de modifier les formules de Van der Meer (1988b) afin d‟étendre leur champ
d‟application, L‟une de ces modifications apportées aux formules originales est de remplacer
la période de la houle moyenne Tm, par une période qui tient compte de l‟influence de la
forme du spectre énergétique de la houle, c'est-à-dire la période moyenne énergétique Tm-1,0,

Cela veut dire que les coefficients Cpl et Cs doivent être ajustés, Il n‟est pas possible de
calculer Cpl et Cs car la finesse du pic spectral change lors du déplacement de la houle en eau
peu profonde. Sur la base des essais de Van Gent et al, ces coefficients ont pu être déterminés
à l‟aide d‟une analyse de régression. Il en résulte formules de stabilité modifiées, données ici
par les équations II.48 et II.49.

Pour le déferlement plongeant (� � )


0.2
Hs  S   H 
 c pl P0.18  d   s   s0.5
1.0 (II.48)
Dn50  N   H 2% 

Pour le déferlement gonflant (� � )


0.2
Hs  S   H 
 c pl P0.18  d   s   sp1.0 cot  (II.49)
Dn50  N   H 2% 

H2%, hauteur significative de la houle, H1/3 de la houle incidente en pied d‟ouvrage (m) ;

��− , , paramètre de déferlement calculé à partir de la période moyenne énergétique de la


houle, Tm-1,0 ;

Cpl, égal à 8,4, avec un écart type de σ = 0,7 ;

52
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Cs, égal à 1,3, avec un écart type de σ = 0,15

Le tableau II.16 tiré du Guide est enrochement (CETMEF, 2009), présente les différents
paramètres utilisées dans les formules II.48 et [Link] que leur domaine de validité.

Tableau [Link] de validité des différents paramètres des formules II.48 et II.49

Paramètre Symbole Intervalle


Angle de talus tan ¼à½
Nombre des vagues N < 3000
Cambrure nominale Som ⁡ 0,01 – 0,06
Paramètre de déferlement
ξm 1–5
utilisant Tm
Paramètre de déferlement
ξs−1,0 1,3 – 6,5
utilisant Tm-1,0
H2%
Ration de la hauteur de houle 1,2 – 1,4
Hs
Hauteur de la houle en eau Hso
profonde par rapport à la 0,25 – 1,5
hen pied
hauteur au pied de l‟ouvrage
Gradation de l‟enrochement D85 /Dn15 1,4 – 2,0
Dn50 noyau
Matériau du noyau 0 – 0,3
Dn50
Hs
Nombre de stabilité 0,5 – 4,5
ΔDn50
Niveau de dommage Sd < 30

d. Méthodologie de dimensionnement pour les formules de Van der Meer en eau


(très) peu profonde modifiées par Van Gent et al, (2004)

1. Définir les conditions de dimensionnement de la houle en pied d‟ouvrage, Les valeurs


de H2% et les valeurs de Tm-1,0
2. Définir le niveau de dommage acceptable, Sd.

Dans les conditions extrêmes, l‟apparition d‟un dommage peut être tolérée, tandis que seul un
dommage mineur pourrait être acceptable dans des conditions moins extrêmes, Cette décision
doit être sujette à une analyse des coûts à effectuer séparément (Rock Manual, CTMEF, 2009)

3. Déterminer les nombres de vagues, N.

La durée de la tempête donne le nombre de vagues : N = durée (h) / Tm (s) * 3600 (s/h), Pour
le régime de fortes marées, cette durée peut être influencée par le temps pendant lequel l‟eau
reste à un niveau élevé.

4. Déterminer le paramètre de déferlement, ξs−1,0 .

53
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

5. Ce paramètre dépend des paramètres de la houle, Hm, et Tm-1,0 et de l‟angle de talus, Si


le choix de l‟angle de talus est libre, il est recommandé d‟optimiser le résultat du
processus.
6. Déterminer si le déferlement est plongeant ou gonflant.

Ceci se fait en calculant le paramètre de déferlement critique, ξcr, au moyen de


1
c pl
l‟Équation ξcr =
P +0,5
P 0,31
tan , Pour résoudre cette équation, il faut déterminer le
cs
paramètre structurel décrivant la perméabilité, P (figure II.20).

Figure II.20. Critère de sélection du paramètre de perméabilité (Cas de géotextiles P=0,1)


H
7. Déterminer le nombre de stabilité Ns = ΔD s .
n 50
8. Déterminer la taille requise de l‟enrochement Dn50 .

Ce dernier peut présenter des variations (plus perméable signifie que l‟ouvrage est plus stable,
ou encore qu‟un enrochement de plus petite dimension peut être nécessaire). Dans la plupart
des cas, toutefois, ce paramètre ne peut varier que dans une certaine mesure, puisque c‟est la
section de l‟ouvrage dans son ensemble qui détermine en grande partie ce facteur.

Ceci permet alors de choisir l‟équation adaptée, soit l‟Équation II.48, soit l‟Équation II.49. Si
la pente est inférieure à 4/1, seule l‟Équation II.49 doit être utilisée, que le paramètre de
déferlement ξm soit inférieur ou supérieur à la valeur de transition, ξcr.

Il est nécessaire de connaître la masse volumique du bloc ρr afin de calculer la densité


déjaugée utile pour déterminer la taille de l‟enrochement Dn50 , et de ce fait W50 qui n‟est
d‟autre que la masse.

9. Vérification des résultats.

Le résultat de ce dimensionnement préliminaire doit être vérifié en effectuant des essais sur
modèles physiques et en tenant compte d‟un coefficient sécuritaire.

54
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

II.4.6 Formule simplifiée de Van Gent


La formule de stabilité simplifiée de Van Gent et al, (2004) est présentée ci-dessous :
2
0.2
Hs  Dn50 noyau  3  Sd 
 1.75 cot  1   (II.50)
Dn50  Dn50   N 

Dans ces formules, l‟influence de la perméabilité de l‟ouvrage a été incorporée grâce au


ratio Dn50 noyau /Dn50 , l‟influence des filtres n‟a pas été prise en compte dans ce ratio, ce qui
signifie que l‟on suppose l‟absence du filtre ou la présence d‟un filtre classique de 2 à 3
couches d‟épaisseur.

Lorsque le noyau est constitué d‟enrochement nature à granulométrie très étendue, il est
recommandé d‟utiliser Dn15 noyau , Le domaine de validité de cette formule est le même que
pour celui de l‟eau peu profonde dans les formules de Van der Meer.

La figure II.20 présente une analyse comparative faite entre les données de Van der Meer et
celles de l‟équation de Van Gent.

Il a été constaté que la formule II.50 engendre plus ou moins la même précision que les
équations de Van der Meer pour une eau peu profonde, utilisant la période énergétique T m-1,0,
Cette formule est très précieuse en cas d‟absence d‟informations sur le ratio H2% /Hs et en
particulier pour les ouvrages dont le noyau est perméable La figure II.20 (CETMEF) donne un
aperçu des champs d‟application des différentes formules de stabilité étalées auparavant.

II.4.7. Autres formules issues des recherches et expérimentations

Les formules de stabilité sont très largement empiriques, Toutefois, les chercheurs tentent
régulièrement de mener des modélisations plus théoriques. Les travaux menés par Hattori et
al, (1990).

Un modèle de stabilité nommé Hamabit a été développé, Les chercheurs ont utilisé un
modèle monodimensionnel afin de simuler les écoulements à l‟extérieur et à l‟intérieur de la
structure dans le but de déterminer, à chaque pas de temps, les efforts hydrodynamiques
exercés sur les blocs.

Ce type de calcul qui a été réalisé avec succès grâce à l‟utilisation de paramètres
judicieusement choisis porte sur un bloc monocouche en pose rangé, et donc une géométrie de
contacts définis, On imagine aisément la dispersion des résultats des calculs faits sur une pose
aléatoire.

Van Gent (1996), en ayant recours à un modèle numérique bidimensionnel d‟écoulement, a pu


estimer la forme d‟équilibre de l‟ouvrage sous l‟influence de la houle.

Ces procédés mentionnés ci-dessus, en dépit des incertitudes liés à leur mise en œuvre, sont
plutôt prometteurs vers une compréhension meilleure du comportement spécifique des divers
blocs, Malheureusement, ces approches théoriques devront rester encore restreintes au
55
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

domaine de la recherche, en attendant le développement d‟outils numériques capables


d‟évaluer de manière fiable, la stabilité des blocs artificiels.

Tableau II.17. Champ d‟application des différentes formules de stabilité des carapaces en
enrochement (Rock Manual. CTMEF, 2009)

Van der Meer


Van der Meer
Formule de stabilité Hudson (eau peu Van Gent et al
(eau profonde)
profonde)
Applicable en eau
profonde ?
Oui Oui Non non
(H-en pied > 3 Hs-en
pied)
Applicable en eau
Non Non Oui Oui
peu profonde ?
Recommandé pour
Oui, pour
un ouvrage à noyau Oui Oui Oui
Kd = 4
perméable ?
Recommandé pour
un ouvrage à noyau Non Oui Oui Non
imperméable ?
Expérience de
dimensionnement Oui Non Limitée Non
avec la formule
Info requise sur le
Non Oui Oui Oui
nombre de vagues
Info requise sur la
Non Oui Oui Oui
période de la houle
Info requise sur la
période de la houle Non Non Oui Non
H2%
Info requise sur la
Non Oui Oui Non
perméabilité P
Info requise sur le
diamètre D50 médian Non Non Non Oui
nominal du matériau

II.5. Influence des autres paramètres sur la stabilité

II.5.1. Influence de la pente des fonds

Il existe en ce moment peu d‟informations disponibles sur l‟effet de la pente de fond au-
devant de l‟ouvrage sur la stabilité des carapaces en enrochements naturels, quoi qu‟il y a des
exemples de dommage dans ces conditions spéciales qui montrent qu‟il faudrait appliquer un
certain coefficient de sécurité sur la taille des enrochements lors des études préliminaires
(CTMEF, 2009).

56
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

La seule information disponible jusqu‟à aujourd‟hui est qu‟on peut prendre comme règle
empirique l‟augmentation de la taille de l‟enrochement de 10% après avoir obtenu leur taille
en situation normale (calcul usuel),

[Link] de la gradation de l’enrochement sur la stabilité


Plusieurs chercheurs, notamment Allsop (1990), se sont penchés sur la stabilité des
enrochements de granulométrie étendue, Des essais sur modèles réduit sur un talus de pente
2/1 doté d‟un noyau imperméable ont été conduits pour savoir si l‟utilisation d‟un
enrochement avec une gradation supérieure à D85 /D15 = 2,25 était possible modifie la
performance des enrochements.

Les résultats des expériences ont validé les équations de stabilité de Van der Meer (1988b) et
les autres formules de stabilité pour une granulométrie étroite (D85 /D15 < 2,25), Cependant,
les granulométries étalées subissent un dommage légèrement supérieur à celui qui est estimé
pour les granulométries étroites. Des références supplémentaires sont mentionnées dans
Allsop (1995), A partir de ces informations, il est recommandé fortement que l‟application
des formules de stabilité de Van der Meer (eau profonde et peu profonde), ainsi que la
formule simplifié de Van Gent, soit limitée aux granulométries étroites.

II.5.3. Influence de la forme de l’enrochement sur la stabilité

Les effets de la forme de l‟enrochement sur la stabilité ont été décrits par Lahtham et
al, (1988), Ils ont testé la stabilité des talus en enrochement de différentes formes, parmi
elles, on trouve les formes arrondies, semi-arrondies, et tabulaire. Les constatations ont été
que les enrochements de formes arrondies subissaient les plus de dommage, contrairement
aux enrochements tabulaires qui présentent une bien meilleure stabilité.

Les formules de Van der Meer (pour les eaux profondes et peu profondes) peuvent être
donc prendre en charge ces constatations en ajustant les coefficients c pl et cs en les
multipliant par les facteurs donnés par le tableau II.18.

Tableau II.18. Facteurs correspondant à des formes d‟enrochements non classiques

Forme de cpl cs Dn50


l‟enrochement
Semi-arrondie 0,95 1,0 0,95
Arrondie 0,95 0,8 0,85
tabulaire 1,10 1,3 1,10

II.5.4. Influence de la pose et du placement des blocs d’enrochements


Les effets de la pose des enrochements sur les carapaces ont été étudiés par Stewart et al,
(2003a et 2003b), l‟étude a consisté à soumettre des modèles réduits de carapaces constituées
de blocs d‟enrochement soigneusement agencées, à l‟attaque de la houle et a étudié le
dommage ainsi produit.

57
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Les résultats des essais, comparés aux formules de Van der Meer (1988b), pour des couches
disposées aléatoirement, ont montré que les couches soigneusement disposées avaient, en
général, un comportement plus stable que celui des enrochements disposés aléatoirement.

Une autre étude, faisant suite à la précédente, proposant une relation entre la stabilité de la
carapace de l‟ouvrage et la porosité de la couche, D‟après la majorité des chercheurs, il existe
une relation entre l‟amélioration de la stabilité et la faible porosité de la couche.

II.6. Stabilité des carapaces en enrochement artificiel

En règle générale, le dimensionnement des carapaces en enrochement artificiel suit la


méthode globale appliquée à l‟enrochement naturel, mais les formules et les coefficients de
dimensionnement ont tendances à être différents.

L‟approche la plus simple, particulièrement pour le dimensionnement, consiste en


l‟application de l‟équation de Hudson avec des valeurs spécifiques de KD calculées à partir
des essais sur modèles, D‟autres formules empiriques peuvent être également utilisées pour
des types particuliers de blocs.

Il n‟existe que peu d‟informations concernant la progression du dommage, et que très peu
d‟indications sur les actions directes ou indirectes exercées par la houle, Puisque la stabilité
peut varier pour des raisons diverses, on conseille d‟avoir recours aux essais sur modèles
physiques pour tous les blocs d‟enrochement artificiel complexes.

Pour les enrochements artificiels, on utilise souvent un béton dont la masse volumique plutôt
classique, comprise entre 2200 Kg/m3 et 2600 kg/m3 (Δ ≅ 1,2 − 1,6), sauf les cubes, qui ont
parfois une masse volumique beaucoup plus élevée (généralement 3000 kg/m3).

Des recherches menées sur des blocs cubiques indiquent que la densité élevée peut être utile
pour la stabilité, et que le dommage, comme pour les blocs cubes de densité normale, peut
être exprimé par le paramètre de stabilité Ns = Hs /(ΔDn ) .

II.6.1. Enrochement artificiel à disposition aléatoire


Selon le type de blocs, les blocs artificiels sont disposés en une ou deux couches. Le
système en deux couches est utilisé depuis des années, et les blocs ont un degré d‟imbrication
plus ou moins important, selon leur forme. Dans l‟ensemble la stabilité de ce genre de
carapace dépend principalement de la stabilité de chaque bloc, Si un dommage apparaît, il
s‟accentuera avec l‟augmentation de la hauteur de la houle.

Le problème avec les très gros blocs, même s‟ils sont nécessaires à la résistance contre
l‟action de la houle, est que le placement et balancement de ces derniers peut entraîner une
rupture de blocs, et par conséquent endommager l‟ouvrage. Parmi les blocs placés en double
couche, on trouve les tétrapodes et les cubes.

58
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

Dans les systèmes à simple couche, on retrouve les ACCROPODE qui sont les plus répondus,
Le comportement de ces blocs soumis à l‟attaque de la houle peut différer de celui des
systèmes à double couche traditionnels.

Figure II.21. Classification des blocs d‟enrochement artificiels selon leur poids et
disposition (CTMEF, 2009)

II.6.2. Formules de stabilité spécifiques à certains types de blocs artificiels


placés aléatoirement
Des formules de stabilité ont été élaborées pour différents types de blocs artificiels, les
formules relatives aux cubes en double ou simple couche, aux blocs tétrapodes, et
ACCROPODES sont élaborées ci-après.

Des talus assez raides sont préférables pour garantir l‟imbrication et réduire les coûts, Il
est à noter que l‟angle de talus a peu d‟effet sur la stabilité (voir Brosen et al, 1975).

a. Cube en double couche

Pour des couches disposées en double couche sur un talus de pente 3/2 avec 3 < ξm < 6,
l‟équation II.51, établie par Van der Meer (1988a), et basée sur des conditions de houle non
limitées par la profondeur, donne la relation entre le nombre de stabilité, le niveau de
dommage, Nod, les conditions de houle et les paramètres structurels.

Hs  0.4
Nod  0.1
  6.7 0.3  1.0  som (II.51)
Dn  N 

Où N est le nombre de vagues, et som la cambrure nominale de la houle, calculée à partir de la


période moyenne de la houle Tm,

59
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

b. Tétrapode

Van der Meer (1998a) propose la formule de stabilité (équation II.52) pour des
tétrapodes disposés en double couche avec les mêmes conditions que pour les cubes en
double couche vus précédemment.

Hs  N 
0.5
 0.2 (II.52)
  3.75  od   0.85  som
Dn   N  

Il est a été constaté que pour les formules II.51 et II.52, la stabilité diminue lorsque la
cambrure augmente, Il en va de même pour les enrochements naturels en cas de déferlement
gonflant de la houle.

De Jong (1996), a constaté que pour les tétrapodes, il y a une transition entre le déferlement
gonflant et le déferlement plongeant similaire à celle des carapaces enrochement naturel.

La formule II.53 a été d‟ailleurs proposée par le même chercheur pour un cas de déferlement
plongeon, alors que l‟équation 1,49 ne sert désormais que pour un déferlement plongeant.

H s   N od   0.2
0.5

  8.6   3.94  (II.53)


Dn   N 
s
 om

Il a ensuite été découvert que le nombre de stabilité de l‟équation II.53 pouvait être augmenté
à l‟aide d‟un facteur représentatif d‟une revanche, Rc, le coefficient de densité de pose, est lié
au coefficient d‟épaisseur de couche, kt, par la relation φ = n k t 1 − nv

Où n est le nombre de couches, Les valeurs normales du coefficient d‟épaisseur de couche, se


situe autour de 1,02 pour les tétrapodes.

L‟équation II.54 est devenue la formule de stabilité pour les tétrapodes dans des conditions
de déferlement plongeant.

H s   N od   0.2 
0.5
 Rc  
  8.6   2.6  1.25  1  0.7 exp  0.61   (II.54)
Dn   N 
k s
t
 om   D 
  n

c. ACCROPODES
Van der Meer (1988a) a étudié les blocs ACCROPODES et a constaté que la durée de la
tempête et la période de la houle n‟avaient aucune influence sur la stabilité hydraulique, Il a
également été déterminé que les critères de dommage nul et de rupture pour les ce genre de
blocs étaient très proches.

Des essais ont été effectués dans des conditions de houle non déferlantes sur des talus de
pente 4/3.

60
Chapitre II : Etude des méthodes et approches de dimensionnement des digues à talus en mer

La stabilité des carapaces en blocs ACCROPODES est donc exprimée par deux formules
simples (l‟équation II.55 pour le début du dommage et II.56 pour la rupture basée sur un
nombre de stabilité fixe).

Ces formules doivent être accompagnées d‟un coefficient de sécurité équivalent à 1,5 pour le
dimensionnement.

Hs
 3.7 Début de dommage, Nod= 0 (II.55)
Dn

Hs
 4.1 Rupture, Nod > 0,5 (II.56)
Dn

La figure II.19 propose des valeurs de dimensionnement pour le nombre de stabilité utilisés
pour une étude préliminaire. Il est tout de même conseillé de se reporter aussi aux formules de
dimensionnement et aux références présentées dans ce travail.

Conclusion :
La stabilité hydraulique des carapaces en enrochement naturel et artificiel est sujette à de
maintes études, et ne cesse de se développer et croître au fil des années. Les formules de
stabilité entamées dans cette étude doivent servir uniquement à un dimensionnement
préliminaire des digues à talus.

La décision finale pour le concepteur doit être faite après avoir conduit des essais sur modèles
réduits, afin d‟optimiser les résultats et obtenir une variante optimum.

61
CHAPITRE III

ELABORATION D’UN CODE DE CALCUL DE STABILITE DES DIGUES


A TALUS
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur

Introduction
La stabilité des carapaces en enrochement naturel est un sujet qui fait encore l‟objet de vastes
recherches et expérimentations vu de l‟importance majeure que jouent ces dernières dans le
dimensionnement et le bon fonctionnement de l‟ouvrage.

Ce chapitre est consacré en premier lieu à la présentation de l‟élaboration d‟un code de calcul de
stabilité des digues à talus enrochement en cas de faible profondeur d‟eau, nommé STAB 3M. Celui-ci
est composé de deux parties.

La première partie servira à déterminer les dispositions nécessaires à apporter à la carapace pour que
celle-ci soit stable et résiste aux actions de la houle de dimensionnement. Pour y parvenir nous
utiliserons les formules de stabilités introduites dans le chapitre précédent. Il ne s‟agit, bien
évidemment, que d‟un pré dimensionnement ou orientation pour les essais en canal à houle.

Après la détermination des dispositions mentionnées ci-dessus, la deuxième partie ce code de calcul
permettra d‟introduire des données expérimentales tirés d‟essais en canal à houle et de les calés avec
les courbes théoriques issues des formulations (Chapitre II) afin de valider le choix de la variante qui a
été retenue.

III.1 Présentation de l’outil informatique


MATLAB (« Matrix Laboratory ») est un langage de programmation de quatrième génération
émulé par un environnement de développement du même nom ; il est utilisé à des fins de calcul
numérique dont le champ d‟application est essentiellement les sciences appliquées. Son objectif, par
rapport aux autres langages, est de simplifier au maximum la transcription en langage informatique
d‟un problème mathématique, en utilisant une écriture la plus proche possible du langage naturel
scientifique.

Il est développé par la société The MathWorks, permet de manipuler des matrices, d'afficher des
courbes et des données, de mettre en œuvre des algorithmes, de créer des interfaces utilisateurs, et peut
s‟interfacer avec d‟autres langages comme le C, C++, Java, et Fortran. C‟est aussi un outil interprète,
qui exécute les opérations demandées séquentiellement, avec possibilité de boucle, test et s aut. Il ne
manipule que des données numériques et ne sait effectuer aucun calcul formel à priori.

Il est à noter aussi que nous avons utilisé la version gratuite (dite version d‟essais) de MATLAB, qui
est gratuite, et ne comporte pas quelques modules du logiciel. Ces modules ne nous seront pas utiles
dans notre étude.

62
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur

Figure III.1. Interface du logiciel MATLAB

III.2 Etablissement de l’organigramme du code de calcul STAB 3M


Avant de passer à la programmation, il est vital, pour le bon fonctionnement du code, qu‟on passe
par une phase de représentation schématique des liens et des relations fonctionnelles, hiérarchiques, et
organisationnelles qui existent entre les différents éléments et relations de ce dernier.

Dans La première partie du code de calcul, cette organigramme repose essentiellement sur les
variables d‟entrées dont on a besoin pour le calcul de stabilité et qui ont été abordées dans le chapitre
précédent, parmi ces variables on trouvera : Hs. Les différentes Périodes de houles …etc. Puis on
procédera en introduisant les formules de stabilités d‟Hudson, Van der Meer (Eau profonde), et Van
der Meer – modifiée Van Gent – (Eau peu profonde).

Après avoir déterminé la masse médiane des enrochements à utiliser ainsi que leur diamètre, une
boucle conditionnelle (SI) nous donnera une recommandation pour la masse des enrochements à
prendre en considération pour les essais physiques sur canal à houle.

Les figures qui vont suivre représentent les étapes de calcul de la partie pré dimensionnement qui
précède le calage expérimentale.

63
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur

A B

Figure III.2. Organigramme du code de calcul STAB 3M (partie 1)

64
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur

A B

C D

Figure III.3. Organigramme du code de calcul STAB 3M (partie 2)

C D

Figure III.4. Organigramme du code de calcul STAB 3M (partie 3)


65
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur

Figure III.5. Organigramme du code de calcul STAB 3M (partie 4)

66
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur

La deuxième partie du programme consiste à faire un calage des courbes théoriques avec les valeurs
expérimentales obtenues lors d‟essais en canal à houle après avoir introduit la masse des enrochements
qui a été retenue dans les essais.

Il s‟agit d‟introduire des valeurs de Hs et leur dommage Sd engendré par cette même houle afin de
déduire quelle est la formule de stabilité qui représente le plus fidèlement cette dispersion de points.
Ceci nous permet aussi de savoir si la masse (ou diamètre) retenue pour les essais font preuve d‟un
surdimensionnement ou au contraire, qu‟ils ne sont pas suffisant pour faire face à l‟impact de la houle
sur l‟ouvrage.

Les figures suivantes sont la suite de l‟organigramme (Partie calage).

Figure III.5. Organigramme du code de calcul STAB 3M (partie 5)


67
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur

Figure III.6. Organigramme du code de calcul STAB 3M (partie 6)

68
Chapitre III. Elaboration d’un code de calcul de stabilité des talus à faible profondeur

Remarque :

La nomenclature des paramètres introduits dans le code de calcul se trouvent en annexe.

Conclusion
La stabilité des digues à talus en mer est un paramètre très sensible aux variations des conditions de la
houle, ceci peut emmener dans la plupart du temps à un surdimensionnement de l‟ouvrage entrainant
des coûts onéreux au projet d‟un aménagement côtier ou portuaire.

Le code élaboré de calcul peut se révéler utile pour l‟étude de la stabilité des digues à talus en
enrochements naturels en faible profondeur suivants les différentes méthodes évoqués au chapitre
précèdent, dans la mesure où ça nous permet d‟avoir une meilleure idée sur la masse et le diamètre des
enrochements naturels nécessaires pour supporter l‟action de la houle de dimensionnement. Ceci peut
se révéler être une solution qui permet de s‟orienter vers la variante optimum en matière de
caractéristiques des enrochements nécessaire (masse et diamètre) pour la stabilité de la digue.

69
CHAPITRE IV

ETUDE DES INTERACTIONS HYDRAULIQUES ET LEUR INFLUENCE SUR


LA STABILITE DE TALUS DES OUVRAGES EN MER
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer

Introduction

Ce chapitre a pour but de mettre en évidence les interactions hydrauliques, ainsi que
leur influence sur la stabilité des talus digues en mer, et notamment en faible profondeur
d‟eau.

Afin de bien mener cette procédure, il est utile de chercher et de disposer de quelques valeurs
expérimentales menées en laboratoires lors d‟essais en canal à houle. On tâchera dans la
première partie de ce chapitre de faire une présentation du dispositif expérimental mis en
service par le laboratoire des études Maritimes (LEM) pour acquérir les différentes données
nécessaires à la mise en marche de notre code de calcul sur le plan quantitatif, mais aussi du
point de vue qualitatif. Ensuite on exposera les résultats obtenus pour un cas réel.

La deuxième partie de ce chapitre se portera sur l‟utilisation du code de calcul mis au point
précédemment, en introduisant les différentes données de départ ainsi que les résultats
expérimentaux issus du canal à houle, puis de procéder par une étude comparative des
résultats expérimentaux et théoriques obtenus par les méthodes de calcul évoquées
précédemment.

IV.1. Dispositif expérimental

Les essais sur modèle physique ont réalisé au Laboratoire d‟Etudes Maritimes (LEM), en
canal à houle à parois en verre de 15 mm d‟épaisseur de 40 m long et 0,6 m de largeur et
d‟une profondeur de 1,0 m. Le canal à houle est équipé d‟un générateur piston de houle
régulière et aléatoire permettant d‟étudier les problèmes d‟agitation en 2D,constitué :

- d‟un volet plan ;


- d‟un vérin hydraulique asservi en position sur un signal de commandes continu ;
- d‟un générateur électronique qui élabore le signal de commande lié à un programme
de génération assisté par ordinateur, représentant un train de houle réel enregistré en
nature converti en train de houle en modèle.
- d‟un détecteur de houles à sonde résistive.

Figure IV.1 : Vue d‟un canal à houle

70
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer

IV.2. Modélisation physique de la d’une digue en enrochement

La modélisation est un outil de dimensionnement qui peut être définie comme une
représentation fidèle de la réalité sous une forme qui permet d‟effectuer une observation et
des mesures précises de phénomènes qu‟on cherche à observer en temps réel. La
représentation ne peut être jugée fidèle que si l‟intégralité des paramètres réduits à l‟échelle
du modèle font l‟objet d‟une très grande attention, et une grande précision.

La représentation des phénomènes hydrauliques s‟´effectue matériellement, sous forme de


modèles réduits ou sous forme de modèles numériques. Parmi ces deux types, la modélisation
physique constitue un outil précieux pour les ingénieurs et chercheurs car ils peuvent observer
les phénomènes qui les intéressent tout en gardant le contrôle sur l‟environnement de l‟étude.

Les paramètres hydrauliques relatifs aux ouvrages en enrochements et qui peuvent faire
l‟objet d‟une modélisation sont les niveaux d‟eau, les caractéristiques de la houle, la réflexion,
le run-up, le franchissement et la transmission de la houle, les efforts (exercées soit sur un
bloc soit sur l‟ensemble de la carapace), la stabilité des carapaces, et de certaines parties
d‟ouvrages constituées d‟enrochements naturels.

IV.2.1 Effet d’échelle (Notion de la similitude)

Il y a lieu tout d'abord de rappeler que les modèles réduits physiques hydrauliques doivent
satisfaire à une similitude géométrique et à une similitude cinématique et dynamique. En
effet, le but de tels modèles est de reproduire des mouvements de l'eau et son action sur des
obstacles (ouvrages,...).

En hydraulique maritime, les deux phénomènes à représenter sont la marée et la houle. Dans
notre cas (Méditerranée) seule la dernière est prise en considération. Les problèmes liés à la
propagation de la houle étudiée sur le modèle réduit, sont surtout ceux liés à la combinaison
de la réfraction et la diffraction.

L'échelle de réduction géométrique, noté λ, étant choisie pour satisfaire du mieux possible les
différente contraintes de réalisation du modèle tout en garantissant une représentativité des
phénomènes et uni précision de leur mesure suffisante, le choix de la similitude consiste à
convenir d'une ou de plusieurs relations entre l'échelle de réduction géométrique et les
échelles de représentation des autres grandeurs.

Pour ce type d'essai, la nature des principaux phénomènes mis en jeu suggère de privilégier la
représentation des forces déterminantes représentées par les forces de gravité et d‟inertie. Pour
cela, il est nécessaire que la similitude soit établie pour un nombre de Froude invariant :

V
F (IV.1)
gD

71
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer

En opérant dans le même champ de pesanteur que celui du prototype et en adoptant une
représentation invariante des accélérations, le respect de ce critère détermine les échelles des
vitesses, donc des temps d'une part et des volumes, donc des masses et des poids d'autre part :

 Vitesse, temps on utilisera 


 Volumes, masses, poids  3

Pour des raisons de simplicité pratique, le LEM s‟est contenté de ne respecter que cette
similitude dite similitude de Froude. Il en résulte quelques distorsions sur certains
phénomènes généralement secondaires pour la dynamique du modèle.

Distorsions

Pour que la représentation des forces de viscosité soit correcte, il est théoriquement
nécessaire que la similitude adoptée laisse invariant le nombre de Reynolds :

VD
Re  (IV.2)

Avec:

V: Vitesse caractéristique (vitesse orbitale, célérité, ...).

ν : Viscosité cinématique du fluide.

D : Dimension caractéristique (dimension d'un bloc, hauteur d'eau,...)

Or. L‟adoption à priori de la similitude de Froude impose une échelle de λ3/2 pour le
groupement VD.

Pour satisfaire à la fois aux critères de similitude de Froude et de Reynolds, il serait donc
théoriquement nécessaire d'utiliser pour ce modèle, un fluide de très faible viscosité, 1/189,57
fois celle de l'eau dans œ cas. Cette impossibilité pratique conduit très généralement à préférer
le simple choix de l‟eau pour le modèle et donc à accepter une distorsion sur la représentation
du nombre de Reynolds, distorsion d'autant plus importante que l‟échelle de réduction des
longueurs est plus grande. Cependant, pour une échelle donnée, les conséquences pratiques de
cette distorsion (distorsion des seules forces de viscosité) restent relativement négligeables
tant que le modèle fonctionne dans des conditions d'écoulement telles que les forces de
viscosité restent négligeables.

IV.2.2 Construction du modèle

Dans notre cas on a choisi comme objet d‟étude, un brise lame qui se trouve en faible
profondeur d‟eau, étant donné qu‟en Algérie, les digues à talus se font uniquement comme
étant des ouvrages portuaires se trouvent en eau profonde étant donné leur coût. Le canal à
houle a pour objet l‟étude de stabilité intérieur du brise lame central de la protection de
KITANI, et sera testé pour des enrochements naturels.

72
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer

 Choix de l‟échelle

Compte tenu des dimensions du canal, ceux de l'ouvrage et son implantation, ainsi que des
conditions hydrographiques, l'échelle du modèle retenue est le 1/40.

 Construction des fonds

Les houles retenues pour les essais en canal sont de direction Nord 360° (c‟est-à-dire que
le canal ne prend en compte que les houles frontales et qui sont d‟ailleurs celles qui causent le
plus de dommages pour l‟ouvrage). Cette dernière enregistre des houles plus significative que
les autres directions à une profondeur -20.00m (voir figure IV.2).

Figure IV.2. Axe d‟enregistrement des houles significatives au large


(Sous autorisation LEM, 2016). Echelle 1/500.

 Choix des matériaux

Les matériaux constituants les différentes parties de l'ouvrage, sont sélectionnés en


fonction de leurs poids et leurs tailles.

Chaque catégorie d`enrochements fait l'objet d'un tri soigné. En ce qui concerne le tout-venant
de carrière il est soumis à un lavage préliminaire afin d'éliminer les éléments fins susceptibles
de déformer la représentation de la perméabilité de l'ouvrage. Les matériaux de construction
utilisés dans cette étude sont résumés dans le tableau ci-après.

73
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer

Tableau IV.1. Caractéristiques des matériaux utilisés pour les essais (LEM, Juin 2014).

Désignation Caractéristiques en nature Caractéristiques en modèle


Poids (t) Densité (kg/m3) Poids (g) Densité (g/cm3)
0.5 – 2 2650 6.8 – 27.20 2650
Enrochements
1.5 – 2 2650 20.4 – 27.20 2650
naturels
2–3 2650 20.4 – 40.8 2650
2–4 2650 27.20 – 54.4 2650

L`épaisseur de la carapace et des sous-couches est estimée par la formule suivante

e  n.c.v1/3 (IV.3)


n : nombre de rangées ; c: coefficient de couche dépendant de la forme des blocs
c (enrochements) = 1,15 ; v : volume du bloc.
P : Indice des vides = 35% pour les enrochements.
 Construction de la digue à talus dans le canal

La maquette du tronçon de la digue de protection est construite dans le canal vide, par
simple mise en place naturelle des différents éléments.

 Calibration du modèle

Après la construction des fonds, on a procédé à la calibration du modèle. Ce réglage a


pour but de procéder à la mise au point de l'appareillage, ainsi qu‟à l‟ajustement des
conditions expérimentales de manière à ce que l`ensemble des paramètres hydrauliques soit
reproduis conformément à la nature.

 Conditions des essais


o Niveau d‟eau

Dans le but d'étudier les conditions de houles les plus défavorables, le L.E.M a jugé
nécessaire de prendre en considération dans cette étude en modèle, deux niveaux d'eau :

> Niveau : 0,00 NGA : pour les essais de la série progressive.

> Niveau + 1,00 NGA: pour les essais de la série d'endurance.

o Période de pointe

Pour les besoin de l‟étude en modèle, il est demandé de faire correspondre à chaque
modèle de la houle une période de pointe.

74
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer

o Houle de dimensionnement

Pour des fins de dimensionnement technico-économique, c‟est la houle ayant une période
de retour de 20 ans qui a été retenue, elle est mesurée au pied de l‟ouvrage, et donné par
rapport au plan d‟eau au repos. Cette Houle a une valeur Hs= 2.88 pour une période de pic
Tp= 13.85.

o Masse des enrochements retenues

Utilisation de la méthode d‟Hudson, permet de choisir une variante finale d‟enrochements


de masse médiane M50= 10 t. Il est nécessaire de notifier que les enrochements naturels d‟une
telle masse ne sont pas disponibles in situ ou en zone d‟emprunt. En conséquent, il
souhaitable d‟utiliser des enrochements artificiels constitués de blocs cubiques rainurés
(BCR). Ces blocs type BCR ont presque des caractéristiques presque analogue à ceux des
enrochements naturels (figure IV.3).

Figure IV.3. Exemple de réalisation des essais d‟étude de stabilité de talus sur modèle
physique en canal à houle (sous autorisation LEM, 2016)

IV.3 Conduite des essais et résultats

Après avoir mené les essais sur le modèle physique à l‟issu d‟agitation de n vagues, il est
primordiale de constater durant ces essais les dommages sur le talus au niveau de la carapace
coté mer pour différentes valeurs de la hauteur significative Hs au pied de l‟ouvrage.

Observation des dégâts (méthode de déplacement du bloc)

L‟observation des dégâts est principalement faite pour les zones sensibles à l‟ouvrage,
notamment la carapace. Les dégâts serviront à évaluer la stabilité de la carapace.

Les déplacements de blocs de la carapace sous l‟action de la houle représentent le mode le


plus courant de détermination des dommages pour les digues à talus, et c‟est celui qu‟on
utilise pour l‟appréciation de la stabilité de l‟ouvrage.

75
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer

Le pourcentage de dommage (ou déplacement relatif dans une zone donnée) est déterminé par
l‟équation IV.3. Il s‟agit du rapport entre le nombre de blocs déplacés et le nombre total de
blocs initialement présents dans la carapace.

Nombre de blocs déplacés hors de la carapace


Nd  (IV.4)
Nombre de blocs total de la carapace

L‟équation IV.4 relie les nombres de blocs déplacés Nd au niveau de dommage subi par les
carapaces en enrochement naturel Sd.

Nd  G(1  nv )Sd (IV.5)

nv est la porosité de la carapace, G le facteur de graduation qui dépend de la graduation de


l‟enrochement. G = 1 pour les blocs artificiels et G=1,2 - 1,6 pour les enrochements naturels.
En outre, la porosité de la carapace vaut 0.37 pour les enrochements naturels.

Le tableau IV.2 récapitule les résultats des dommages correspondant à chaque interaction de
la houle avec l‟ouvrage.

Tableau IV.2. Observation du dommage sur la carapace de la digue lors des essais en canal à
houle (LEM, 2016)

Hs au pied de l’ouvrage Dommage calculés


(m) après observation
(Sd)
2,12 0,02
2,18 0,24
2,25 0,31
2,31 0,33
2,46 0,45
2,54 0,66
2,68 0,70
2,73 0,72
2,85 0,81
2,86 0,83
2,87 0,86
2,88 1,13
2,91 2,11
2,94 2,73
2,96 3,05
3,0 3,14
3,12 3,56
3,17 4,25
3,20 4,62
3,22 5,01
3,26 7,24

76
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer

3,28 8,36
3,3 9,88

Figure IV.4. Variante retenue par l‟essai expérimental pour la houle de


dimensionnement (sous autorisation LEM, 2016)

IV.4 Procédé de calage expérimental et des formulations de calcul de stabilité

IV.4.1 Données de départ

Comme il est indiqué dans le chapitre précédent, la première partie du calcul de stabilité
consiste au pré dimensionnement de l‟ouvrage à partir de la houle de dimensionnement
choisie par l‟ingénieur responsable du dimensionnement.

Le tableau IV.3 expose les données d‟entrées relatives au cas étudié (Brise lame de Bab El
Oued) nécessaires à l‟exécution du programme.

Tableau IV.3. Données de départ pour la partie pré dimensionnement

Désignation Symbole Unité Valeur


Tan du fruit de talus tan α ° 2/3
Houle de dimensionnement Hs_dim m m 2,88
Période de Pic Tp s 13,82
Houle au large Hs_large m 8,2
Masse volumique du bloc ρs kg/m3 2400
Masse volumique de l‟eau ρw kg/m3 1025
Nombre des vagues N ---- 2500
Perméabilité nominale de la
P ---- 0,4
carapace
Dommage acceptable Sd_acceptable ----- 2

77
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer

IV.4.2. Pré dimensionnement de la taille et masse des enrochements

En introduisant ces paramètres, le code que nous avons établi se chargera de calculer la
masse des enrochements nécessaires pour la stabilité de la carapace contre l‟action de la houle
de dimensionnement.

La masse des enrochements est calculée par les formules d‟Hudson, Van der Meer (Eau
Profonde), Van der Meer – modifiées par Van Gent – (2004). Les résultats sont les suivants :

Tableau IV.4. Résultats du pré dimensionnement fait par le code de calcul

Masse de Diamètre de
Méthode de dimensionnement de la carapace l’enrochement l’enrochement
déterminé (kg) calculé (m)
Hudson (1959) 10847,38 1,60
Van der Meer (1988b)
9611,08 1,54
Eau profonde
Van der Meer
(modifiée Van Gent 2004) 7559,3652 1,42
-Eau peu profonde-

- On remarque qu‟effectivement, la masse retenue lors des essais par le laboratoire


d‟études maritimes LEM (M=10000 kg) a été prise en utilisant le critère de stabilité
d‟Hudson, ceci conduira surement à une surestimation de la taille des enrochements,
même si la stabilité sera assurée. On aura donc un surdimensionnement.
-

IV.4.3 Introduction des données finales pour le calage et résultats

Après avoir fait le pré dimensionnement, notre programme STAB 3M analysera dans quel
condition se trouve l‟ouvrage (eau profonde ou peu profonde) et nous recommandera la taille
et la masse de l‟enrochement à utiliser pour les essais en canal à houle.

Il est nécessaire de rappeler que les valeurs obtenues par le pré dimensionnement ne servent
que d‟indicateur, c‟est une simple orientation vers la variante optimale à retenir. Le choix
final se fera après avoir obtenu des résultats satisfaisant en canal à houle.

Par la suite, le programme demande de lui fournir la masse des enrochements retenu pour les
essais, des valeurs aléatoires de la houle significative Hs afin de construire les courbes
théoriques, ainsi que les résultats obtenus lors des essais.

A l‟issu des essais, la masse retenue est M_50 = 10 tonnes = 10000 kg. Il faut dire qu‟en
Algérie, la plupart des digues conçues sont dimensionné suivant les critères d‟Hudson peu
importe les conditions dans lesquelles se trouve l‟ouvrage.

Afin de ne pas s‟écarter trop de la houle de dimensionnement et des essais, il est recommandé
de prendre pour valeurs aléatoires de la houle, des valeurs qui ne s‟éloignent pas de cette

78
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer

dernière. On a donc choisit de prendre 9 points : Hs_exp (1.5, 2, 2.2, 2.6, 2.8, 3, 3.2, 3.4). Pour
les valeurs expérimentales, on a introduit les valeurs du tableau IV.2. La figure IV.5, illustre
clairement les résultats du code de calcul.

Figure IV.5. Etude comparative entre les résultats expérimentaux sur modèle physique et les
résultats théoriques des différentes méthodes par le code de calcul STAB 3M

IV.5 Discussions des résultats

On remarque pour la houle significative de dimensionnement, un dommage inférieur à 2


(condition du zéro dommage d‟Hudson a été observée). Ceci montre clairement que la
carapace de la digue est très stable du point de vue hydraulique, mais que cette variante peut
être revue à la baisse pour des choix économiques.

On observe également que la dispersion des points expérimentaux se rapproche de la courbe


de Van Gent pour des valeurs inférieures à 3 car l‟ouvrage se trouve en eau peu profonde, ceci
valide les formules de Van Gent.

Pour les autres points ou la hauteur Hs s‟écarte de la hauteur de dimensionnement, la


dispersion des points est justifié par la tendance du programme à fixer la période de pic à une
seule valeur et qui est la celle correspondante à la houle de dimensionnement. Néanmoins, les

79
Chapitre IV. Etude des interactions hydrauliques et leur influence sur la stabilité de talus
des ouvrages en mer

valeurs ne s‟écartent pas trop des formules de Van Gent, le taux d‟erreur ne dépasse d‟ailleurs
pas les 6%.

A la lumière des résultats obtenus par les différentes méthodes de stabilité de talus, on peut
affirmer que la méthode de Hudson offre plus de sécurité, par contre induit un surcoût sur le
plan économique à l‟ouvrage.

Pour cette raison, il est plus commode d‟examiner la stabilité de talus dans le cas d‟agitation
de la houle en eau peu profonde suivant d‟autres critères et d‟autres méthodes de calcul qui
reflètent mieux le comportement de la carapace du talus de la digue.

L‟application des méthodes de calcul de Van der Meer (1988b) et Van Gent (2004) offrent
des opportunités économiques dans le choix des dimensions des matériaux de la carapace et
de la variante à retenir pour le projet.

Conclusion

L‟application du code de calcul de stabilité des digues à talus en enrochement développée et


appliquée sur un cas réel a permis de comparer les résultats de calcul par la méthode de
Hudson valable pour les agitations de houle en eau profonde à d‟autres méthodes adaptées au
calcul de stabilité de talus en eau peu profonde, tels que les méthodes préconisées par Van der
Meer (1988b), et Van Gent (2004).

Les résultats des travaux expérimentaux réalisés en canal à houle au laboratoire d‟études
maritimes (LEM), et comparés aux différentes méthodes de calcul de stabilité de talus pour
des houles en eau profonde et peu profonde, ont permis de dégager les enseignements
suivants :

- Le modèle de Hudson (1958) est plus adapté aux conditions de houles en eau
profonde.
- Le modèle de Van der Meer (1988b) présente des résultats qui corroborent avec les
résultats expérimentaux uniquement pour des hauteurs significatives ne dépassant pas
une valeur de Ceci dit, à partir de cette dernière l‟effet de la profondeur d‟agitation de
la houle tend à influencer les risques de dommage de la carapace correspondant à au
nombre de stabilité Ns.
- La méthode de Van Gent (2004) présente des résultats prometteurs dans le sens de
l‟optimisation du dimensionnement des talus des ouvrages de protection et de défense,
tels que : les brise lames, les jetées, les épis, en domaine d‟eau peu profonde.

80
CONCLUSION GENERALE

Ce travail a permis de mettre l‟accent sur les différentes méthodes de calcul de


stabilité d‟une digue à talus en fonction des conditions de houles réelles, en eau peu profonde
à partir de l‟élaboration d‟un code de calcul. En effet, il a été constaté que les formules de
Van der Meer (1988b) modifiées par Van Gent (2004) donnent des résultats sur le calcul de
stabilité, présentant des économies dans le choix des dimensions des matériaux de la carapace
de la digue à talus. Sachant que ces résultats corroborent avec ceux des résultats obtenus par
des essais réalisés en canal à houle sur un modèle réduit. ..

Ces résultats peuvent présenter un avantage dans le choix des matériaux de la carapace
du modèle et de confirmer ce choix à travers les essais d‟études de la stabilité et l‟évaluation
des dommages engendrés aux différentes agitations correspondant au site d‟étude.

Malgré ces résultats prometteurs livrés par le code de calcul élaboré par cette étude, il
faut noter que ces formules énumérées précédemment peuvent dans certains cas compromettre
la sécurité par les endommagements de la carapace en situation critique en tempête houle. Il
est évident que les graphiques de formules empiriques des modèles de Meer (1988b) et de
Van Gent (2004) présentent des particularités de restriction de domaines d‟application. Ainsi,
la variabilité du spectre de la houle en eau peu profonde qui peut fausser les observations et
les données de départ du critère de similitude lors des essais sur un modèle réduit.

En se positionnant sur ces questionnements, on ne peut que conclure que pour


l‟instant, les applications des formules empiriques de calcul de stabilité en eau peu profonde
ne pourront que confirmer ou bien infirmer le choix des dimensions arrêté pour la variante
finale de la carapace d‟un ouvrage de défense constitué d‟une digue à talus.

Sachant qu‟il existe d‟autres actions de la houle, comme la hauteur du run-up et les
débits de franchissement qui ne sont pas inclus dans le critère de stabilité, il est impératif pour
l‟ingénieur chargé du dimensionnement de prendre en considération ces paramètres, en se
basant sur le rôle que jouera l‟ouvrage de protection (digue) dans l‟aménagement côtier ou la
protection portuaire. Ces aspects doivent être examinés avec une attention à ce qu‟elles ne
compromettent pas la stabilité et la sécurité de l‟ouvrage et bien situé à l‟aval.

Cette étude nous aura finalement servi à mieux comprendre les critères de stabilité des
digues en eau peu profonde et d‟appréhender ses effets sur le dimensionnement d‟un ouvrage
de protection. Sans équivoque, la méthode d‟Hudson reste un outil privilégié des ingénieurs
en génie côtier pour le calcul de stabilité, malgré les particularités de surestimation des
matériaux de la carapace souvent qu‟elle présente.
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542651472f49/[Link] , consulté le 14/02/2016
Annexe 1 : Code source de STAB 3M

%Introduction des variables d'entrées (partie 1)

m=input('Entrez la valeur de Tan alpha (1/m) : ');


Hs=input('Entrez la hauteur de la houle de dimensionnement (m): ');
Tp=input('Entrez la valeur de la période de pic (s) : ');
g=9.81;
Hs_large=input('Entrez Hs au large de la côte (m): ');
%Variables de sortie (partie 1)

Hm0=1.2*Hs;
Tm=Tp/1.1;

S_pic=(2*pi/g)*(Hs/(Tp.^2));
S_moy=(2*pi/g)*(Hm0/(Tm.^2));
S_m=(2*pi/g)*(Hs/(Tm.^2));

Irr_pic=(m/sqrt(S_pic));
Irr_moy=(m/sqrt(S_moy));
Irr_m=(m/sqrt(S_m));

disp('-----------------------------------------------------------------')
disp('-----------------------------------------------------------------')

% Eau peu profonde??

profondeur=Hs/Hs_large;

if profondeur<0.7
disp(' Vous êtes effectivement en eau peu profonde')
else
disp(' Vous êtes en eau Profonde !!')

end
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp(' Méthode de Hudson (1959) ')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')

rho_s=input('Masse volumique des blocs des enrochements(kg/m3): ');


rho_w=input('Masse volumique de l"eau de mer (kg/m3): ');
Delta=(rho_s/rho_w)-1;

if profondeur<0.7
Kd=2;
else
Kd=4;
end

disp('-------------------------------------------------------------------')

H_10=1.27*Hs;
M_50=(rho_s*(H_10.^3))/(Kd*(Delta.^3)*(1/m));

D_50=(M_50/rho_s).^(1/3);

disp(['La masse des blocs de la carapaces (kg): ' num2str(M_50)]);


disp(['Le diamètre des blocs de la carapaces (m): ' num2str(D_50)]);

Ns=Hs/(Delta*D_50);
disp(['La valeur du nombre de stabilité : ' num2str(Ns)]);

disp('-------------------------------------------------------------------')

if (Ns>1 && Ns<4)


disp(' Cette disposition de la carapace est satisfaisante')
else
disp(' Non satisfaisant, vous devez revoir votre calcul')
end

Sd=(Ns/(0.7*((Kd*(1/m)).^(1/3)))).^(1/0.15);
disp(['La valeur du dommage théorique est Sd : ' num2str(Sd)]);

disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp(' Méthode de Van der Meer (Eau profonde) ')
disp('----------------------------------------------------- -------------')
disp('------------------------------------- -----------------------------')

% METHODE DE VDM ( EAU PROFONDE )

% introduction de nouvelles données


cpl=6.2;
cs=1.0;
P=input('Perméabilité nominale de la carapace (p): ');
Sd_vdm=input('Dommage acceptable (Sd) sur la carapace: ');
N=input('Nombre de vagues de dimensionnement(N<2500) : ');
Irr_cri=((cpl/cs)*(P.^0.31)*(sqrt(m))).^(1/(P+0.5));

disp('-------------------------------------------------------------------')

if Irr_m<=Irr_cri
disp('Le déferlement est plongeant ! ')

D_50vdm=Hs/(Delta*cpl*(P.^0.18)*((Sd_vdm/sqrt(N)).^0.2)*(Irr_m.^-0.5));
M_50vdm=rho_s*(D_50vdm.^3);
disp(['Masse médiane des enrochements (kg) est : ' num2str(M_50vdm)])
disp(['Diamètre médian des enrochements(m) est : ' num2str(D_50vdm)])
else
disp('Le déferlementn est gonflant !' )
D_50vdm=Hs/(Delta*cs*(P.^0.13)*((Sd_vdm/sqrt(N)).^0.2)*sqrt(1/m)*(Irr_m.^P));
M_50vdm=rho_s*(D_50vdm.^3);
disp(['Masse médiane des enrochements (kg) est : ' num2str(M_50vdm)])
disp(['Diamètre médian des enrochements(m) est : ' num2str(D_50vdm)])
end

disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')

disp(' Méthode de Van der Meer modifiée Van Gent (Eau peu profonde) ')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')

% METHODE DE VDM ( VAN GENT MODIFIEE 2004 )

% introduction de nouvelles données


cpl_2=8.4;
cs_2=1.3;
H2=1.2*Hs;
P_2=input('Perméabilité nominale (p) de la carapace) : ');
Sd_vdm2=input('dommage acceptable (sd) sur la carapace): ');
N2=input('Nombre de vagues de dimensionnement(N<2500: ');
Irr_cri_2=((cpl_2/cs_2)*(P.^0.31)*(sqrt(m))).^(1/(P_2+0.5));

disp('-------------------------------------------------------------------')

if Irr_moy<=Irr_cri
disp('Le déferlement est plongeant ! ')

D_50vdm2=Hs/(Delta*cpl_2*(P.^0.18)*((Sd_vdm2/sqrt(N2)).^0.2)*(Hs/H2)*(Irr_m.^-
0.5));
M_50vdm2=rho_s*(D_50vdm2.^3);
disp(['Masse médiane des enrochements (kg) est : ' num2str(M_50vdm2)])
disp(['Diamètre médian des enrochements(m) est : ' num2str(D_50vdm2)])
else
disp('Le déferlementn est gonflant !' )

D_50vdm2=Hs/(Delta*cs_2*(P.^0.13)*((Sd_vdm2/sqrt(N2)).^0.2)*(Hs/H2)*sqrt(1/m)*
(Irr_m.^P));
M_50vdm2=rho_s*(D_50vdm2.^3);
disp(['Masse médiane des enrochements (kg) est : ' num2str(M_50vdm2)])
disp(['Diamètre médian des enrochements(m) est : ' num2str(D_50vdm2)]);

end

disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp(' Recommendations Prédimensionnement ')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')

if profondeur<0.7
disp(' Notre ouvrage se trouve en eau peu profonde ')
disp(' Les formules de Van der meer Modifiées sont plus adéquates ')
disp(' en vue du domaine de valadité (Eau Peu Profonde ')
disp(['Diamètre des enrochements (m)retenu est: ' num2str(D_50vdm2)]);
else
disp(' Notre ouvrage se trouve en profonde ')
disp('Les formules de Hudson et Van der Meer (1988b) sont plus adéquates')
disp(' en vue du domaine de valadité (Eau Profonde ')
disp(['la valeur du diamètre des enrochements (m) retenus (Hudson 1959)
est: ' num2str(D_50)]);
disp(['la valeur du diamètre des enrochements (m) retenus (V.D.M 1988b)
est: ' num2str(D_50vdm)]);
end

disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp(' Comparaison avec Les essais en canal ')
disp('-------------------------------------------------------------------')
disp('-------------------------------------------------------------------')

% Introduire des valeurs de Hs pour la création des courbes théoriques

Mbloc=input('introduire la masse M_50 des Enrochements retenue (kg): ');


Dbloc=(Mbloc/rho_s).^(1/3);
n=input('combien de points souhaitez vous introduire pour la courbe? : ');

disp('Entrez les différentes valeurs de Hs pour les courbes théoriques')


k=zeros(1,n);
for k=(1:n)
Hsi(k)=input('La valeur de la variable Hs: ');

end

% INTRODUCTION DES VALEURS EXPERIMENTALES

n_exp=input('vous disposez de combien de points expérimentaux? : ');


disp('Entrez les valeurs expérimentales de la hauteur de la houle Hs_exp (m)')
k_1=zeros(1,n_exp);
for k_1=(1:n_exp)
H_exp(k_1)=input('');
end

disp(' Entrer les valeurs expérimentales du dommage Sd_exp (m) ')

for k_1=(1:n_exp)
Sd_exp(k_1)=input('');
end

scatter(H_exp,Sd_exp,'MarkerEdgeColor','b','MarkerFaceColor','b','LineWidth',1
.5)
hold on
% courbe Théorique d'Hudson

Nsi=Hsi/(Delta*Dbloc);
transitoire=Nsi/(0.7*((Kd/m).^(1/3)));
SDF=transitoire.^(1/0.15);
plot(Hsi,SDF,'-m')
title('Courbe comparative entre les différentes formules de stabilité')
xlabel('Hs (m)')
ylabel('Sd (-)')
grid on
hold on

% courbe Théorique de Van der Meer (Eau profonde)

NsiVDM=Hsi/(Delta*Dbloc);
if Irr_m<Irr_cri
transitVDM=((NsiVDM/(cpl*(P.^0.18)*(Irr_m.^-0.5))).^(1/0.2));
Sdi_vdm=transitVDM*sqrt(N);
plot(Hsi,Sdi_vdm,'c')
grid on
hold on

else
transitVDM=((NsiVDM/(cs*(P.^0.13)*(Irr_m.^P)*(sqrt(1/m)))).^(1/0.2));
Sdi_vdm=transitVDM*sqrt(N);
plot(Hsi,Sdi_vdm,'c')
grid on
hold on
end

% courbe théorique de Van der Meer (modifiée van GENT)

NsiVG=Hsi/(Delta*Dbloc);

if Irr_moy<=Irr_cri
transitVG=((NsiVG/(cpl_2*(P.^0.18)*(Hs/H2)*(Irr_moy.^-0.5))).^(1/0.2));
Sdi_vg=transitVG*sqrt(N);
plot(Hsi,Sdi_vg,':g')
grid on
hold on

else

transitVG=((NsiVDM/(cs_2*(P.^0.13)*(Hs/H2)*(Irr_moy.^P)*(sqrt(1/m)))).^(1/0.2)
);
Sdi_vg=transitVG*sqrt(N);
plot(Hsi,Sdi_vg,':g')
grid on
hold on

end

legend('Points expérimentaux','Hudson (1959)','Van Der Meer (Eau


profonde)','VDM modifiée Van Gent (Eau peu profonde)','Location','northwest')

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